Comité directeur de la LNR: Jean-René Bouscatel dénonce une dévalorisation du Top14

Pour le président Bouscatel, la coupe est pleine. ©Franck Alix/JT

 

 

Membre du comité directeur de la LNR depuis sa création, Jean-René Bouscatel en démissionne aujourd’hui sans état d’âme, jugeant que les règles qui en émanent « ne sont pas équitables pour les clubs et ne servent que les intérêts de la Ligue. »

 

« Trop, c’est trop ! » estime Jean-René Bouscatel, président du Stade Toulousain, évoquant le vote de la Convention Fédération Française de Rugby/LNR qui a eu lieu le 2 décembre dernier. « Je ne servirai plus d’alibi (à la Ligue, ndlr) pour cautionner les décisions qui desservent les clubs de Top14 », précise-t-il. Mais désormais démissionnaire, l’homme est libre de ses contestations et compte bien se faire entendre. Et n’en déplaise à la LNR, « si cette dernière avait besoin du Stade Toulousain pour faire une vitrine de son exemplarité sportive et économique, le schéma n’est pas réciproque », lance JR. Bouscatel, rappelant que son club « est le seul à générer l’intégralité de ses ressources, sans mécènes ni aides des collectivités locales. » Le président du plus gros pourvoyeur de l’Equipe de France (huit Toulousains sélectionnés pour le Tournoi des VI Nations 2014) justifie sa démission en accusant la LNR de dévaloriser le Top14, tant sportivement qu’économiquement : « limiter les internationaux à 30 matchs de championnat signifie qu’un club comme le nôtre jouera la moitié du Top14 sans ses meilleurs éléments, c’est inacceptable. »

 

Une concertation entre clubs

 

Mais le problème ne concerne pas que les clubs du haut de tableau : « l’iniquité se retrouve également chez les relégables qui auront la chance, ou pas, d’affronter les grosses cylindrées durant une période où ces dernières seront privées de leurs internationaux », explique JR. Bouscatel. Pour lui, la LNR édicte des règles qui, individuellement, restent incontestables mais qui, une fois réunies, deviennent impraticables. Le président du Stade Toulousain prend alors l’exemple du « salary cap » (plafond salarial) : « à condition qu’il n’y ait pas de tricheries, personne ne peut se positionner contre. Toutefois, quand un club fournit dix internationaux à l’Equipe de France, il se retrouve dans l’obligation de recruter plus d’effectifs pour pallier aux absences et assurer ses matchs en Top14. Pourtant le salary cap sera le même que pour les autres formations. C’est illogique ! » Et de poursuivre : « il en est de même pour la règle des JIFF (Jeunes Issus des Filières de Formation). Le Stade Toulousain est composé au 2/3 de JIFF, c’est dire que nous appliquons la règle, seulement nous ne pouvons décemment pas aligner dix jeunes pour remplacer dix internationaux ! » Autant de mesures qui, progressivement, ont excédé JR. Bouscatel au point de lui faire quitter la LNR. Désormais, c’est avec les présidents des clubs de Top14 qu’il discutera. « D’ici quelques jours, nous allons nous rencontrer et constituer une force de propositions, en adéquation avec la réalité du terrain. » Il pense notamment au passage à un Top12 ou encore à la suppression des phases finales qui limiteront le nombre de match. Et si la LNR persiste, le président toulousain pourrait même envisager d’engager des procédures juridictionnelles.

Séverine Sarrat



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