A Wembley comme à la maison

Le Stade Toulousain aura finalement attendu son plus périlleux déplacement de ce début de saison, pour obtenir sa première victoire à l’extérieur. Dominés mais réalistes face à des London Saracens en pleine bourre, les Rouge-et-noir n’ont cette fois, pas raté leurs débuts en coupe d’Europe. Ils sont premiers avec quatre points d’avance sur le Connacht et sur les Saracens, qu’ils recevront plus tard…

 

Ils ont dû être nombreux les supporters au summum de leurs émotions, après la victoire du Stade Toulousain samedi dernier à Wembley (17-16). Il faut dire qu’après plus de cinq minutes d’arrêts de jeu, l’arbitre Monsieur Nigel Owens n’avait toujours pas sifflé la fin du match, et nos adversaires d’un soir continuaient à occuper le camp rouge-et-noir. Finalement, au terme d’une multitude de possessions et surtout d’un ultime drop raté par Owen Farrell, les protégés de Guy Novès réalisaient l’exploit du week-end. Une victoire retentissante à l’extérieur, contre une équipe qui était alors invaincue depuis le début de la saison. Dans la continuité du beau succès bonifié, obtenu face aux Zèbres la semaine passée, Toulouse a donc solidifié sa première place au classement de la poule 3, quatre points devant les Saracens et devant le Connacht, prochain adversaire justement. Entre temps, le Top 14 aura repris ses droits, la H-Cup ne reprenant que le 8 décembre…

 

Mc Alister blessé, Vermaak prometteur

Outre le score face aux Saracens, c’est également la manière qui a rassuré. Toujours solidaires, les Toulousains ont affiché une sérénité exemplaire, dans la continuité des récentes bonnes performances obtenues en Top14. Le troisième-ligne Louis Picamoles, l’analysait très bien après la rencontre : « Sans la poussée des copains, je n’aurais jamais inscrit cet essai. C’est notre unité qui a fait la différence », précisait-il au terme de la bataille de Wembley. Petit à petit, le projet se met en place. Les nouveaux s’habituent et les résultats comme par hasard, commencent à pencher plus souvent en la faveur des partenaires de Thierry Dusautoir, dont le retour de blessure n’est vraiment pas passé inaperçu au sein de la mêlée stadiste. Il fallait bien une mauvaise nouvelle parmi toutes ces excellentes dispositions, malgré tout. Le demi d’ouverture néo-zélandais Luke Mc Alister s’est finalement rompu le tendon du biceps. Il devrait être indisponible plus de trois mois ; une vraie tuile pour Guy Novès et son staff. Lionel Beauxis et Jean-Pascal Barraque, qui seront les prétendants à son poste, devront sacrément élever leur niveau de jeu s’ils veulent faire oublier l’irremplaçable All-black. Toulouse en tout cas, a décidé de se priver d’un joker médical. Les solutions se trouveront en interne, c’est ainsi ! L’avenir au poste de demi de mêlée reste également incertain. Jean-Marc Doussain a été superbement relayé par le Sud-africain Jano Vermaak samedi. On attendait beaucoup de cet international après son retour du Four-Nations, il n’a pas déçu, s’avérant même très précieux au fil des minutes. Avec Doussain à ses côtés, faute d’ouvreur de métier disponible sur la feuille de match, il a joué sans complexe. On demande à voir, encore et encore cependant, tout comme Doussain à l’ouverture, l’alternative impensable jusqu’à présent.

 

Maintenant Toulon à la maison

Samedi, place au Top 14 et à la réception du finaliste de l’an dernier : le Rugby Club Toulonnais, qui avait disposé des Toulousains en demies. Le Stade Ernest Wallon affiche déjà complet, et ce pour la première fois de la saison, car ce choc vaut tout son pesant d’or. A égalité de points, tout comme Montpellier, les deux clubs qui sont leaders de leur poule en H-Cup ne vont pas se faire de cadeaux. Le Stade partira rassuré dans certains domaines, notamment celui de la touche, qui a donné immense satisfaction à Wembley. Non seulement Christopher Tolofua y a inscrit un bel essai collectif, il a aussi effectué des lancers en touche révélateurs de progrès ostensibles. Lors de sa rentrée, Chiliboy Ralepelle a maintenu cette dynamique et a permis à Toulouse de repartir avec un 92 % de touches remportées sur ses lancers. Ajoutez à cela le plus petit nombre de pénalités concédées lors d’un match cette saison (8 pénalités seulement), ce sont forcément des signes qui prouvent qu’il n’est plus question de rodage. De toute manière, les Toulousains possèdent suffisamment d’atouts pour bien négocier ce mois de novembre qui arrive. Déplacement à Brive, réception d’Oyonnax et visite à Grenoble, en attendant de se recentrer sur la H-Cup début décembre, le calendrier peut laisser imaginer qu’une première victoire à l’extérieur est envisageable. Elle permettrait au club de la Ville Rose de creuser pourquoi pas, un premier écart vis-à-vis de ses rivaux les moins armés. Mais chaque chose en son temps, Toulon ne fait pas partie de ceux-là, bien au contraire.

 

Mehdi Djebbari



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