C. Tolofua : «Avec Servat, on en apprend chaque jour»

Il aura fallu une hécatombe de blessures au Stade Toulousain, pour qu’on découvre toute la maturité dégagée par le jeune talonneur Christopher Tolofua (1m82, 117 kilos). Après une entrée remarquée la saison passée, où il fut aligné à plus d’une dizaine de reprises lors du Top14, le voici affûté, prêt à confirmer tous les espoirs suscités en lui. A tout juste 18 ans, ce natif du 31 décembre représente l’avenir du club, peut-être même la succession évidente de William Servat, l’un de ses prédécesseurs devenu coach entre temps.

 

Les deux premiers matchs à domicile ont été gagnés de justesse (23-22 contre Castres, 37-22 contre Mont-de-Marsan). Doit-on s’inquiéter pour autant ?

C’est vrai que nos débuts sont assez laborieux, bien que nous ayons gagné les deux fois. Contre Castres lors de la première journée, on s’attendait à une opposition solide. Personne n’était étonné de la tournure de la rencontre. On a eu beaucoup de mal avec les nouvelles règles du Top14, surtout nous les plus jeunes. D’ailleurs sur ma rentrée, je suis pénalisé de deux bras cassés. Deux fautes d’inexpérience, mais j’estime que c’est normal car il faut un temps d’adaptation (…) Contre Mont-de-Marsan par contre, on ne s’attendait pas à autant de rythme, même si on leur a donné quasiment tous leurs points. On s’est fait remonter les bretelles dans les vestiaires, par rapport à notre manque de rugosité en défense. En attaque, nous n’avons été judicieux et nous ne devons nous en prendre qu’à nous-mêmes».

 

Votre préparation physique a-t-elle été différente des années précédentes ?

Après la tournée en Argentine, j’ai continué à bosser afin de rester en forme. J’ai passé deux semaines en Corse, histoire de me relaxer et me suis remis au travail. Je suis conscient de mes défauts sur les phases statiques (touche et mêlée), alors j’essaie de progresser dans ces domaines- là, tout en essayant d’améliorer mes points forts. Maintenant que je bénéficie du statut international, je suis traité comme tout le monde par le staff. Aucun privilège malgré mon jeune âge. Ici, on est vite responsabilisé.

 

Comment avez-vous vécu la tournée en Argentine ?

J’ai ressenti une drôle de sensation quand je me suis retrouvé au milieu de tous ces personnages. Le groupe qui a été sélectionné, était très jeune. Le staff espérait plus y voir des révélations qu’autre chose. Nos résultats ont été corrects dans l’ensemble. Cela nous a permis de faire connaissance, bien qu’en moins de deux semaines, le temps fut un peu court pour créer une certaine cohésion. J’ai pris les choses sans me prendre la tête, mais j’avoue que j’ai eu du mal à aborder quelques cadres. Certainement par respect.

 

Comment vivez-vous la concurrence avec les autres talonneurs (Gary Botha, Virgile Lacombe et Jaba Bregvadze) ?

Je n’ai jamais eu aucun souci avec la concurrence. Au contraire je profite un maximum des conseils de mes coéquipiers. Gary et Virgile m’aident beaucoup à peaufiner mon jeu. Quand je regarde leur expérience au plus haut niveau, je n’ai qu’à assimiler. L’année dernière, William Servat m’a toujours aiguillé dès lors que j’en avais besoin.

 

Quelle est votre vision sur la reconversion de William Servat, ancien talonneur titulaire du club ?

Avec lui, on en apprend chaque jour. Tout ce qu’il faisait sur le terrain, nous essayons de le reproduire. C’était un des meilleurs talonneurs du monde, ce n’est pas rien. Depuis qu’il est coach, ce n’est plus le même. Il est devenu plus rigoureux et très pointilleux sur les secteurs spécifiques au jeu des avants. Il ne nous fait pas de cadeaux, surtout s’il estime qu’on refuse d’aller au combat.

 

Vos objectifs en 2012-2013 ?

Je veux progresser encore et toujours. Je n’ai que dix-huit ans, donc une marge de progression importante. A moi de saisir ma chance et d’essayer d’être titulaire le plus souvent possible. Ce qui est primordial à mes yeux, c’est de faire le maximum pour le bien du club. Penser au Tournoi des 6 Nations si tôt, ce ne serait pas raisonnable. Chaque chose en son temps.

par Mehdi Djebbari



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