Rugby / Yann David « Je ne me vois pas ailleurs qu’à Toulouse »

Yann David vient de prolonger son contrat avec les Rouge et Noir pour trois saisons supplémentaires. Et même si la concurrence y est rude, le trois-quart centre du Stade Toulousain dit s’y sentir bien et ne pas imaginer, aujourd’hui, porter d’autres couleurs. A mi-saison, il s’attarde sur un bilan collectif en demi-teinte.

 

Yann David, vous venez de rempiler avec le Stade Toulousain, jusqu’en 2018, dans quel état d’esprit abordez-vous ce nouvel engagement ?

Je ne me voyais vraiment pas porter d’autres couleurs que celles du Stade Toulousain, je ne voulais pas évoluer ailleurs, même si j’avoue avoir réfléchi à l’éventualité de tenter une nouvelle aventure. Finalement, je me suis aperçu que cela avait toujours été clair dans mon esprit : je veux continuer à Toulouse ! Et lorsque les dirigeants m’ont proposé trois ans de plus, c’était pour moi comme une évidence. Je prolonge donc avec énormément de plaisir et de fierté. Faire partie de ce club est une chance.

 

Comment voyez-vous votre avenir à Toulouse, car la concurrence y est rude et le niveau élevé ?

La concurrence qui existe au sein de l’effectif du Stade Toulousain est saine et stimulante. Nous travaillons les uns pour les autres, tous dans le même sens, même si bien sûr nous avons tous envie de prouver nos valeurs tous les week-ends. Mais il faut être honnête, je profite de chaque moment, de toutes les opportunités pour le faire. En l’absence des internationaux par exemple. L’état d’esprit qui règne dans cette équipe me plaît, me convient, et même lorsque la concurrence est présente, nous continuons à nous entraîner sereinement car nous sommes, avant tout, une équipe soudée !

 

Concernant votre saison personnelle, quel bilan pouvez-vous en dresser à mi-saison ?

Le début a été un peu compliqué pour moi car j’ai eu du mal à me remettre de la préparation physique qui a été très intense. Mais depuis deux, trois mois, je commence vraiment à revenir plutôt en forme, je me sens de mieux en mieux. La preuve avec mon essai face à Oyonnax, il y a deux semaines, où je suis parvenu à me trouver au bon endroit, au bon moment ! Et croyez-moi, ça fait toujours plaisir, d’autant plus à domicile !

 

Et l’équipe de France ? Est-elle encore un objectif pour vous ?

Une fois qu’on y a goûté, on n’a qu’une envie : y revenir. Forcément, je garde cette possibilité dans un coin de ma tête mais, sans me leurrer, sans me voiler la face, la concurrence étant importante et les joueurs très en forme. Je continue donc à travailler et m’éclater avec mon club. Pour le reste, on verra bien ! Si je dois intégrer l’équipe de France je serai très heureux, mais je me concentre actuellement sur mon club. C’est mon objectif principal et primordial. Je me lève tous les matins pour le Stade Toulousain.

 

Préoccupés mais pas inquiets

 

En début de saison, le Stade Toulousain a eu du mal à se lancer. Comment expliquez-vous ce départ difficile ?

Ça a été compliqué pour nous ! Nous parvenons à réaliser de belles performances à domicile mais dès que l’on joue à l’extérieur, le déclic ne se fait pas. Ce n’est que l’on se sente moins concerné, mais il n’y a pas la petite étincelle qui nous rend agressifs et efficaces. C’est difficile à expliquer ! C’est un problème collectif. On continue donc à travailler là-dessus car nous avons envie de débloquer le compteur à l’extérieur, surtout en championnat puisque nous l’avons déjà fait en H-cup, avec les Saracens.

 

Cela a failli être le cas le week-end dernier, face à Grenoble (défaite 25-18)…

Effectivement, on aurait pu y parvenir ! Mais Grenoble est une très belle équipe et nous avons fait trop de fautes pour pouvoir prétendre à la victoire. C’est dommage, on est encore passé à côté, même si l’occasion était proche. Ce n’est que partie remise car nous avons réellement à cœur de gagner à l’extérieur. Nous sommes préoccupés mais pas inquiets. Pas pour l’instant du moins. Toutefois, nous gardons à l’esprit que nous devrons tout faire pour arrêter cette série noire rapidement.

