[exclusivité ] Cécifoot: Le ras-le-bol du capitaine de l’Equipe de France

Credit Photo: Tiphaine Aubert

En pleine préparation pour la Coupe du Monde, l’équipe de France de cécifoot se trouve dans la tourmente, ou plus précisément son capitaine. Lassé et fatigué, David Labarre dénonce les pressions psychologiques de l’Union nationale des aveugles et déficients visuels dont il fait l’objet.

 

Trop c’est trop ! David Labarre, capitaine de l’équipe de France de cécifoot ne veut plus se taire et dénonce aujourd’hui les « agissements douteux » de l’Union nationale des aveugles et déficients visuels (Unadev). « Cette association est puissante, bien plus qu’on ne l’imagine ! Et ce que les dirigeants me font subir en est la preuve », constate amèrement David Labarre. Tout commence en juillet dernier, après l’Euro 2013 de cécifoot, lorsque l’ancien sélectionneur de l’équipe de France,  Toussaint Akpweh, demande à son capitaine de choisir entre la Fédération Française de Football et l’Unadev : « il faut savoir que la fédé organise les compétitions officielles et que l’équipe de France concourt en son nom. Mais, l’Unadev a décidé de mettre en place des tournois parallèles dont elle est la seule décisionnaire. Ainsi, les clubs français se trouvent divisés, certains dépendant de la FFH et d’autres de l’Unadev, entités qui se mènent une guerre ouverte », explique David Labarre. Là où cela devient plus compliqué, c’est lorsque l’on s’aperçoit que le sélectionneur en question, censé œuvrer pour la FFH, est en réalité le directeur des sports à l’Unadev.

 

 « On me reproche d’avoir choisi mon pays »

 

« Je ne voulais pas faire de vague. Pour moi, dépendre de la FFH ou de l’Unadev n’avait que très peu d’importance, jusqu’à ce qu’on me demande de me positionner. J’ai décidé de rester dans le circuit officiel, à la FFH, et aujourd’hui, je le paye », déplore David Labarre. Le jeune homme, élu meilleur joueur d’Europe, subit des pressions de l’Unadev qui gère le club de Toulouse, celui dans lequel il évolue. « Jusqu’à présent, mon club assurait mon transport à l’hôpital pour mes examens médicaux, mais c’est terminé depuis que j’ai pris ma décision. De plus, des gens de l’Unadev m’appellent pour me traiter de traitre, me dire que j’ai trahi la cause des mal et non-voyants », raconte-t-il en s’insurgeant : « on me reproche d’avoir choisi la FFH et donc mon pays, c’est un comble ! » Car même si la Fédération le soutient, la situation devient difficile : évoluant en club Unadev à Toulouse, il dit être victime d’attaques perpétuelles, d’affronts quotidiens : « ils veulent que je pète les plombs, ils veulent me descendre pour que je doute de mes valeurs et décline sur le plan sportif ! Je n’ai jamais voulu juger de leurs agissements auparavant, mais ils m’y ont poussé ! » Une ambiance pesante à quelques jours des matchs (2) de préparation à la Coupe du Monde opposant la France au Japon le 6 décembre prochain à Paris.

Séverine Sarrat

 



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