Derby et TFC sans saveur

Peu entreprenant en termes d’animation offensive, le TFC s’est contenté de bien défendre contre Bordeaux. Trop timorés, trop prudents, ils ont laissé les spectateurs du Stadium sur une faim de loup. A se demander comment une équipe aussi talentueuse sur le papier, affiche de si faibles ressources mentales. Le Téfécé demeure toujours dans la seconde partie de tableau.

Lorsque deux des équipes réputées comme les plus ennuyeuses de la Ligue 1 s’affrontent l’une  et l’autre, on s’attend toujours à un spectacle pathétique. Dimanche, le derby de la Garonne n’a pas dérogé à ce qui était annoncé, les deux formations s’étant séparées sur un soporifique 0-0, au terme d’une rencontre vissée. Franck Tabanou a eu beau se procurer une belle occasion à l’heure de jeu, suite à un excellent service en profondeur, malheureusement, se croyant hors-jeu, le milieu de terrain a frappé à côté du but de Cédric Carasso. Il s’agissait là de la seule  véritable occasion  des Toulousains, incapables d’emballer la partie. Pourtant face à un Bordeaux émoussé et éliminé de la Ligue Europa depuis jeudi, il y avait sacrément de la place. Le seul point positif reste cette belle série des pensionnaires du Stadium. Sur les quatre derniers matchs, ils n’ont encaissé aucun but, mais paradoxalement, ils stagnent toujours à la onzième place du classement de Ligue 1.

Malgré l’équipe type


Alain Casanova, pour une fois cette saison, disposait de l’embarras du choix pour mettre en place une équipe type. Après des semaines de galère, le capitaine Jonathan Zébina débutait le match au sein d’un onze assez compétitif. Le TFC évidemment, partait favori de ce derby mais il n’a rien montré de très entreprenant. En effet, à aucun moment,  la volonté d’enfoncer son adversaire ne s’est faite ressentir. Les Bordelais n’avaient plus de jambes, ils faisaient néanmoins semblant d’exister via deux-trois fulgurances de l’attaquant Cheikh Diabaté. Sans panache et sans envie, les Violets emmenés par un Eden Ben Basat fantomatique, ne pouvaient que laisser filer deux points importants dans l’optique d’une course à corps perdu vers l’inconnu : «Je ne suis pas déçu parce que j’ai senti une volonté de bien faire de leur part même s’il y avait pas mal de crispation en première mi-temps. En seconde mi-temps, ils se sont un peu plus lâchés. J’ai des regrets par rapport au score mais pas par rapport à la manière», précisait le coach téféciste, se contentant de ce maigre résultat. Ses ambitions ont tout de même convaincu le président Olivier Sadran de lui prolonger son contrat pour une voire deux saisons. Difficile du coup, d’envisager le futur de cette formation imprévisible. En dépit de son bloc défensif solide, Toulouse ne fait plus rêver personne. Du côté de chez les supporters, la colère et le mépris n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements.

« Vivre ou laisser mourir »


Le TFC voulait se maintenir et il y parviendra, cela devient une certitude. Par contre, qu’en sera-t-il de sa cote de popularité à l’issue de la saison ? Il est encore trop pour tirer des enseignements définitifs, sur une saison qui avait si bien commencé, on se rappelle encore de la ritournelle. Étienne Capoue (partant l’été prochain), assurait cette semaine : « Nous voulons finir dans les huit premiers ». L’objectif paraît intéressant dès lors qu’il est développé en conférence de presse. Une fois sur le terrain par contre, la réalité resurgit et frappe de plein fouet. Toulouse essaie de construire du jeu où que ce soit, il serait bien malveillant d’en assurer le contraire. Or, cette équipe dispose-t-elle des qualités suffisantes pour insister sur ce genre de football ? Hyper exigeant tactiquement, nécessitant par ailleurs des compétences techniques de tout premier ordre. Le grand Barcelone sait jouer ainsi, il a d’ailleurs toujours inspiré le technicien Casanova. Mais lorsque l’on possède dans ses rangs, des joueurs branchés sur courant alternatif, il serait peut-être plus judicieux d’opter pour un football tout autre, basé pourquoi pas sur un jeu plus direct. Personne ne reprochera au TFC de prendre des risques. C’est aussi ça le football.

Mehdi Djebbari



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