Coupe du Monde Rugby ; France-Canada : seul le résultat comptait ?

C’est en fait ce que se disaient pour se rassurer les joueurs français et leur staff, dans les vestiaires. Après un match qui aura encore une fois montré les lacunes, les faiblesses d’une équipe de France qui a du mal à accepter le schéma tactique imposé par son entraîneur. Des Bleus fébriles, pas maîtres de leur jeu ; ce qui les rend peu ambitieux.

  
Alors pour faire la différence, on s’appuie trop sur des individualités comme les Picamoles, Clerc, Parra, Traille… On va faire peser tout le jeu sur sa charnière et particulièrement son demi d’ouverture. Un François Trinh Duc qui encore une fois aura semblé un peu tendre, bien à côté de son sujet. Le jeune stratège montpelliérain, pétri de talent, a du mal à atteindre l’échelon supérieur. Tenter une chandelle dans ses 22 m, qui amènera l’essai canadien, ne peut s’expliquer que par un manque de sérénité, de foi en son jeu. Il est probable que la charnière Yachvili/Parra apportera plus d’assise et de sécurité à l’ensemble et surtout plus de rapidité et de fluidité dans le jeu.

Une performance rare

Alors oui on ne retiendra, dans ce match, que le fait que les Bleus ont battu les Canucks 46-19. Et qu’après deux match gagnés avec le bonus offensif, ils se retrouvent à égalité de points avec les Blacks. Mais surtout qu’ils sont quasi qualifiés pour les ¼ de finale et même qu’il serait bon qu’ils finissent second afin d’éviter les gros favoris de l’hémisphère sud jusqu’au jour “J” de la finale…
Quelques satisfactions quand même avec tout d’abord Morgan Parra qui encore une fois apportera avec sa botte magique les points qui vont permettre de garder le contact quand, en début de match, les Bleus étaient un tantinet chahutés. Un total de 23 points, pour une performance rare qui sera complétée par une efficacité défensive particulièrement impressionnante. Vincent Clerc qui avec beaucoup de ruse amène le premier essai français et même deux autres, dont le dernier qui à quelques secondes du coup de sifflet final assure aux Bleus le point de bonification. Il y a aussi ce fameux Louis Picamoles qui encore une fois nous a offert un grand match. Malgré quelques faiblesses en sortie de mêlées expliquées par les conditions de jeu, il a été d’une rare présence sous les chandelles, dans la relance avec des percées monumentales à faire pâlir de honte nos centres… C’est lui qui est à l’attaque à la 60′ et donne le “la” qui va réveiller ces Bleus. Une attaque qui va s’étaler sur les deux ailes mais va finir par un flop, un de plus, un de trop… Il y a aussi William Servat qui peu à peu revient à son meilleur niveau. Par sa seule présence, il assure et garantit la bonne assise de la mêlée. Avec lui, elle ne recule pas.

Le jour de gloire des supporters français

Par contre, mention spéciale aux supporters des Bleus qui depuis le début de cette Coupe du Mon- de, et quelques soient les “conditions de jeu”, assurent le spectacle dans les tribunes. A Napier, alors que les averses se succédaient et que les Tricolores avaient oublié leur “French flair” au vestiaire, une Marseillaise vibrante s’élevait dans la nuit de Nouvelle-Zélande et sonnait l’heure de la révolte. Oui, c’était la fête, le jour de gloire des supporters français qui encore une fois semblaient parfois plus motivés, plus concernés que certains de leurs joueurs favoris sur le terrain…
Mais il est vrai qu’en France, on aime toujours critiquer, que nous sommes au moins 60 millions de sélectionneurs, car les femmes s’y mettent aussi. Et puis si d’aventure samedi, on venait à battre les fameux Blacks, alors là sûr que nous ferions à nouveau toutes et tous corps avec nos favoris. Et même la fête. Alors que le meilleur accompagne toujours et encore nos Bleus… En ces périodes de morosité ambiante que nous reste-t-il, à part le rugby, pour nous garantir une petite fenêtre de mieux vivre, d’évasion ?



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