De Schepper : « J’adorerais jouer contre Federer ou Nadal ! »

Rencontre avec Kenny De Schepper, un joueur gaucher de 26 ans licencié à l’US Colomiers Tennis. A peine revenu de Roland-Garros où il s’est incliné au premier tour du tableau final, il se prépare paisiblement en vue des tournois sur herbe qui vont débuter bientôt. Grand gabarit, doté de coups puissants, Kenny figure parmi les plus grands espoirs du tennis français, même s’il a mis un peu plus de temps à se révéler que certains autres joueurs.

 

Kenny, après votre grande première sur le tableau final de Roland-Garros, qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

Disputer un grand Chelem reste toujours une bonne expérience. Je connaissais déjà la terre battue de Paris, puisque j’avais disputé les qualifications deux fois. Je suis un peu déçu d’avoir perdu au premier tour bien entendu. Mon niveau de jeu ne m’a pas satisfait face à Robin Haase, un joueur bien plus expérimenté que moi. C’était son 27e tournoi du Grand Chelem, il était bien aidé par son public. A un moment, j’ai même cru qu’on était en Hollande. Néanmoins, je ne cherche pas d’excuses, les gens m’ont encouragé aussi, et j’espère y revenir plus fort les années prochaines.

 

Place aux tournois sur gazon désormais ! Une surface que vous affectionnez tout particulièrement…

Je suis assez content de mes résultats sur terre battue, car j’ai obtenu une centaine de points qui m’a permis de grimper au classement mondial. J’ai atteint un huitième de finale à Casablanca, une demie à Tunis, c’est déjà pas si mal. Depuis tout petit, je me suis habitué à cette surface. Maintenant, j’aimerais obtenir de meilleurs résultats sur gazon. Je pars sous peu à Nottingham, au Queens, puis j’enchaînerai directement sur Wimbledon. Mon jeu est davantage adapté à cette surface, on arrive à une période de l’année que j’apprécie tout particulièrement.

 

On se rappelle encore votre second tour disputé à Wimbledon, l’an dernier contre un joueur du Top10, l’Espagnol David Ferrer. Est-ce votre meilleur souvenir de tennisman ?

C’est clair qu’au niveau de mes meilleurs moments, la campagne de Wimbledon 2012 est restée gravée. Jouer David Ferrer, ça m’a permis de voir où j’en étais. Ce joueur ne m’a pas impressionné par ses coups, mais par son mental exemplaire. J’ai réussi à glisser quelques beaux points lors de cette partie, malheureusement cela n’a pas suffi. Il ne lâchait jamais rien, et je me suis rendu compte que pour atteindre le Top 10, il fallait avoir ce tempérament. Peu importe qui est en face de toi, tu joues pour la gagne et rien d’autre.

 

Vous étiez classé 750e à l’ATP en août 2010, vous voici désormais 91e joueur mondial. Comment expliquez-vous cette progression fulgurante ?

Il a fallu se donner les moyens de devenir un joueur professionnel. Avant, j’étais plutôt autodidacte, puis j’ai compris que tout seul, on ne pouvait pas forcément y arriver. C’est très compliqué pour un joueur de s’impliquer à 100%. Cela engendre de nombreux frais, il faut se payer le matériel, les billets d’avion pour se rendre à des tournois aux quatre coins du monde. Depuis trois ans, je travaille avec un coach : Jean-Christophe Dupont. Ensemble, on a mis en place un vrai projet, avec un préparateur physique qui intervient également au niveau de ma forme physique. Les progrès sont constants et mentalement je pense avoir franchi un cap. Cela aide à remporter plus de matchs, à mieux assimiler les contraintes des déplacements.

 

 

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez quitté votre ville natale de Bordeaux, pour venir vous installer dans la banlieue toulousaine ?

Même si ma famille et mes amis sont quasiment tous à Bordeaux encore, j’ai décidé de venir à Colomiers, car je dispose d’un cadre idéal. J’ai débarqué ici en septembre 2012, et depuis, je me sens plus épanoui. La structure est de top niveau, il y a des courts de terre battue, des courts plus rapides. Alors je viens m’entraîner deux fois par jour, quand je n’ai aucun tournoi à disputer. Mon appartement est tout proche, ça me laisse le temps de faire autre chose. Toulouse est une ville que j’aime bien découvrir. J’adore également aller au cinéma, lire tranquillement. Quand cela me manque, je rentre en Gironde, mais mon emploi du temps demeure assez strict tout de même.

 

Vous êtes actuellement neuvième joueur français. Quelles sont vos limites Kenny ?

Avant, j’accusais davantage le coup physiquement. Puis à force de travailler en équipe, j’ai commencé à croire de plus en plus en mes capacités. Physiquement, mon gabarit me permet de servir fort, de bien rentrer dans la balle. J’ai mis un peu de temps à le mettre en pratique mais désormais, ma volonté a pris le dessus. Maintenant que j’en suis là, je dois m’habituer à jouer contre des joueurs d’excellent niveau. C’est clair que dès lors que tu croises un joueur du Top 10 à l’entraînement d’un tournoi, tu te rends compte que la différence se fait au niveau de l’entraînement. Des mecs comme Federer, Nadal ou même Jo-Wilfried Tsonga, s’entraînent comme des machines. Et quand tu regardes leur palmarès, tu te dis que c’est le prix à payer, si un jour tu veux tutoyer les sommets toi aussi.

 

Quel adversaire rêvez-vous d’affronter désormais ?

 

Je rêve d’affronter les deux monstres, Roger Federer et Rafael Nadal. Vu que je rentre toujours sur le court pour gagner, j’aimerais voir ce que cela fait d’affronter les meilleurs. D’ailleurs, je suis persuadé que Nadal détesterait jouer contre moi. Il a parfois du mal face au grand gabarit.

 par Mehdi Djebbari



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