Ahamada détient la clé du succès

Il n’était pas obligé de marquer un but, pour que l’on s’aperçoive de son talent. Or, Ali Ahamada en a décidé autrement ce fameux 22 septembre 2012, lorsqu’il est venu prêter main forte à ses coéquipiers dans les arrêts de jeu face à Rennes. Depuis, il est devenu la coqueluche du Stadium, un lieu qui a vu défiler de nombreux gardiens au grand talent.

 

Son but inscrit de la tête a fait le tour du monde, il a surtout permis aux Toulousains d’arracher le point du match nul, un fait important pour le moral en vue de la suite : «Le côté imprévisible appartient toujours aux joueurs de talents, qui peuvent mettre un retourné, une frappe ou un coup franc. Il y a toujours quelque chose, c’est ça le plaisir du foot. Quand on voit le but de Ahamada dans cette situation… C’est un truc du football extraordinaire», analysait Élie Baup, actuel coach de l’Olympique de Marseille et ancien entraîneur des gardiens du TFC de 1984 à 1991. D’ailleurs, c’est bel et bien ce dernier qui a découvert un certain Fabien Barthez, lancé comme Ahamada très tôt dans le bain des professionnels.

Alain Casanova l’actuel technicien des Violets, a été un gardien de but respecté, il n’a pas hésité à donner sa chance à son jeune espoir, lui qui estime que ce rôle est prépondérant dans une équipe : «Pour que votre équipe soit équilibrée, une bonne colonne vertébrale est essentielle. Cela passe évidemment par un bon gardien, sur dans ses prises de décision. Ali a toujours montré cette envie de progresser au plus haut niveau, naturellement, je lui ai fait confiance».

 

Ahamada fait fuir la poisse

Le Comorien d’origine a découvert la Ligue 1 durant la saison 2010-2011, il y jouera un total de neuf rencontres. Le TFC à l’époque, n’avait plus envie de faire confiance à Matthieu Valverde, jugé trop peu rassurant. Il ne pouvait plus compter sur Yohan Pelé (victime d’une embolie pulmonaire), mis au repos forcé depuis ce fâcheux épisode. N’ayant pas beaucoup d’alternatives, Casanova est allé chercher Ahamada au centre de formation, comme souvent dès qu’il a des besoins. A l’orée de la saison 2011-2012, ce dernier avait recruté Rémi Riou en provenance d’Auxerre. Destiné au rôle de numéro 1, il va vite déchanter au profit d’Ahamada, bien décidé à ajouter un dixième match à son compteur. Ali ne quittera plus jamais la cage depuis. Auteur de 38 rencontres sur 38, il a réalisé une première saison encourageante, arrêtant des penalties au passage, réalisant même quelques blanchissages : «Ce qui m’a immédiatement frappé chez ce garçon, c’est cette décontraction dont il fait preuve. Il n’avait pas l’air de se poser de question et ça c’est la clé du succès pour commencer sa carrière, j’en reste persuadé. Ensuite, cela devient plus compliqué de perdurer dans le temps. Un gardien est sans cesse exposé vu qu’il est le dernier rempart. S’il fait n’importe quoi, il peut se retrouver au placard très rapidement aussi», expliquait Robin Huc, goal du TFC de 1985 à 1992.

 

Le TFC : un club idéal pour lui

Depuis le début de cette saison, il semblerait qu’Ahamada ait encore pris davantage d’envergure au sein du collectif. Ce n’est plus un débutant, il doit désormais se montrer décisif à tous les matchs. Dans un pays où les gardiens de but ont très souvent été talentueux, il a réussi à se mettre en exergue, interpellant même le sélectionneur des Espoirs : Erick Mombaerts, lui aussi ancien coach du TFC de 2001 à 2006, décidément. Chaque chose en son temps, Ali continue à bosser dur à l’entraînement et espère aider à décrocher une éventuelle qualification en Coupe d’Europe. Afin qu’il ne se repose pas sur ses lauriers, Casanova a recruté la doublure idéale : elle se nomme Olivier Blondel. Ce dernier (2008-10 et depuis 2012), est revenu à Toulouse, avec un but bien précis : aider au développement d’Ahamada en lui imposant une concurrence toute la saison. Blondel a fait l’unanimité auprès du staff toulousain (18 matchs par le passé), ses qualités professionnelles vont vraisemblablement rejaillir sur Ali, une excellente chose pour l’ancien Christophe Revault, autre gardien qui a laissé une empreinte indélébile après son passage au TFC (218 matchs entre 2000 et 2006) : «Le plus dur commence pour lui. Dans ce métier, plus on est performant, plus on est exposé. Ici, il est dans son club formateur* et il sera toujours protégé en quelque sorte. J’ai eu l’occasion de le rencontrer et même de l’échauffer pour une rencontre amicale, pendant laquelle nous avons joué chacun une mi-temps (…) Il faut qu’il serve de tous les paramètres présents au club pour grandir sereinement. Ce n’est pas partout qu’on a la chance d’être entouré par d’anciens gardiens de haut niveau. Il a encore besoin d’enchaîner les rencontres et surtout de gérer les médiatisations diverses. Une fois qu’il aura dépassé la barre des 100 matchs de Ligue 1, il ne sera plus le même, il deviendra plus armé face à d’éventuelles critiques, il aura emmagasiné suffisamment d’expérience et pourra décider d’une belle suite de carrière.»

Dès samedi, Ahamada reprendra du service à l’occasion de la réception de Valenciennes, qui menace le TFC au classement. Sur les trois matchs disputés au Stadium en 2012-2013, il a encaissé au minimum un but à chaque fois (1 contre Saint-Étienne et Reims, 2 contre Rennes), il est temps de stopper la mauvaise série.

 

par Mehdi Djebbari

 

* Ali a été formé à Martigues mais a intégré le centre de formation du TFC à 17 ans



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