Les zones de gratuité ou les vides greniers non-payants

Ne plus dépenser le moindre centime pour s’offrir des objets. Une idée séduisante qui porte un nom : les zones de gratuité. Cette initiative solidaire a trouvé un écho dans toute la France. Et Toulouse n’y échappe pas. 

 // Par Vanessa Vertus

zones de gratuité
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Des tables remplies de vêtements, livres et objets de seconde main en tout genre. Les zones de gratuité ressemblent à s’y méprendre à des vides greniers… à une différence près : ici, rien n’est basé sur une relation marchande. Pas d’argent ni de troc. Lorsque l’on se rend dans une zone de gratuité, c’est pour récupérer des objets à qui l’on donne une seconde vie. La seule règle : qu’ils soient propres et réutilisables. Dans une société où tout a un coût, la zone de gratuité apparait comme une initiative quelque peu surprenante. “Parfois, les gens n’osent pas prendre les objets présentés sur les tables, il faut bien leur expliquer le concept“, dit Philippe Dubois, président d’Animabord. Depuis cinq ans, l’association propose diverses activités pour dynamiser le quartier de Borderouge et, parmi elles, une zone de gratuité. Une manière, selon le président, de créer du lien entre les résidents de ce quartier neuf de la ville, et avec d’autres, puisque la zone de gratuité est ouverte à tous. Nul besoin de s’inscrire, il suffit de venir sur place. Ceux qui proposent des objets doivent prendre contact avec l’association.

À Borderouge, depuis fin 2015, une zone de gratuité est mise en place, sur la place du Carré de la Maourine, tous les trois mois, durant une matinée. “Certains insistent pour nous donner une pièce ou autre chose, mais nous refusons. Une femme a même acheté au marché un panier en osier pour nous l’offrir en échange. Nous avons préféré y mettre les bijoux qui étaient sur les tables : rien n’est à vendre“, souligne Phillipe Dubois.

Proscrire les relations commerciales le temps d’une journée ? Une idée qui doit encore faire son chemin. Comme d’autres : “Une fois, un habitant a voulu nous laisser une commode, mais je l’ai prévenu que si elle ne trouvait pas preneur, il devrait repartir avec son meuble. La zone de gratuité a pour objectif de réduire les déchets“, rappelle Philippe Dubois. Car si cette initiative veut remplacer l’argent par le don, elle oeuvre aussi pour le réemploi d’objets.



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