Championnat du Monde d’aviron ; Berrest et Bahain en bronze

Après leur troisième place glanée l’an passé à Karapiro, les Toulousains Julien Bahain et Cédric Berrest ont accueilli avec une immense satisfaction la médaille de bronze arrachée au terme d’une finale haletante sur le lac de Bled, nouvelle récompense à leur formidable talent de compétiteurs. Les deux rameurs ont par ailleurs qualifié le bateau pour les Jeux Olympiques de Londres.

 
Sous un soleil de plomb, la délégation française jouait gros vendredi, présentant en l’espace de dix minutes ses deux bateaux déjà qualifiés pour les finales A. En skiff poids légers, Stany Delayre tentait crânement sa chance, passant en tête aux 500 m. Dernier à ce moment, le Danois Henrik Stephansen mettait alors la machine en route pour l’emporter avec près de sept se- condes de marge. Stany avait le grand mérite de ne pas se désunir, luttant jusqu’au bout pour arracher une belle cinquième place à cinq secondes du podium.
A l’autre bout du lac, Cédric Berrest et Julien Bahain prenaient un départ prudent dans la finale du deux de couple. Placés à la ligne six, aux côtés des Slovènes portés par leur public, ils passaient en cinquième position au 500 puis au 1 000 mètres. Aux trois quarts de l’effort, les Toulousains dépassaient la Slovénie. Ils partaient alors à l’assaut des Australiens qu’ils dépassaient dans les derniers mètres d’un final électrique.
Moins d’un an après Karapiro, le duo décrochait de nouveau du bronze qu’il saluait en brandissant les poings : «Autant l’an passé, on était prêts à pleurer de frustration sur le podium néo-zélandais, autant cette fois, on savoure pleinement», commentait Cédric Berrest. «Dans un contexte délicat pour l’équipe de Fran-ce, on a réussi à puiser une énergie positive. On en est ravis pour la délégation dont beaucoup de rameurs ont un talent exceptionnel et méritent mieux. Avec Julien, on se connaît bien. C’est notre sixième championnat ensemble. On savait qu’on montait en régime et qu’on avait les moyens d’être au rendez-vous». Son compère Julien Bahain rejoignait le propos : «On a su redresser la barre. Etre présents au moment de vérité est une de nos forces. On arrive à garder la tête froide tout en se motivant à fond. Cette finale était d’une incroyable densité. On a mis toutes nos tripes pour monter sur le podium».

Désormais, ils visent l’or

Déjà Cédric Berrest se projette vers Londres, le prochain rendez-vous : «On a les bases. Respect pour les Néo-Zélandais (qui conservent leur titre pour six centièmes) et les Allemands. Ils tournent autour de 6’10’’ près de quatre secondes devant nous. Il faut qu’on se prépare pour courir 6’08’’-6’09’’ aux Jeux. On a plutôt bien mené cette finale. Une course régulière, toujours au contact. On se sentait bien, on n’a jamais paniqué et on a su puiser au fond de nous-mêmes pour réussir un final peut-être supérieur à ce qu’on imaginait».
Propos complété par Julien Bahain : «On a fini comme des malades pour obtenir une médaille qui marque notre régularité, la continuité de nos performances et la cohérence de notre démarche. Maintenant, on doit se mettre au travail pour trouver le petit quelque chose qui nous permettra de nous rapprocher de l’or». Un petit quelque chose qui, bien sûr, titillait déjà leur coach, Christine Gossé, rentrant en solitaire vers le parc à bateaux pendant la cérémonie protocolaire : «Tout d’abord, je veux leur dire chapeau ! Ils ne sont pas toujours faciles mais ce sont deux compétiteurs hors normes comme je n’en ai pas souvent vus. Maintenant, ma réflexion s’oriente sur la problématique suivante : Julien et Cédric sont toujours sur le podium. Il leur manque la consécration suprême qui nécessite de gagner quatre à cinq secondes sur leur chrono d’ici. Il y a sans doute quelques points à revoir sur le contenu de l’entraînement. Nous en reparlerons, mais pour l’heure, quelle performance !»



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