Des Bleus pas récompensés

A l’occasion du premier test match face à la Nouvelle-Zélande, la France pourra dire qu’elle a bien rivalisé avec ses adversaires (défaite 13-23). En dépit d’une première mi-temps à oublier, elle a su refaire surface en seconde période, notamment grâce à l’apport de joueurs toulousains, toujours très impliqués, mais bien malheureux au moment de concrétiser les actions. Retour sur cette partie, dont le score n’est pas forcément révélateur de ce qui s’est passé sur la pelouse.

 

Un fort accent toulousain

Le stade d’Auckland ne réussit décidément pas au XV de France, encore une fois battu par la Nouvelle-Zélande ce samedi au mythique Eden Park (13-23). Cette fois, il n’était pas question de la finale de la Coupe du Monde comme en 2011 où les Bleus s’étaient inclinés (8-7), une partie pleine de regrets. Pour ce premier match de la tournée estivale océanienne, le sélectionneur Philippe Saint-André avait décidé de largement revisiter son effectif. Parmi eux huit toulousains, dont six* au moment du coup d’envoi. Côté All-Black, les emblématiques Richie Mc Caw et Dan Carter n’étaient pas prévus sur la feuille de match. Malgré cela, les locaux prenaient vite l’ascendant de la rencontre. En imposant une puissance hors norme en mêlée, les Champions du Monde gênaient énormément les Français.

Première mi-temps à oublier

Plutôt doués pour gratter des ballons, les hommes de PSA se montraient tout de même opportunistes au possible. Ainsi le Clermontois Wesley Fofana débloquait le compteur, magnifiquement bien servi par le Stadiste Florian Fritz, auteur d’une percée remarquable initiée au niveau de la ligne médiane. 5-0, puis 7-0 car le demi de mêlée Vincent Machenaud, transformait l’essai tricolore. Tout ceci eut don de réveiller les ardeurs « All-Black », la France subissait alors les nombreux assauts. Fritz justifiait néanmoins sa bonne forme, tout comme l’autre Toulousain Louis Picamoles, dont la régularité internationale ne cesse d’en faire un joueur extraordinaire. Omniprésent, le troisième-ligne manquait souvent de soutien, pendant ce temps les adversaires enclenchaient la seconde vitesse, et même avec des demi-occasions. Logiquement ces derniers devançaient leurs hôtes d’un essai transformé à la pause (10-17).

 

L’arbitrage prend le dessus

Il fallait bien s’attendre à un arbitrage maison. Joueurs ou spectateurs de la rencontre, ils ont tous assisté à des décisions invraisemblables. La troisième-ligne stadiste Dusautoir-Nyanga-Picamoles, relayée par Ouédraogo, affichait un niveau nettement supérieur à son homologue. Pourtant, cette équipe de France se montrait incapable de concrétiser ses temps forts. Entré en cours de jeu, Jean-Marc Doussain était à deux doigts d’aplatir, mais il fut stoppé à un mètre (53e). L’arbitre Wayne Barnes, bien décidé à aider ceux qui l’ont accueilli, n’épargnait pas les Bleus. Le coup de sifflet facile, il permettait à la Nouvelle-Zélande de creuser l’écart (13-20 ; 60e). Encore une fois servi par l’excellent Fritz, Louis Picamoles commit l’en-avant de l’égalisation, alors que le plus dur avait été réalisé. Laissant passer l’orage, les Blacks enfonçait le clou au pied en guise de sanction. Car oui, la France a bien joué, mais sans pragmatisme lors d’une opposition de la sorte, les erreurs sont payées cash.

 

Revanche ce samedi

Plutôt frustré en conférence de presse, Philippe Saint-André a évoqué le manque de réalisme des siens, ainsi que les grosses défaillances en conquête. Il aura tout de même droit à un match bis, ce samedi toujours face à la Nouvelle-Zélande. Exit Ouédraogo et Machenaud blessés, Yannick Nyanga et Jean-Marc Doussain ont la quasi-certitude de se retrouver titulaires. Ils devront donc confirmer leurs excellentes rentrées. Dans un contexte toujours aussi difficile, la France sait pertinemment qu’elle devra se montrer plus concentrée, plus disciplinée aussi. Si ce n’est pas le cas, elle ne sera pas à l’abri d’une raclée. Cela reste encore difficile de situer le véritable potentiel de ce collectif dirigé par PSA, alors que la majeure partie des joueurs a déjà disputé une quarantaine de partie cette saison. Une tournée aussi éprouvante, à ce moment-là de la saison, est-ce vraiment la meilleure idée ? C’est surtout ça la question…

 

* Florian Fritz, Maxime Médard, Yohan Huget, Thierry Dusautoir, Yohan Maestri et Louis Picamoles étaient titulaires. Yannick Nyanga et Jean-Marc Doussain sont entrés en cours de rencontre. 

 

par Mehdi Djebbari



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.