Basket-ball féminin ; La section basket du TCMS va-t-elle prendre le large ?

C’est le site Internet Basquetebol.org qui diffuse l’info régulièrement. Ce sont nos confrères du Petit Journal qui en ont fait un sujet titre dans leur édition du début de mois… Oui, il semblerait que la section basket du TCMS chercherait à récupérer les droits sportifs du Temple sur Lot en proie à des difficultés financières.

Une situation critique qui a amené le comité directeur, du club lot-et-garonnais à, volontairement, se rétrograder en NF3. Sauf qu’Alain Brisse, son Président d’alors, chercherait à tout prix à éviter que son navire ne coule économiquement, d’autan qu’il semblerait qu’il soit caution solidaire. Et si le passif est aussi important que la rumeur l’annonce, on se doit de le comprendre. Par ailleurs, pour la défense du basket élite féminin dans notre région, on peut être tenté par une manipe qui pour les puristes sera perçue comme anti-sportive.
Souvenons-nous qu’il y à peine deux ans Tarbes et Mourenx étaient en LFB, Toulouse, Salies, Basket Landes, Le Temple en NF1 ? Soit 6 clubs régionaux qui opéraient au plus haut niveau. Aujourd’hui, nonobstant Mourenx, dont on ne sait à ce jour s’il déposera le bilan ou repartira en Nationale 1, le grand Sud-Ouest perd ses plumes. Salies n’existe plus au plan national. Le TBC (désormais le TBO) est redescendu en NF2. Certes, Basket Landes va disputer le Final Four de NF1 mais une disparition du Temple désertifierait encore plus Aquitaine et Midi-Pyrénées.

Le TCMS un point d’ancrage virtuel ?

C’est donc pour déplacer son équipe dans une métropole régionale plus solide économiquement que, depuis plusieurs semaines, Alain Brisse a noué des contacts avec la section basket du TCMS. Et c’est là que le bât blesse. Car la pratique semble faire fi des valeurs du sport associatif français avec ses montées et ses descentes de division. Le geste ressemble plus, avec l’aval de la Ligue des Pyrénées d’ailleurs, alors que celle d’Aquitaine fait l’autruche, au «rachat» d’une franchise qu’à une logique session de droits sportifs. Car pour mener à bien le projet, on change de département, de région administrative, de ligue sportive. Plus, pour mener à bien ce “rachat” certains dirigeants du TCMS ont même pris soin de déposer les statuts d’une nouvelle association, le TMB (Toulouse Métropole Basket), au cas où le TCMS Omnisports ne leur accorderait pas l’autonomie financière. Ce qui vient logiquement de se produire, car le TCMS, club associatif, se doit de rester en accord avec ses statuts, qui dépendent de la loi de 1901 et du code du travail. Le TCMS est un club d’entreprise dont la vocation première est de permettre à ses licenciés de s’épanouir grâce au sport. Rien à voir avec le sport professionnel ou semi-professionnel dont l’importance de la victoire est dépendante de l’argent et donc du budget global. Du coup les dirigeants qui ont fondé le TMB, et devront le gérer, vont se retrouver exclus du TCMS et ne pourront, de fait, utiliser les installations du Comité d’établissement de la SNCF. Si l’on ajoute que le TCMS Omnisports est bien décidé à maintenir une section basket en son sein, histoire que la masse ne se délite pas et que la section masculine survive, on comprend que le projet ait de l’eau dans le gaz…

Statutairement, à partir du moment où un club omnisports refuse l’autonomie à sa section basket la FFBB a le droit de transférer les droits sportifs à une autre association et donc, pourquoi pas, une nouvelle entité. Mais qui va payer les dettes ? L’association de Temple sur Lot qui doit repartir en NF3 ? Le TMB ? La ville de Toulouse ? On imagine les dirigeants assez fins pour n’avoir aucune facture impayée à la FFBB. Mais pour le reste ? Quel est le montant de cette dette ? Selon les sources entre 80 000 € et 200 000 €. La municipalité de Toulouse est-elle apte à combler ce déficit avant d’allouer une subvention de fonctionnement ? Est-elle prête à aider deux clubs féminins nationaux puisque, c’est une certitude, le TBO repartira en NF2 avec une équipe ambitieuse ? Et tout cela sans compter sur les interventions juridiques des clubs de NF1 relégués en NF2 (Voiron, Pleyber-Christ, Lyon, Marseille) qui voient d’un mauvais œil ce “rachat” alors qu’ils pouvaient réglementairement espérer être repêchés avec la rétrogradation du Temple en NF3. On le voit, tant au niveau de l’éthique sportive que financièrement, ce dossier est braise qui couve. Pour le bien du basket féminin toulousain et des finances de la ville il faut souhaiter que jamais incendie ne se déclare.
Au fait la ville de Toulouse est bien muette sur le sujet…

David Bellingère


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