Cap sur Pékin !

A 23 ans, le rameur toulousain Cédric Berrest s’apprête à vivre ses deuxièmes Jeux Olympiques. Après la déception d’Athènes, il compte prendre cette fois-ci le bateau de la victoire. Portrait.
«En anglo-saxon, Cédric signifie chef de guerre et, en gallois et celte, ce prénom veut dire aimable. Je pense que ces deux qualificatifs lui vont très bien !» Jean-Marc Le Lann, directeur de l’INP ENSIACET où Cédric Berrest poursuit ses études, ne cache pas son admiration pour le jeune rameur, sélectionné pour les épreuves en quatre de couple (bateau à 4 rameurs, ndlr) aux prochains Jeux Olympiques. A 23 ans, l’étudiant aux allures de géant mène de front deux carrières, l’une pour vivre au présent sa passion pour l’aviron, l’autre pour assurer son avenir professionnel : «Le matin, je m’entraîne de 7h à 9h puis je pars en cours pour préparer mon diplôme d’ingénieur. Je retourne à l’entraînement le soir et c’est vrai que le rythme n’est pas évident à tenir. Mais l’aviron est un sport amateur donc je suis obligé de faire des études pour un futur métier.»

 


S’il ne faut pas se mettre à l’eau dans un sport qui demande beaucoup de rigueur et de concentration, Cédric Berrest avoue volontiers être tombé dans la passion de l’aviron très tôt dans sa vie : «C’est un peu une affaire de famille. Même si j’ai commencé sur le tard, l’aviron a toujours été une passion car on se prend vite au jeu de la glisse sur l’eau. Ce sport véhicule des valeurs familiales, c’est une discipline propre. D’ailleurs, il s’agit du seul sport où les médailles sont remises sur un ponton d’honneur et pas sur un podium.»

 

Une claque à Athènes

Champion de France en skif (bateau individuel, ndlr) en 2005, 2007 et 2008, vice-champion du monde en quatre de couple en 2006, vainqueur d’un Trophée des Sports Midi-Pyrénées, le Toulousain possède déjà un beau palmarès mais garde un goût amer des derniers Jeux Olympiques à Athènes : «On a fini 13ème en quatre de couple, c’est-à-dire aux portes des demi-finales. J’ai pris une grosse claque, ce fut une grande désillusion. On a beaucoup travaillé et, aujourd’hui, nous n’avons peur de personne car nous avons battu tous les favoris.» Cédric espère donc ramener un joli souvenir de Pékin à ses amis du Club de l’Aviron Toulousain où il est licencié : «Nous sommes attendus et participer aux Jeux Olympiques est déjà une récompense en soi. Mais nous n’y allons pas pour faire du tourisme. L’aviron est difficilement médiatisable donc les JO sont pour nous une vitrine. La médaille est le Graal pour les sportifs amateurs et n’importe quelle couleur sera la bienvenue !»

 

Un record et un présage ?

Attendu par la Fédération, ses professeurs à l’INP mais aussi et surtout par les membres de son club, Cédric Berrest «possède cette force, ce charisme, cette disponibilité pour les autres. Il est un leader et nous permet d’espérer pour nos jeunes», précise Frédéric Ducros, directeur sportif du club. Un avis partagé par Jean-Marc Le Lann : «Il est courageux, franc, fidèle en amitié, honnête et apprécié de tous. Cédric est à la fois un vrai ingénieur et un grand sportif. Il est pour moi un esthète et je mesure les sacrifices qu’il peut faire.» Et, pour l’encourager, une délégation de l’INP se rendra à Pékin, un soutien que le jeune rameur apprécie et juge indispensable. Le 9 juillet prochain, Cédric rejoindra ses coéquipiers pour un stage terminal avant de débarquer en Chine le 1er août, dix jours avant la première épreuve de quatre de couple : «Je ne participerai pas à la cérémonie d’ouverture car elle se déroule peu de temps avant notre compétition et elle est trop éprouvante physiquement. Ce n’est absolument pas un geste politique.»
En attendant les épreuves d’aviron, Cédric Berrest peut aisément rêver d’une médaille. En février dernier, il a battu le record de France du 2000 mètres à l’ergomètre. Un record détenu jusqu’à présent par JC Rolland en 1999… et devenu champion olympique quelques mois plus tard à Sydney. De bon augure pour notre Toulousain qui envisage son sport comme une philosophie de vie : «Il faut toujours donner le coup de rame comme s’il s’agissait du dernier.»

Sophie Orus


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