Zaza Fournier; «Je suis vraiment une nana de mon temps»

L’allure et l’originalité de l’artiste parisienne n’a pas fini de surprendre. Entre hardiesse et timidité, entre modernité et tradition, à mi-chemin entre la chanson et la pop, le style de Zaza Fournier est hybride. Comme un symbole, l’amalgame entre I-Pod et accordéon procure à la jeune chanteuse une identité propre. Celle d’une nana effrontée, qui défie l’ère du temps, portée par la romance d’un accordéon à la fois courageux, marrant et sensuel.  

 
Zaza Fournier, il y a quelque temps, vous trainiez dans les cafés parisiens avec un accordéon en attelage. Comment expliquez-vous cette fulgurante ascension ?
Je ne l’explique pas. Je pense que j’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Je n’avais pas du tout d’ambition particulière. Je faisais ça simplement pour pouvoir payer mes études et mon loyer. C’est donc un enchaînement logique de choses et en même temps une histoire de rencontres.

Habituée à l’ambiance cabaret plus calfeutrée, avez-vous appréhendé la scène grand public ?

Au début, j’étais très angoissée. D’un côté, j’avais hâte de me confronter à ce type d’expérience, de l’autre, je me demandais si j’allais en être capable. Mais je me suis rendue compte que le plus impressionnant était de jouer devant 20 personnes. J’aime bien jouer devant un public plus restreint du fait de la proximité. Dans un Zénith, c’est tellement énorme que cette proximité ne se ressent pas, ou très peu. En même temps tout me plaît, tout m’amuse et je trouve du plaisir dans tout ce que je fais. Après, ce que je trouve intéressant dans la musique, et dans le spectacle vivant en général, c’est que l’on peut se renouveler, aussi grâce aux gens qu’on a en face parce que le spectacle évolue aussi en fonction d’eux.

Votre album “La vie à deux”s’imprègne de plusieurs styles musicaux, des années 50 à aujourd’hui. Quelles sont vos influences ?
Il y en a beaucoup. Les plus importantes sont Edith Piaf, pour les textes et pour la manière de les interpréter. Tom Waits est aussi quelqu’un de très important dans mon parcours, parce que j’ai compris que l’on pouvait être ému autrement que par des mots, mais par des sons, par des rythmes. Puis, il y a Elvis dont je suis complètement fan, pour ce qu’il dégageait sur scène avec beaucoup d’humour et de second degré. Enfin, j’admire aussi Brigitte Fontaine pour la liberté qu’elle a. Ce sont les gens qui m’inspirent, que je peux écouter sans me lasser. Mais encore une fois, j’aime vraiment la musique en général et j’écoute vraiment de tout.

«Je n’ai rien inventé de nouveau»

Derrière l’image d’une fille délurée, on sent quand même, au travers de chansons comme “Mademoiselle”, une grande sincérité. Peut-on aussi vous qualifier de chanteuse réaliste ?

Je le prends de toute façon comme un compliment. Mais la chanson réaliste appartient à une époque définie. C’est vrai que j’en ai beaucoup écoutée. Ce qui me plaît dans ce qualificatif c’est que la chanson réaliste ne cherchait pas à faire du beau, elle mettait en avant ce qu’il y avait de singulier chez les êtres. Elle parlait d’amour, mais pas de l’amour niais. Elle traitait de ce qu’il y avait de bizarre chez les gens, d’un peu louche, d’un peu moche. Par contre, je suis vraiment une nana de mon temps et en tous les cas, je n’aurais pas aimé vivre à cette époque-là.

Compte tenu de votre mélange des genres, symbolisé par l’alliance d’un Ipod et d’un accordéon, vous considérez-vous comme une artiste avant-garde ?

Qui ? Moi ? (Rires). Non, pas du tout. Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir inventé quelque chose. Je me destinais à être comédienne et vraiment j’ai été étonnée qu’on me choisisse pour ma musique. Je n’ai pas pris de cours de chant, ni d’accordéon. Alors être avant-gardiste ou pas, ce n’est vraiment pas quelque chose que je peux ressentir. J’ai vraiment l’impression que mon disque est le fruit des influences que j’ai pu avoir. Une symbiose d’éléments qui amène à une création.

Au regard de plein de jeunes artistes, la chanson française semble avoir bénéficié d’un second souffle. Quel est votre sentiment ?

Bizarrement j’ai l’impression, alors qu’aujourd’hui il est compliqué de faire de la musique, que les gens empruntent moins de chemins classiques. Du coup, nous sommes nombreux à exister, chacun à notre manière. Il y a de nouveaux moyens pour se faire entendre, pour après se constituer un public au travers duquel on existe. Mais je ne sais pas si on peut parler de second souffle, car j’ai l’impression que la chanson ne s’est jamais arrêtée.

Qu’attendez-vous du public toulousain ?

J’ai un attachement très personnel à cette ville. Je suis ravie de venir jouer à Toulouse. Ce sera la première fois, mais je suis très sereine, je sais que ça se passera bien.

Propos recueillis par Matthieu Amaré


Zaza Fournier
En concert le 25 mars à 20h
Au Bikini


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