Fernandez : « Le projet des Fénix fait des envieux à l’étranger »

 

Parti faire une courte pige au club libanais d’Al Sadd, à l’occasion des championnats d’Asie des clubs, Jérôme Fernandez revient sur ces quelques jours passés au Qatar, où il a contracté une fracture d’un doigt de la main droite*. Conscient que ce départ a fait jaser le monde du handball, l’arrière des Fénix assume son choix et s’explique sereinement. Sa priorité demeure bien Toulouse, la ville du club qu’il voudrait voir confirmer son excellent début de saison.

 

Jérôme, quelles ont été vos premières impressions lors de votre arrivée sur le Golfe Persique ?

 

Je connaissais déjà le Qatar car j’avais participé au Superglobe avec Ciudad Real en 2009. Depuis mon arrivée, j’ai surtout rencontré des handballeurs exilés, par rapport à la crise économique sévissant en Europe. Les pays du Golfe ont les moyens de recruter les meilleurs éléments, sauf que maintenant, ils n’ont même plus à offrir de contrats extraordinaires. Vous vous retrouvez face à des joueurs, qui pour certains, n’étaient plus payés dans leur pays. Ici, on leur donne juste un salaire à la hauteur de leur talent.

 

En ce qui concerne l’équipe libanaise d’Al Sadd dans laquelle vous évoluez, connaissiez-vous certains de vos coéquipiers, avant de vous y engager ?

 

Oui bien entendu. Tout d’abord, il y avait Anouar Ayed que les Toulousains connaissent bien, mais aussi le gardien José Javier Hombrados, ancien de l’Atletico de Madrid. Il y avait également des joueurs européens contre qui j’ai pu jouer en club ou avec la sélection.

 

Cette équipe possédait-elle les armes pour remporter ce championnat d’Asie des clubs ?

 

Avec les joueurs libanais qui faisaient partie de notre groupe, nous étions dix-huit joueurs au total, tous motivés à l’idée de faire du mieux possible. D’entrée, nous avons battu un club qatari qui faisait partie des favoris, ça nous a donné des ailes. Mais nous avons disputé beaucoup de matchs en peu de temps. La récupération devenait compliquée, bien que très importante. En ce qui me concerne, j’ai essayé de faire profiter de mon expérience au maximum. Malheureusement, cela n’a pas suffi. (Al Sadd a été éliminé en demies).

 

Rassurez-nous, vous serez bien opérationnel pour terminer la saison avec les Fénix ?

 

Si on avait été 13e du classement, bien entendu, je n’aurais jamais pris la décision d’aller à Doha. Aujourd’hui, et même malgré la défaite de ce week-end à Aix, nous sommes en avance sur notre tableau de marche. Nous recevons Nantes ce soir, sans grande pression du résultat, ce qui est un luxe. Les Fénix ont sacrément progressé en peu de temps et j’estime que les polémiques qui ont suivi, après l’officialisation de ma pige à Al-Sadd, n’avaient pas lieu d’être. Depuis mon retour à Toulouse, j’ai apporté de la visibilité à notre club et croyez-moi, à l’étranger, les répercussions se font sentir. J’ai rencontré plusieurs joueurs d’excellent niveau qui seraient emballés par notre projet. Nous faisons des envieux même à l’étranger. Tout cela ne peut qu’être très bien pour l’avenir.

 

Vous parlez presque comme un recruteur. Est-ce une mission qui vous conviendrait à la fin de votre carrière ? Comme une sorte d’ambassadeur du club de Toulouse…

 

Effectivement cela me plairait, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Je suis attiré par le coaching, l’observation, le management aussi. D’abord priorité au jeu, mais une fois que mon physique me dira stop, j’ai l’intention de collaborer au projet de croissance du club. En ce qui concerne la fonction, ce n’est pas d’actualité pour le moment.

 

Toulouse se situe à la 4e place du classement, ce qui représente un excellent début de saison. Vous attendiez-vous à un tel départ de championnat ?

 

Pour être sincère, j’étais très confiant dès que j’ai constaté la qualité du recrutement effectué par les dirigeants. Après, c’était à nous les anciens, d’essayer de mettre en place un jeu d’équipe, de créer une harmonie. Alors, tout n’est pas parfait et je ne dis pas qu’on vise le titre de champion, mais la confiance est bien là. On s’est dit entre nous, qu’on aimerait bien rester invaincus à domicile, ce qui reste faisable.

 

La perte de votre capitaine Daniel Andjelkovic (blessure) pour quelques semaines, peut-elle porter préjudice à l’équipe d’ici la trêve ?

 

La blessure de Daniel nous fait très mal, car il nous faisait un bien fou en match. Il nous apportait son expérience et sa sagesse. Maxime Gilbert et Rémi Calvel vont devoir gérer en son absence d’ici la trêve hivernale, j’ai une confiance aveugle en eux. Nous allons jouer quatre matchs sans lui encore, et si nous parvenons à engranger entre 4 et 6 points, on pourra définir des objectifs bien précis. Si on peut terminer dans les places européennes, croyez bien qu’on ne se privera pas.

 

* blessé à la main droite lors de la demi-finale du championnat d’Asie des clubs (le 19.11), Jérôme doit passer des examens qui évalueront la période de son indisponibilité.

 

Mehdi Djebbari



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