Yuri Buenaventura; « Dans l’amour et la foi »

Toujours souriant et plein d’énergie, Yuri Buenaventura revient en France pour une grande tournée et un nouvel album, “Cita con la luz”. Depuis presque vingt ans, ce Colombien est l’artisan du renouveau de la salsa dans le monde et le promoteur de la culture latino-américaine. Alors qu’il fut le premier artiste à se produire au Havana Café, Yuri Buenaventura installera à nouveau ses percussions le 10 mars dans la salle de Ramonville.

 
Yuri, vous êtes de retour en France, un pays qui vous rappelle de nombreux souvenirs…
Je suis très heureux d’être ici car ce pays représente beaucoup pour moi. Je suis venu étudier l’économie à Paris et j’ai commencé à faire de la musique dans le métro, comme de nombreux étudiants qui essayaient de gagner leur vie. Mais la musique a pris une place très importante dans ma vie, à tel point que je suis devenu plus artiste qu’économiste ! Et heureusement pour moi !

C’est également avec la reprise de la chanson de Brel “Ne me quitte pas”, que le public vous a découvert ?
C’est cette chanson qui a été déterminante pour moi en France. J’aime l’œuvre de Brel, je la trouve très honnête et vraie. Tous les sentiments réels sont compatibles avec la musique latino-américaine, donc je l’ai adaptée. Elle me touchait profondément.

Et vous êtes le premier artiste de salsa à avoir obtenu un disque d’or en France…
Un petit peu d’or pour un grand bonheur ! C’est une belle marque de reconnaissance.

 


Rendez-vous avec la lumière

Vous sortez dans les prochains jours un nouvel album “Cita con la luz”. Parlez-nous de ce disque…
Il signifie “Rendez-vous avec la lumière”. J’aime beaucoup cet album, il a de très bonnes vibrations et représente un changement dans ma musique. Les textes et les sons sont très profonds. Il a une très belle énergie. En même temps, il est assez diversifié même si la salsa domine. Je signe aussi un duo hip-hop avec mon ami congolais Bajoli. Pour ce disque, je me suis entouré des meilleurs musiciens d’Amérique Latine. Ce sont tous des amis cubains et colombiens : Horacio “El Negro” Hernandez, Changuito, Enrique Purizaga. Ils ont beaucoup apporté sur le plan de l’émotion. Ils ont compris ce que je voulais exprimer et m’ont aidé à tout traduire en musique.

En quoi cet album représente-t-il un tournant dans votre carrière ?
Je sens que je change. Quand j’ai fait “Ne me quitte pas” j’avais 25 ans. Aujourd’hui j’en ai 42 ! Je vieillis mais je ne sais pas si on peut parler de maturité ou d’évolution. Ma musique est simplement le reflet de ce que je vis.

Vous vous inspirez donc de vos expériences quotidiennes pour écrire et composer vos chansons ?

J’ai vécu une période très difficile ces dernières années marquées par de la solitude. Je ne sais pas si c’est lié à la quarantaine ou à des histoires d’amour qui n’ont pas marché. J’ai changé de mode de vie et ressenti un grand virage dans ma vie. C’est pour cela que j’ai appelé l’album “Rendez-vous avec la lumière” car il représente un nouveau départ. Je vais tourner la page pour retrouver la paix intérieure.

 

Un ouvrier de la culture

Vous considérez-vous comme un ambassadeur de la musique latino-américaine ?
Non. Je suis simplement un ouvrier de la culture et j’essaie de transmettre un message, sans partialité aucune. Quand on parle d’ambassadeur, il y a toujours des connotations de démarche intéressée. Moi, je fais de la musique avec amour et avec plaisir.

Quand on parle de salsa, on pense inévitablement à la danse et à la fête. Chantez-vous pour permettre au public d’oublier les problèmes de la vie quotidienne ?
En Amérique Latine, on danse tout en parlant des problèmes. Donc, je voudrais apporter cette faculté d’évoquer ses malheurs sans perdre la joie de vivre. Je vis à Buenaventura, une île sur laquelle je suis né et dont j’ai pris le nom pour penser tous les jours à mes racines. C’est important de garder en tête ce qui nous touche afin de conserver l’espoir. Il faut croire à un monde meilleur, à un humanisme universel, surtout en ces temps difficiles.

Vous êtes le premier artiste à avoir foulé les planches du Havana Café en 2000. Vous en êtes un peu le parrain. Que ressentez-vous à l’idée de retourner à Toulouse ?
C’est incroyable d’être le premier artiste du Havana Café, c’est rigolo ! J’aime profondément cette salle et les gens qui y travaillent. Ils sont comme ma famille. J’espère que les Toulousains se rendront à mon concert mais il faut venir en couple pour danser et s’aimer.

Où trouvez-vous toute cette énergie sur scène ?
Je la trouve dans l’amour et la foi, croire que tout est possible !

Propos recueillis par Sophie Orus


Yuri Buenaventura en concert
Mardi 10 mars à 20h30
Au Havana Café


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