Aimé Mouret Redonner ses lettres de noblesses au rugby à XIII

Mouret Aimé

Intarissable sur les événements marquants, d’une culture rare et d’un enthousiasme sans faille, Aimé Mouret est un mémorial à lui seul. Passionné de sport en général mais surtout de rugby, il peut raconter, pendant des heures les épopées d’internationaux du rugby à XIII comme du XV. C’est de cet amour du ballon ovale qu’est né « Le who’swho du rugby à XIII » qui vient de paraître aux Editions Ixcéa.

Vous venez de sortir le “Le who’ s Who du Rugby à XIII”aux éditions Ixcéa, comment vous est venu l’idée d’écrire un tel recueil  d’informations sur ce sport?

J’ai toujours aimé écrire et beaucoup de mes articles ont été publiés dans la presse. Poussé par de nombreux amis, j’ai décidé d’écrire un livre sur le XIII, en mai 2009. J’avais le choix entre un historique ou une encyclopédie mais comme toujours, j’ai trouvé une troisième voie et j’ai opté pour le « Who’sWho du rugby à XIII ». Ce type de publication est rare en sport etje vienspeut-être de créer un nouveau genre. Je suis une sorte de pionnier.

Pourquoi pensez-vous que le rugby à XV a pris le pas sur le rugby à XIII?

En 1940, sous Vichy, le rugby à XV mourrait de mort lente mais, le gouvernement de l’époque ayant interdit le rugby à XIII et ayant spolié ses biens, les a fait renaître de leurs cendres, tel Lazare sortant du tombeau. Après la guerre, contrairement aux promesses d’Alger du 2 octobre 1943, les treizistes durent, en France seulement, appeler leur sport, le « Jeu à XIII » puisqu’ils ne furent reconnus par l’Education Nationale qu’en 1995. A la fin des années 1970, les grands journalistes issus de la libération, fervents treizistes, disparurent, le jeu à XIII avec eux car la jeune génération ne s’y intéressait plus.

Par votre  ouvrage, pensez-vous pouvoir redonner ses lettres de noblesse au rugby à XIII?

C’est le but ultime même si ce n’est qu’une goutte d’eau, c’est mieux que rien. Je pense que ceux qui l’ont lu ou le liront en parleront autour d’eux… œuvrant ainsi à la mémoire du rugby à XIII. Peut-être que les pays étrangers en parleront également puisque ce sport est bien plus populaire dans l’hémisphère Sud qu’en Europe. Les seules batailles qui sont vaines sont celles que l’on ne livre pas…!

5 000 références

Votre livre est une mine d’informations, comment avez-vous fait pour en recueillir autant?

Ma première inspiration vient de mon vécu, ensuite je suis parti enquêter à St-Gaudens, à Albi en passant par Perpignan. Enfin, j’ai trouvé beaucoup d’informations sur internet, surtout sur les sites anglophones. En faisant un travail de fourmi, en vérifiant contenant et contenu, tenants et aboutissants, je suis parvenu à une première ébauche du « who’s who ».

Cela a du être un travail titanesque, comment avez vous organisez votre travail?

En un mot comme en cent, cela représente deux mille heures de travail. Comme Aimé Jacquet en son temps, je notai tout sur un petit carnet. J’ai collecté cinq mille références et ensuite j’ai du faire un premier tri. J’y ai travaillé environ 4 heures jour, pendant dix huit mois.

Avez-vous, vous même pratiqué ce sport?

Oui et j’ai même arbitré pendant sept ans. J’ai beaucoup appris car il s’agit d’un sport collectif où l’individu a toute sa place. C’est un jeu où l’égalité des chances n’est pas une vue de l’esprit. A XIII, les règles sont claires et l’expression “l’arbitre a estimé que”, comme le disent les commentateurs du quinze, ne fait pas partie de la sémantique. A XIII, les règles ont été conçues par des pratiquants et non par des V.I.P qui n’ont jamais touché un ballon de rugby…! A bon entendeur !

Vous faites état, dans votre livre, de tous les termes employés dans ce sport, ainsi que de toutes les personnalités qui ont participé à l’essor du rugby à XIII, mais vous parlez également du rugby à 15, pourquoi?

Elémentaire dirait Watson, car ils sont intimement liés. On ne peut pas parler du temporel sans citer l’intemporel, tout est lié disait, il y a 25 siècles, Platon. Il faut savoir ce que mot veut dire pour que le lecteur puisse se faire un jugement. On compare toujours une chose à une autre. Pour expliquer, il faut connaitre les tenants et aboutissants politiques, économiques et parfois philosophiques. A son origine, le XV se nommait la « soule ». Jusqu’aux années 1870, on y jouait à dix sept. Le Rugby est né en France, en 1872, au Havre. Sachant que le XIII a été légalisé en 1906, XIII et XV sont donc des cousins germains. C’est la famille de l’ovalie et comme dans toutes les familles, il y a des chamailleries.

Miser sur les jeunes

Que pensez-vous du rugby à XIII, tel qu’on le connait aujourd’hui?

C’est le rugby du futur, un ballet incessant qui ressemble aux marées, qu’elles soient montantes ou descendantes. Quand on regarde les matches de N.R.L (National Rugby League, ndlr), on est pris par le mouvement ce qui provoque  parfois un silence quasi religieux et intense tant l’événement est magique…! En NRL le ballon parcourt parfois plus de 120 kilomètres… et même les matchs de Fédérales ont  du rythme.  Ce n’est pas pour rien que Ferrasse a joué au rugby à XIII jusqu’à 16 ans. Se faisant, à l’insu de son plein gré, il donnait un label de qualité à ce jeu qu’il disait haïr.

Quels clubs suivez- vous particulièrement?

Les Dragons Catalans qui sont notre porte-drapeau en Super-League mais aussi le Toulouse Olympique et tous les clubs tarnais. Je m’intéresse aussi au rugby à XV pour lequel je suis un supporter du Castres Olympique et je suis les Stades Toulousains et Français.


En parlant du TO XIII, que pensez-vous de leurs performances?

Il y a du mieux mais la route de la Super league est encore longue. Ce qui manque au TO, c’est un entraineur type “Jep Lacoste” des années 1970. Ils doivent travailler avec tous les établissements scolaires pour préparer le vivier de demain, leur avenir passe par là. Les jeunes de ce jour sont les dirigeants et les joueurs de demain. Le drame du XIII, c’est son exclusion des établissements scolaires pendant presqu’un demi-siècle.

En homme actif que vous êtes, avez-vous  d’autres projets d’écriture?

J’aimerai faire un Who’s Who du monument aux morts d’Anglés, mon village natal en retraçant la vie de ceux dont le nom est inscrit sur ses pans et en imaginant ce qu’ils seraient devenus s’ils n’avaient donné leur vie à la patrie. Ou pourquoi pas écrire un remake de Tristan et Iseut ou finalement… le « Who’s Who n°2 du rugby à XIII »…

Propos recueillis

par Séverine Sarrat



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