Et Colomiers l’a fait !

La montée en National ne pouvait pas mieux tomber pour le club columérin, lui qui fêtera cet été ses quatre-vingt ans d’existence. Le président Ahmed Aït-Ali revient sur ce qui n’était même pas imaginable l’été dernier. En effet, l’équipe entraînée par William Prunier jouait le maintien et se retrouve au final, assurée de finir en tête de sa poule avec 92 points au minimum.

 

Les vacances vont être bien courtes, en ce qui concerne toute l’équipe dirigeante de Colomiers. Même si les joueurs ne sont pas encore laissés au repos, puisqu’il reste encore deux journées de championnat en CFA, tout le monde est à pied d’œuvre pour préparer la saison prochaine. Pour la première fois de son histoire, le club va découvrir le championnat national, ainsi que ses contraintes dues au semi-professionnalisme entre autres…

 

Président, êtes-surpris par la tournure qu’ont pris les événements ?

 

Vous savez, le football n’est pas une science exacte. Après le maintien obtenu l’an passé, on cherchait à faire de même. Notre budget avait été réduit de moitié, ne l’oublions pas. Puis le sérieux a pris le dessus. William Prunier a su bâtir un groupe compétitif, on lui doit beaucoup.

 

Quelles raisons ont fait de lui le nouvel entraîneur de Colomiers, il y a de cela deux saisons ?

 

C’est par l’intermédiaire d’un des joueurs du club (NDLR : Aurélien Mazel), qu’on est entré en contact avec William. Il entraînait alors Cugnaux et son profil nous intéressait fortement. Il avait vécu une aventure compliquée, lors de la descente aux enfers du TFC en 2001. Lorsque nous lui avons proposé notre projet, il a répondu « oui », malgré les difficultés. C’est quelqu’un qui a été lancé à Auxerre par Guy Roux, l’une des références en matière de formation. Notre club compte un vivier de jeunes important, avec nos 17 ans et nos 15 ans qui évoluent au meilleur niveau national. William a su s’intégrer à merveille dans cet environnement. La première année, il nous a maintenus en CFA et puis cette saison, il a fait des miracles.

 

A quel moment avez-vous commencé à croire à cette montée en National ? 

 

Il y a eu plusieurs moments déterminants, notamment celui où on revient face à Monaco, alors que nous étions menés 2-0. J’avais dit à un habitué de spectateur : « Celui-là, si on le gagne, on pourra espérer monter ! ». Les joueurs l’ont fait et on s’est imposé 3-2. Je me rappelle aussi de notre égalisation à Martigues, un candidat à la montée comme nous. Un but à la 94e minute qui justifie notre état d’esprit. Contre Pau tout récemment, on était mené 1-0 et malgré plusieurs occasions en notre faveur, l’équipe ne s’est pas désunie. Au final, on a gagné ce match et on a officialisé la montée en National. Il y a eu beaucoup de sueurs froides cette saison. Notre groupe a fait preuve de courage et de maturité.

 

Le plus dur commence désormais ? Il va falloir améliorer le budget et renforcer l’équipe…

 

C’est clair. Dans un premier temps, il faudra trouver les moyens pour doubler notre budget. Pour devenir compétitif, c’est l’élément majeur. En pleine situation de crise, les entreprises qui nous suivront, seront obligées de prendre des risques. On est dans le sud-ouest, avec le Stade Toulousain et l’US Colomiers qui drainent pas mal d’argent déjà. Si on y ajoute le basket féminin, la natation synchronisée ici à Colomiers, cela fait pas mal d’ombre au tableau. Quoiqu’il en soit, on part un peu dans l’inconnu mais on ne se prendra pas pour d’autres. Pas de dépenses inutiles, William qui se charge seul du recrutement, en est tout à fait conscient. Le but c’est aussi de garder l’ossature qui a fait monter le club. Nos jeunes auront leur chance, à condition d’être patients. On améliorera le groupe intelligemment avec des renforts extérieurs, aussi.

 

Que vous inspire ce championnat de National ? Il est réputé très compliqué…

 

Tout d’abord, les matchs se joueront le vendredi soir. C’est une chose qu’il faut assimiler, d’autant plus lorsque les joueurs ont un travail à côté. Les déplacements concernent désormais tout l’ensemble du territoire français. Cela entraînera forcément des changements dans la manière de nous préparer. La bonne nouvelle vient du fait que l’an prochain, il y aura moins d’équipes qui descendront en CFA. Cela nous laisse un peu plus d’espoir en vue du maintien, qui sera bien évidemment notre objectif principal.

 

L’été ne va pas être de tout repos pour le président que vous êtes ?

 

Entre l’anniversaire du club à organiser, la recherche de nouveaux partenaires, la gestion de la montée, j’ai vraiment hâte de partir en vacances et de prendre un peu de recul pour analyser tout cela. L’an prochain, nous devrons faire avancer la structure, embaucher un comptable, un directeur sportif. Il y aura beaucoup de choses à faire. De toute manière, depuis que j’ai commencé ici à Colomiers, en tant qu’entraîneur puis en tant que dirigeant, j’ai toujours eu un emploi du temps chargé. Ceci dit, je n’appréhende rien d’un point de vue sportif. Je fais confiance à ceux qui m’entourent.

 

http://uscolomiers.footeo.com/

 

par Mehdi Djebbari

 

 

 

 



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