 

Pour vous, le favori reste donc le Stade Toulousain ?

Evidemment ! Mais Clermont est bien positionné et joue juste. Cette équipe montre vraiment de belles choses. D’ailleurs, ils ont ceci en commun avec le Stade Toulousain : la stabilité de leur staff et l’homogénéité de leur effectif, ce qui leur permet de rester sur le même axe de travail et de progresser sans cesse. Comme chaque saison, ils restent très dangereux et nous allons nous battre jusqu’au bout pour aller le plus loin possible.

 

Le week-end prochain sera celui de la 3e journée de H-Cup. Comment l’avez-vous préparée ?

Dimanche et lundi derniers, nous nous sommes concentrés sur la récupération suite au match à Grenoble, pour enchaîner, depuis mardi, sur la préparation de la réception du Connacht (dimanche 8 décembre, à 16h, au Stade Ernest Wallon, ndlr). Nous souhaitons faire un bon résultat pour rester premier de la poule, nous travaillons donc en conséquence et tout notre esprit et nos forces se tournent désormais vers cette échéance.

 

Propos recueillis par Thomas Simonian et Séverine Sarrat

Paroles de supporters

 

Grand gagnant de notre jeu-concours, Frédéric Morante, a pu rencontrer Yann David dans les locaux du Journal Toulousain et lui poser des questions, à la manière d’un journaliste.

 

Que pensez-vous des tests-matchs de l’équipe de France ?

On est tous un peu déçu des contre-performances proposées par cette équipe. On aimerait revoir gagner les Bleus, qu’ils reprennent du plaisir. Pour nous, Toulousains, qui avons beaucoup de coéquipiers sélectionnés, c’est difficile, cela nous fait mal au cœur. Mais la Coupe du Monde arrive à grand pas et on espère qu’il y aura une réaction.

 

Le fossé qui existe entre l’hémisphère Nord et Sud rendra la tâche difficile…

C’est vrai qu’il y a un gros écart en ce qui concerne le physique et même le jeu. Mais cela a toujours été le cas. Simplement depuis le mois de juin, c’est plus visible car on a été malmené par la Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud, à plusieurs reprises. Pour en avoir parlé avec Yoann Huget et Florian Fritz qui sont revenus sur Toulouse, ils ont un entraînement spécifique pour pouvoir rivaliser face à de telles équipes.

 

L’objectif actuel du Stade Toulousain est-il la Coupe d’Europe ou le championnat ?

Si nous pouvons accrocher les deux ce sera parfait ! Tout est possible, mais l’engagement lors des phases finales du Top14 est tel que nous laissons beaucoup de force dans la bataille, ce qui rend compliqué l’enchaînement avec une finale H-cup. Le plus dur est sans doute le côté psychologique car nous laissons beaucoup d’influx nerveux dans des phases finales, et se reconcentrer sur une autre compétition est parfois trop difficile. La fin de saison de Toulon l’année dernière en est le parfait exemple : ils étaient intouchables en H-Cup et y avaient laissé tellement de plumes qu’ils n’ont pas pu être totalement présents pour la finale de Top14 face à Castres, plus frais mentalement et physiquement. Au Stade Toulousain, nous donnons le meilleur de nous-mêmes sur les deux tableaux. En revanche, pour beaucoup de joueurs, le Brennus, c’est le graal !

 

A la fin de votre nouveau contrat au Stade Toulousain, envisagez-vous un retour à Bourgoin ?

C’est vrai que je me suis posé la question avant de resigner il y a quelques jours, mais, sincèrement, aujourd’hui, la réponse est claire : je veux rester au Stade Toulousain ! Je me sens bien à Toulouse que ce soit dans le club, dans ma vie privée. J’aime la ville et les gens qui la composent. Je ne me vois pas aller jouer à Bourgoin, ni habiter dans la région qui pourtant reste ma région de cœur puisque j’y ai toute ma famille. A Toulouse, je dispose de tous les éléments pour m’épanouir. Pourtant, avant d’arriver, en 2009, je ne me voyais pas vivre dans une grande ville comme Toulouse, mais l’opportunité m’a été offerte et je l’ai saisie. Aujourd’hui, je ne me vois plus ailleurs.

 

 



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