Equitation; Le paddock polo au grand galop !

Cette discipline dérivée du polo traditionnel permet à tout cavalier de pratiquer un sport d’équipe où endurance et dextérité riment avec complicité. Le club toulousain Capitole Polo se bat pour la reconnaissance du paddock polo dans la région. Rencontre avec son président Pierre d’Agrain.
 

Pierre d’Agrain, qu’est-ce que le paddock polo ?
En matière de polo, il y a deux sports différents : le polo traditionnel qui se joue sur un terrain de 250 mètres de long et 150 de large, avec 6 parties et 4 joueurs dans chaque équipe. Chaque cavalier change de monture à chaque partie. Cela implique de posséder 24 chevaux par équipe, ce qui est assez complexe comme organisation. Le Paddock Polo se joue quant à lui sur un terrain moins long (150 x 90) avec 3 joueurs dans chaque équipe, et en 2 ou 3 parties donc les chevaux se fatiguent moins. Les joueurs ne changent pas de monture en cours de match. Nous jouons en extérieur sur herbe ou sur sable et les règles de jeu sont ensuite les mêmes que pour le polo traditionnel : à l’aide d’un maillet et d’une balle, il faut marquer des points dans le but adverse.

Comment s’organise le paddock polo dans la région toulousaine ?

Nous disposons de deux terrains à Saint-Orens, à l’écurie Sésame, et à Pech David. Nous avons créé à là-bas une section de poney-polo pour les plus jeunes. Le club de Gragnague a également lancé une reprise de polo et une équipe de trois cavaliers. En termes de joueurs, la Fédération Française de Polo compte environ 40 adhérents dans la région toulousaine avec une vingtaine de pratiquants réguliers.

Faut-il posséder son propre cheval pour faire du paddock polo ?
La majorité des joueurs en possède un car il faut effectuer tout un travail de la monture et créer une complicité avec elle. Mais cette discipline peut très bien se faire avec des chevaux de club ou d’écurie.

 


Casser l’image élitiste du polo

Quand on parle de polo, on pense à l’image élitiste de ce sport…

C’est vrai pour le polo traditionnel mais pas pour le paddock polo car les pratiquants sont simplement des cavaliers qui possèdent un cheval, comme lorsque l’on fait de la compétition en saut d’obstacles ou en endurance. Quelque soit la discipline, la majorité des compétiteurs d’équitation sont propriétaires. Pour essayer de casser cette image élitiste, nous avons relancé le paddock polo à Toulouse il y a 5 ans et crée le club Capitole Polo. On organise deux tournois par mois, dans l’ensemble de la région Midi-Pyrénées.

Et vous participez au Championnat de France…
Il y a 3 ans, nous avons terminé deuxièmes et un an plus tard, le Capitole Polo a été champion de France. Le niveau augmente et cette année, nous nous sommes classés 5ème. Nous sommes satisfaits de ce résultat, d’autant plus que nous possédons de nouveaux joueurs, des jeunes qui sont motivés par ce sport.

Justement, que peut apporter le paddock polo aux jeunes et très jeunes cavaliers ?

Dans les reprises de poneys, il y a de moins en moins de garçons qui préfèrent se tourner vers les jeux de balle en équipe. Donc le paddock polo leur apporte ce qu’ils ne trouvent pas dans l’équitation classique, même si nous sommes persuadés qu’un joueur de polo ne doit pas négliger la qualité de sa monte.

 

Un appel aux collectivités

Quelles sont les qualités que doit posséder un joueur de polo ?

La stratégie ! C’est un sport de positionnement et d’habileté. Comme aux échecs, il faut toujours posséder un coup d’avance sur l’adversaire.

Et pour le cheval ?
Il faut surtout qu’il possède un bon caractère et l’esprit grégaire du troupeau pour ne pas avoir peur des autres montures et de ce qui peut se passer autour de lui. Le cheval de polo a du courage et aime se donner. En général, il est issu d’un croisement entre un Criollo (cheval de race argentin très endurant, ndlr) et un pur-sang anglais.

Vous faites un appel aux collectivités pour vous soutenir dans votre démarche…
Pour l’instant, nous sommes tous bénévoles et nous souhaiterions développer le polo traditionnel à Toulouse et pour cela, il faut un terrain de près de 4 hectares. Il n’y a pas de raison que Toulouse n’ait pas la possibilité d’organiser ses propres manches de championnat de France. Il faut continuer à promouvoir ce sport mais il faut lui donner une nouvelle dimension. Nous pourrions très bien monter, avec un nouveau terrain, un Masters de polo car l’Espagne n’est pas loin de chez nous et c’est l’une des nations les plus compétitives dans ce sport. Certains clubs espagnols sont intéressés donc il n’y a plus qu’à se mobiliser…

Propos recueillis par Sophie Orus


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