Fabien Pelous; Les adieux d’un géant

A l’occasion du match contre Bourgoin ce week-end, les Toulousains ont dit au revoir à la figure emblématique des Rouge et Noir dans un stade Ernest Wallon plein à craquer. A 35 ans, Fabien Pelous prend sa retraite mais n’a pas voulu faire ses adieux au public
car il compte bien ne pas trop s’éloigner des terrains. Retour sur la carrière du seconde ligne le plus capé en équipe de France.

 
19 000 Fabien Pelous au sein du stade Ernest Wallon à l’entame du match du Stade Toulousain contre Bourgoin ce samedi ? Non, il ne s’agit pas d’une hallucination ou d’un mauvais réglage de l’écran de télévision mais bel et bien de l’hommage préparé par le staff des Rouge et Noir pour son capitaine du jour. 19 000 personnes masquées à l’effigie d’une idole mais un seul et unique héros sur le terrain : Fabien Pelous. Il fera son entrée en dernier, bien après ses coéquipiers, sera remplacé à la 79ème minute, puis porté en triomphe par les bras musclés de Médard et Dussautoir afin de profiter pleinement des acclamations de tous les Toulousains et amoureux du rugby venus pour admirer une dernière fois les avancées spectaculaires du seconde ligne.
Celui que l’on surnommait à ses débuts le “Pélican” a décidé de raccrocher les crampons à la fin de la saison, à l’âge de 35 ans. Il a donc joué contre Bourgoin son dernier match à domicile, devant son public. Et ne croyez pas qu’il s’agit là d’une lubie, Fabien Pelous a bien mûri sa décision : «Toutes les conditions personnelles, professionnelles et sportives sont aujourd’hui réunies pour que j’arrête ma carrière.» Une carrière unique pour un rugbyman français avec 210 matchs disputés en Top 14, 3 titres de champion de France, 2 Coupes d’Europe, 118 sélections en équipe nationale, 4 Grands Chelems et 1 tournoi des VI nations. Lorsqu’il débute à Saverdun dans l’Ariège, Fabien Pelous ne s’imaginait certainement pas finir sa vie de sportif professionnel avec un tel palmarès. Le jeune avant aux qualités physiques indéniables (1,98 m pour 114 kg) rejoindra ensuite les rangs de Graulhet puis de Dax où il évoluera aux côtés de grands noms du rugby comme Rodriguez, Dourthe, Lamaison, Ibanez ou Magne. Fabien Pelous garde d’ailleurs de ces premières années au plus haut niveau et des dirigeants qui l’ont pris sous leur aile, un souvenir indélébile.

 

« Ne pas finir sur une frustration »

Puis ce fut la rencontre avec René Bouscatel : «Je me rappelle de lui quand il avait 18 ans et qu’il avait refusé de venir à Toulouse, dans la grande ville», confie le président emblématique du Stade Toulousain. «Heureusement, il a changé d’avis en 1997 et a effectué un chemin exemplaire en marquant la dernière décennie de son empreinte de joueur, de leader et d’homme.» Et pas seulement avec les Rouge et Noir où il est devenu le joueur incontournable, la voix qu’on écoute dans les vestiaires. Car Fabien Pelous est aussi le Tricolore le plus capé avec le XV de France. Il honorera sa première sélection en 1995 contre la Roumanie en marquant un essai avant de devenir le seconde ligne titulaire dans les années 90. Lorsqu’il décroche le Grand Chelem en 2004, il est déjà capitaine de l’équipe de France. Après la Coupe du Monde 2007 et l’échec des Tricolores en demi-finale, il décide de mettre fin à sa carrière internationale, sans une certaine amertume : «J’ai fini en équipe de France sur une déception. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de finir sur une frustration.»

Futur manager ou entraîneur ?

Fabien Pelous part donc au bon moment, alors que le Stade Toulousain vient de recruter et de faire signer en pro de jeunes joueurs aux dents longues. Poursuivre une année de plus aurait sûrement été la saison de trop, même si René Bouscatel avoue ne pas lui avoir forcé la main : «Nous aurions accepté n’importe quelle décision car Fabien est un grand joueur qui a toujours pris ses responsabilités. Dans tous les cas, il restera toujours près d’ici et c’est plus qu’un appel du pied. Il sait tout ce que nous attendons de lui.» En effet, le rugbyman toulousain envisage désormais de reprendre des études de management afin de devenir dirigeant ou entraîneur à l’avenir alors qu’il fait déjà partie du comité directeur de la Fédération et du staff de France A. Mais Fabien Pelous espère aussi profiter de sa nouvelle vie pour ouvrir une brasserie dans son village d’origine, Nailloux, et passer son diplôme de pilote d’hélicoptère. Et la politique dans tout ça après avoir fait partie de la liste de Jean-Luc Moudenc aux dernières Municipales de Toulouse ? «Ce n’était pas de la politique pour moi mais de l’engagement citoyen. Le poste qu’on me promettait m’intéressait beaucoup. Je ne dis pas que je n’y retournerai jamais mais ce n’est pas une priorité pour l’instant.» Car la priorité reste la fin de saison où Fabien aimerait bien ramener chez lui un dernier Bouclier de Brennus. Une façon de terminer en beauté une carrière placée sous le signe de la réussite : «J’ai été béni des Dieux du rugby car j’ai eu la chance de collectionner les titres, de vivre des émotions et de rencontrer des personnes fabuleuses. Je pars sans regrets.» Contrairement à tous les amoureux du rugby qui regrettent déjà ce géant de l’Ovalie…

Sophie Orus



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