Christophe Kempé; « Faire grandir le handball »

Champion olympique de handball cet été, le pivot du TUHB profite pleinement du bonheur partagé par tous les Français. Il revient pour nous sur ces dernières semaines et évoque l’avenir à Toulouse et en sélection nationale.
Comment vous sentez-vous après l’euphorie de votre retour en France ?
Tout se passe bien car j’ai la chance de pouvoir partager cette médaille avec plein de gens. Nous avons fait le tour des mairies avec Claude Onesta et on se rend compte de l’impact d’une médaille olympique.

 

Etes-vous surpris de l’accueil des gens ?
On se rend compte du plaisir qu’on a procuré. C’est une véritable satisfaction de toucher autant de personnes. On espérait que les gens suivent l’événement mais quand on est arrivé à Roissy, quand on a parcouru les Champs Elysées, on a été très touchés de l’enthousiasme des spectateurs. J’ai mis ma médaille autour du coup du Président de la République, de Roselyne Bachelot, mais je n’ai pas hésité à le faire avec des enfants, des anonymes qui vous remercient pour toutes ces émotions. C’est un plaisir qui se prolonge au-delà du titre olympique.

Pensez-vous créer des émules avec cette médaille ?
Pour le handball c’est une chance et nous avons envie de faire grandir ce sport, de lui faire trouver sa place dans le panorama audiovisuel français. Il doit gagner la reconnaissance qu’il mérite. A la fin de la finale, nous avons soulevé Jackson Richardson car le handball français, c’est toute une histoire, et les anciens sont impliqués eux aussi dans notre victoire.

Avez-vous ressenti le soutien des Français lors de la compétition à Pékin ?
Nous avons eu la chance de profiter de la présence des sportifs français qui avaient terminé leurs compétitions. La tribune était pleine d’athlètes qui étaient là pour nous soutenir. J’ai eu la chance de croiser Fabien Galthié, Marie-José Perec, David Douillet, Jean Galfione… Ils ont vibré avec nous alors que, pour moi, ils restent des légendes du sport. Cette reconnaissance n’a pas de prix.

 

« Je ne me fixe pas de limites »

Sur le plan sportif, qu’est-ce qui a fait la différence entre vous et les autres équipes ?
Notre groupe vit très bien depuis plusieurs années. Nous avons été volés d’un titre de champion du monde en Allemagne et Pékin était pour nous une revanche. On a tout fait pour être champions olympiques. Du début de la préparation à la fin de la compétition, on a travaillé, on est restés solidaires car nous sommes avant tout une bande de potes. C’est la grande différence avec les autres équipes. Il n’y a pas de secret.

Après avoir fêté cette victoire, il va falloir se remettre au boulot avec Toulouse !

L’équipe de France est un bonus formidable mais notre quotidien, notre gagne-pain reste le club. Alors il faut redescendre sur terre ! Les calendriers sont chargés et il faut vite enchaîner. Je transpire Toulouse, je vis pour ce club et j’espère qu’il va retrouver la place qu’il mérite. A la fin des années 90, le TUHB a remporté une Coupe de France et a terminé 3ème du championnat. Petit à petit, le groupe a envie de se hisser dans les 6 premiers. Nous avons tout pour réaliser nos ambitions. Il faudra aussi miser sur la chance pour ne pas subir trop de blessures car, par manque financier, notre effectif manque de banc. L’autre objectif est de pousser les Toulousains à assister à nos rencontres et surtout à revenir.

La médaille olympique est-elle un aboutissement pour vous en équipe de France ou avez-vous encore de belles années devant vous ?

Je voudrais continuer au moins jusqu’au Mondial en Croatie car je n’ai jamais été champion du monde. Je n’arrêterai jamais l’équipe de France. J’attends les décisions du sélectionneur, l’arrivée des jeunes ou le pépin physique. Je ne veux pas me fixer de limites car je me sens bien. Les JO de Londres sont encore loin mais on verra. Il me tarde de retrouver mes copains de l’équipe de France et continuer à faire vivre le handball.

Propos recueillis par Sophie Orus


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