Fénix : Il ne reste plus qu’à se serrer les coudes

Qu’on se le dise, personne ne fera de cadeau aux Fénix de Toulouse cette année. A commencer par Aix, venu obtenir le match nul vendredi dernier au Palais des Sports (34-34). Bel exploit des promus qui auraient même pu s’imposer, si les cadres de Joël Da Silva n’avaient pas enclenché la seconde dans le money-time.

 

Distancés de cinq buts à dix minutes de la fin, les Toulousains par l’intermédiaire de Yannick Cham, de Rémi Calvel et surtout d’Anouar Ayed auteur du but égalisateur proche de la sirène, sont parvenus à égaliser. Peu épargnés depuis le départ à l’improviste du président Patrick Salles, ces derniers vont devoir se serrer la ceinture, sans doute revoir leurs objectifs à la baisse également. Pour rappel, les Fénix devront se priver des trois recrues, justement ciblées afin de renforcer une équipe au potentiel ascendant. Rock Feliho (Nantes), Miha Zvizej (Bjerringbro-Silkeborg) et Xavier Moreau (qui avait signé professionnel), ont vu leur contrat non homologué par le CNACG*. Les finances ne sont plus au beau fixe, il va falloir s’y faire.

 

Circonstances atténuantes

«Nous avons montré des choses qui doivent nous servir dans le futur. Cet état d’esprit doit rester le même. Les événements du moment ne nous épargnent pas. A nous de faire le dos rond et de bosser», confiait le capitaine Jérôme Fernandez. Comme tous ses coéquipiers, il s’est vu baisser son salaire de 20%, un facteur dont ils se seraient tous bien passés à l’orée de ce championnat. Pendant que les grosses cylindrées réussissent leur entame (Montpellier, Paris, Chambéry, Dunkerque), Toulouse piétine donc, sur un match largement à sa portée : «Nous avions la chance de recevoir les deux promus. Face à Billère la semaine prochaine, il ne faudra pas faire de détail. Nous n’avons plus beaucoup d’alternative. Après, le calendrier va sacrément se corser (Montpellier 4e journée, Paris 5e). Serrons-nous les coudes, il y a rien d’autre à faire pour le moment.» Il a bien raison l’entraîneur des Fénix, la seule solution passe par le jeu, peu importe qui doit évoluer sur le terrain. En l’absence de renfort, Da Silva s’appuiera davantage sur des joueurs prédestinés à un temps de jeu moindre au préalable. Bizarrement, ils ont quasiment été les plus en vue lors de la première journée (Cham, Calvel, Van Cauwenberghe). Comme les premiers à montrer l’exemple.

 

Fernandez : «Pas m’enfuir au premier problème»

Même si les événements récents auraient pu plomber l’ambiance au club, tout le monde fait le dos rond et bosse en attendant des jours meilleurs. L’objectif principal est focalisé sur la réception de vendredi, où il ne faudrait absolument pas laisser filer le moindre point, sous peine de se retrouver dans la zone rouge, dès le début. Les Fénix récupéreront deux éléments majeurs : le gardien international Daouda Karaboué, sacrément bien remplacé vendredi par sa doublure officielle Wesley Pardin (cf. l’homme de la semaine), ainsi que Christophe Kabengélé, un pion essentiel au sein du dispositif. Leur présence devrait soulager l’équipe, face à un adversaire qui a fêté son baptême en Division 1 en prenant 50 buts dans l’escarcelle contre le champion Montpellier.

Le capitaine Jérôme Fernandez n’a que faire du destin de Billère, lui comme les autres se sent meurtri par cette situation pesante qui règne : «Si je n’avais pensé qu’à ma gueule, là aussi, j’aurais déjà rebondi ailleurs. Sans prétention, je suis l’un des rares à avoir droit à un bon de sortie. Et puis mon départ arrangerait aussi pas mal de choses. Mais je suis revenu en France pour un projet de vie, et je ne vais pas m’enfuir au premier problème (…) La ville a très envie que le handball prenne de l’ampleur, elle veut nous aider à nous implanter. Maintenant, si partir est la seule solution, alors… Même si partir voudrait dire que je privilégie à nouveau le projet sportif et je n’en ai plus trop envie aujourd’hui», confiait-il à la fédération.

Si ça, ce n’est pas une preuve d’attachement ! Le doublé médaillé d’or olympique aime son club, inutile de préciser qu’il fera tout pour tenter de le maintenir au plus haut niveau.

 

par Mehdi Djebbari

* Plus d’informations à lire dans l’édito de Séverine Sarrat

 

 



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