Yvon Victor ; «Cette comédie n’est pas commune»

La pièce de théâtre, “Cravate club”, de Fabrice Roger Lacan à Toulouse ! Cette année, le Théâtre de la Violette laisse les acteurs, Yvon Victor et Grégory Felzines, interpréter sur ses planches le rôle de Gérard et Adrien. Ces derniers sont dirigés par la metteur en scène Isabelle Ramade. Déjà jouée plus de trente fois sur la Ville Rose, cette histoire d’amitié entre deux hommes, ternie par la jalousie, connaît un succès grandissant. Une aventure qui a débuté grâce à Yvon Victor qui a souhaité donner vie à ce spectacle. Interview.

 
Yvon Victor, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours artistique ?
Cela fait très longtemps que j’ai commencé le théâtre. C’était dans les années… En fait, c’était le siècle dernier ! J’ai suivi des cours à Paris en 1986 durant trois ans. En 1989 – 1990, je me suis produit au Palais Royal. J’ai ensuite joué au théâtre de la Porte Saint-Martin et à Feydeau. J’ai continué en enchaînant pas mal de spectacles. Les pièces que je présentais sont de tous genres : comédies, tragédies… En fin de compte, mon parcours est très éclectique.
 
Pour quelles raisons avez-vous voulu jouer dans “Cravate Club” ?
À dire vrai, je cherchais une pièce composée de deux personnages, pour que cela soit plus facile à monter, mais aussi à tourner. Et un soir, je suis allé dîner chez des amis à Perpignan. Ces derniers ont un théâtre et m’ont donc parlé de cette pièce. Je l’ai trouvé pas mal et humoristique. Cette comédie n’est pas commune et son histoire est très belle et intéressante. J’ai donc décidé de monter cette pièce. Mais vu que je ne voulais plus faire à la fois la mise en scène et l’acteur, j’ai demandé à Isabelle Ramade de m’épauler. Enfin, je suis allé chercher Grégory Felzines pour qu’il interprète Adrien.
 
Combien de temps avez-vous mis pour préparer cette pièce ?
Nous l’avons montée en octobre 2010. En tout, on a mis moins d’un mois pour tout mettre en place. Malheureusement, Isabelle Ramade était très fatiguée et malade, de ce fait, elle n’a pas pu être présente tout le temps. Il a fallu qu’on se débrouille par nous-mêmes à certains moments. Malgré cela, Isabelle a mis sa graine. Elle a amené une part artistique très intéressante à ce spectacle. En outre, elle a transformé les 3 actes originels de cette pièce en 5 scènes. Cela donne un effet intéressant au niveau du rythme et donne la patate au spectacle ! 

 

«Une sorte de dépucelage !»
 
Bernard a-t-il été un personnage compliqué à interpréter ? Vous retrouvez-vous en lui ?
Non, pas tellement. J’essaie d’être le plus proche possible de ce qu’il est. L’exclusivité et la jalousie de Bernard vont, à un moment donné, vraiment très loin. Il transgresse un petit peu les règles. Dans ma vie personnelle, bien que parfois je ressente un peu de, je ne donne pas prise, je me contrôle. Bernard, quant à lui, se laisse complètement emporter. Mais dans cette histoire que “Cravate Club” propose, beaucoup de spectateurs s’identifient. Même si, à un certain moment, c’est un peu effrayant, on a tendance à se dire : «Tiens, c’est vrai, les gens réagissent comme ça quand ils ont des rapports d’amitié». C’est quelque chose d’intéressant à observer. Du coup, cette pièce marche bien pour le moment.
 
A-t-elle été difficile à jouer ?
Avant de commencer “Cravate Club”, cela faisait un moment, bien 7-8 ans, que l’on ne m’avait pas dirigé. Pour cette raison, je me suis, au début, braqué sur la mise en scène. Je butais sur le texte, ce qui me posait des problèmes au niveau du rythme. Plus ça allait, plus je me remettais en question et plus je perdais confiance. Isabelle m’a permis de gagner en sérénité, elle me disait : «tu peux te reposer sur mes épaules si tu as des angoisses». Cela a été un peu comme un dépucelage (rires) ! Mais à partir du moment où j’ai remarqué que la pièce était bien reçue par les spectateurs, j’ai repris de l’assurance et c’est reparti ! J’ai réellement beaucoup de plaisir à jouer cette pièce. Je prends mon pied à chaque fois que je monte sur scène ! Mais c’est le rapport au temps qui est assez impressionnant. “Cravate Club” dure 1h20, mais l’espace-temps est d’un quart d’heure ! On se dit, avant de rentrer sur scène, que 1h20, voire 2h pour d’autres spectacles, c’est long. Mais une fois sur les planches, on est avec le public, il y a un super échange et c’est génial.
 
Quelle suite pour “Cravate Club” ?
On va sûrement être programmé l’an prochain au théâtre du Fil à Plomb à partir de janvier 2012, et ce, pendant un mois. Cependant, je ne peux pas dire jusqu’à quand on jouera ce spectacle. Peut-être deux ans ou trois ans, si on nous laisse les droits. L’an prochain j’aimerais jouer à Avignon. On a déjà été à Toulouse, Perpignan, Cahors… On s’est également produit dans de petits villages à droite et à gauche. Il y aura également des représentations à Montauban.
 
Quels sont vos projets futurs ?
J’ai soutenu un certain nombre de projets ces dernières années comme celui du Théâtre de la Violette ou les deux créations que j’ai conçues. Bien avant que l’on finisse notre tournée, je pense monter d’autres pièces. En ce moment, j’écris un long métrage. Je pense également mettre en place un spectacle pour enfants. J’ai aussi des copains qui m’ont proposé de jouer dans une comédie. J’ai d’ailleurs envie de dire aux gens : «employez-moi !».
 

Propos recueillis par Céline Galbrun

 

Du 31 mars au 2 avril à 19h
Théâtre de la Violette
67 Chemin Pujibet 31200 Toulouse
Réservations : 05.61.73.18.51
www.theatredelaviolette.com


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