Ça chauffe entre Aulas et Sadran

Alors que le doute plane sur l’avenir du meilleur buteur de L1 la saison dernière, le président de Lyon Jean-Michel Aulas met la pression sur son homologue toulousain Olivier Sadran afin d’acquérir André-Pierre Gignac. Le ton monte par médias interposés.

 
Les choses ne tournent plus très rond dans le petit monde du football ces temps-ci du côté du Stadium. Qualifié pour l’Europa League à l’issue d’une très bonne saison, le TFC tente tant bien que mal de conserver ses joueurs vedettes, alors que le jeune gardien de but Cédric Carrasso vient de s’engager avec le champion Bordeaux. Le défi pour le président Olivier Sadran est aujourd’hui de convaincre son buteur André-Pierre Gignac de continuer à porter le maillot violet la saison prochaine. Si le nouvel attaquant de l’équipe de France clame son attachement à la Ville rose, il avoue également que son «avenir passe par Lyon.» Et c’est bien là que le bât blesse. Car le septuple champion de France aimerait bien remplacer Benzema, parti pour de nouvelles aventures espagnoles, par le goleador toulousain et le club est même prêt à débourser plus de 15 millions d’euros pour racheter les années de contrat engagées.

 


Lettre ouverte

Bien connu pour ses prises de position polémiques, le président lyonnais Jean-Michel Aulas insiste depuis plusieurs semaines auprès des dirigeants du TFC et a même annoncé sur le site de L’Equipe avoir «trouvé un accord» avec Gignac. Le sang d’Olivier Sadran n’a fait qu’un tour : pourtant assez avare de commentaires dans la presse, il a mis en ligne une lettre ouverte à l’attention de son homologue. Et la position du patron des Violets est claire : «A la différence de Cédric Carrasso, André-Pierre Gignac a prolongé son contrat dans le but de poursuivre son expérience à nos côtés et ainsi de confirmer tous les espoirs qui sont placés en lui, ce qu’il a affirmé publiquement à maintes reprises. Nous comprenons, en matière de communication, la nécessité pour vous, après le départ de Juninho et de Karim Benzema de mettre en avant plusieurs pistes. Cette technique par le passé a sans doute fait ses preuves mais dans le cas présent, n’a aucune chance d’aboutir. Nous vous demandons donc de prendre acte qu’André-Pierre Gignac n’est pas à vendre.»

 


«Intransférable»

Pire, la rupture semble consommée entre les deux dirigeants : «Il est surprenant qu’un club de votre standing ne respecte pas les règles fondamentales qui régissent le football professionnel. […] Même si nous n’avons jamais eu la prétention de rivaliser avec vous, l’Olympique Lyonnais a toujours été un exemple de gestion économique et sportive pour le Toulouse Football Club. Mais chacun doit se forger sa propre identité…» L’incident aurait pu être clos si Jean-Michel Aulas n’était pas revenu à l’attaque la semaine dernière en direct sur une radio nationale : «Quand on se rappelle la dernière journée (de championnat, Toulouse-Lyon 0-0, ndlr) et ce match qui permettait à tout le monde de répondre à ses objectifs : nous de nous qualifier pour le tour préliminaire, eux pour la Coupe de l’UEFA. Tout le monde était content, on ne va pas se fâcher maintenant.» Sous-entendu : les deux clubs se seraient mis d’accord pour un match nul qui arrangeait les deux parties ? Olivier Sadran est-il redevable auprès de Jean-Michel Aulas ?
Les accusations sont graves et le président du TFC a réitéré dans la foulée son refus de céder à Lyon son attaquant. «Il est intransférable», a-t-il martelé, intraitable, la semaine dernière lors d’un entretien téléphonique avec Aulas. «Il est donc préférable pour l’Olympique Lyonnais de jeter son dévolu sur des joueurs appartenant à des clubs disposés à envisager leur transfert.» Pourtant, le président rhodanien persiste dans la provocation : «La porte est entrouverte avec Gignac». Le transfert possible de l’attaquant toulousain est devenu le feuilleton de l’été. Il ne reste que quelques jours avant la reprise du championnat et la réponse à LA question : Gignac portera-t-il les couleurs de Toulouse ou de Lyon lors du premier match officiel de L1 ?

Sophie Orus




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