Euro 2016; Toulouse dans la course

A l’occasion de leur tour de France des villes candidates pour accueillir les rencontres de l’Euro 2016, Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF et Frédéric Thiriez, président de la Ligue de Football Professionnelle, ont rencontré les élus de la Ville rose. La route est encore longue pour Toulouse, d’autant plus que la France devra arracher la victoire face à des adversaires de taille pour l’organisation de cet événement.

 
Après la superbe saison du TFC et la participation prochaine des Violets à l’Europa League, les Toulousains ont envie de croire que leur ville est enfin devenue celle du ballon rond. La réception d’un match international de l’Euro 2016 au Stadium serait donc un aboutissement pour tous les amoureux de football. En vue de la candidature française à l’organisation de cet événement, les pontes du sport le plus populaire du pays étaient en visite cette semaine dans la Ville rose afin d’évaluer les atouts et faiblesses de Toulouse, et surtout de son stade. Car sur les 16 villes ayant répondu à l’appel de la Fédération Française de Football, seulement 9 seront assurées d’accueillir une rencontre de l’Euro en cas de victoire de la France.
Rien n’est encore gagné pour Toulouse qui devra coûte que coûte revoir sa copie en termes d’infrastructures. En effet, le Stadium, inauguré en 1937 et rénové ces dernières années, ne dispose pas de la capacité requise par l’UEFA (Union européenne des associations de football). Les élus, en partenariat avec le patron du TFC Olivier Sadran, devront trouver une solution pour proposer environ 5 000 places supplémentaires en tribunes. Mais ce n’est pas tout : «Il faut aussi une amélioration des surfaces de presse et des studios d’enregistrement ainsi que celle des parkings», annonce Frédéric Thiriez, à la tête de la LFP. «Un investissement lourd» pour Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, même si «rien n’est insurmontable». Les élus toulousains sont en tous cas disposés à mettre la main à la poche pour financer dans les prochaines semaines des études d’architecture : «Le coût financier de l’aménagement du Stadium sera con-nu début juillet», prévient le maire Pierre Cohen. «Toulouse et le football se marient très bien aujourd’hui.»

 

Un seul stade aux normes

Encore faut-il que cette union et celle des autres communes soient sincères aux yeux de l’UEFA car la candidature française peine à décoller alors que le dossier complet doit être remis le 15 février 2010. Et la course au titre s’annonce rude tant les obstacles sont nombreux : «L’organisation de cet Euro permettrait à la France de rattraper son retard considérable en termes d’infrastructures et ainsi de créer 5 000 emplois durables», explique Frédéric Thiriez. En effet, seul le Stade de France répond aux normes UEFA, ce qui implique un grand nombre de rénovations voire de constructions de stades. Afin d’accélérer ces programmes d’investissement, les stades devant être livrés en 2014, il faudra aussi compter sur les pouvoirs publics et donc l’Etat. Mais ce qui inquiète d’autant plus, c’est la valeur des adversaires de la France, en compétition avec la Turquie, la Scandinavie et… l’Italie. Si pour Jean-Pierre Escalettes, le dossier français reste de loin le meilleur, nos voisins transalpins sont objectivement plus armés que nous. Pourquoi pas alors une alliance pour une candidature commune ? «Hors de question !», rétorque le président de la FFF. «Nous ne pouvons pas partager les retombées et il ne resterait à la France que 4 stades pour accueillir des matches.»
Cet entêtement risque d’être fatal à la France, déjà en ballotage, et qui pourrait ne pas se relever d’un nouvel échec après la perte des Jeux Olympiques de 2012 au profit de Londres. Dans tous les cas, les hauts dirigeants du football assurent que la Ville rose reste dans le peloton de tête du dossier de candidature : «Toulouse est la 4ème ville de France, elle est splendide et sait faire la fête. Il faut un équilibre géographique dans le choix des villes et faire sans Toulouse ne serait pas compris», assure Frédéric Thiriez. La balle est aujourd’hui dans le camp des élus et de la fédération…

Sophie Orus


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