Vos enfants en danger !

Noël est l’époque des cadeaux et c’est souvent le moment que choisissent tous les gens bien intentionnés pour offrir un téléphone portable. Attention à ce que le rêve ne devienne pas cauchemar surtout pour les enfants…

 
Champs électromagnétiques : danger !

Les risques de cancer du cerveau seraient deux fois plus élevés chez les personnes ayant utilisé un mobile au moins une heure par jour sur dix ans, selon des travaux de Lennart Hardel et Kjell Hanson Mild, publiés dans la revue Occupational Environmental Medecine. Pour les deux chercheurs suédois, les normes internationales censées protéger les utilisateurs contre les radiations seraient insuffisantes.

Qu’est-ce qu’un champ électromagnétique (CEM)?

C’est le couplage d’un champ électrique et magnétique. Le champ magnétique n’apparaît que lorsque le courant circule : plus l’intensité du courant est élevée, plus le champ magnétique est important. Les CEM se décomposent ainsi :
- Les champs de basse fréquence (entre 1 Hz et 10 KHz), et d’extrêmement basse fréquence (1 Hz à 300 Hz), appelés ELF (Extremely Low Frequency). Les plus utilisés sont ceux ayant une fréquence de 50-60 Hz, soit la fréquence de l’électricité domestique que nous utilisons en permanence. Les sources d’exposition principales sont nombreuses : lignes électriques, transformateurs, câbles souterrains, voies ferrées, éclairages publics, installations électriques domestiques, appareils ménagers, photocopieuses, ordinateurs…
- Les champs de radiofréquence (RF, fréquence comprise entre 1O KHz et 300 GHz) et qui incluent les champs d’hyperfréquence (entre 300 MHz et 300 GHz) dont une partie appartient aux micro-ondes. Ils ont pour principale origine les anten-nes de radio et téléphone, de radar, de téléphonie mobile, mais aussi les fours à micro-ondes.

Les lignes à haute tension

Elles relèvent des ELF. En juin 2005, la plus vaste étude statistique sur le risque de leucémie chez l’enfant, associé à la proximité des lignes H.T., établit nettement une corrélation entre distance des logements et fréquence des cas de leucémie. Ainsi, les enfants vivant à une distance entre 200 et 600 m d’une ligne H.T. auraient 23 % de risques supplémentaires d’être atteints de ce cancer. A moins de 200 m, ce taux s’élèverait à 70 %. Selon les experts, la fréquence des leucémies double pour une exposition régulière supérieure à 0,4 µT (microTesla). Ceci peut s’avérer valable pour des personnes exposées fortement et régulièrement à ces champs ELF (conducteurs de trains, personnes travaillant près d’appareils électriques puissants, couturières…) Les cas de leucémies imputables aux rayonnements ELF se chiffreraient entre 200 et 2 000 par an dans le monde (pour 11 millions de cas de nouveaux cancers). Par ailleurs des étude mettent en évidence des pathologies cardio-vasculaires irréversibles, des troubles neurologiques, dépressions et suicides, avortements spontanés, ruptures d’anévrisme… et un risque accru de cancer du sein chez des femmes non ménopausées. A noter que certains vétérinaires se sont penchés, et ce dès le début des années 70, sur les effets des lignes H.T. sur le bétail (maladies diverses, taux élevés de mortalité, baisse de la fertilité et de la production de lait…).

Téléphonie mobile : danger !

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), qui recommande d’utiliser le mobile “avec discernement”, a financé une étude sur l’impact des radiofréquences à Besançon et à Lyon. Les trois millions de mesures récoltées montrent que la grande majorité des expositions est due au téléphone portable, au sans-fil domestique (DECT) et aux micro-ondes. Coordinateur de l’étude, l’épidémiologiste Jean-François Viel note qu’il s’agit de résultats préliminaires, à affiner, notamment en ce qui concerne le Wi-Fi, «qui émet dans la même gamme de fréquences que le four micro-ondes». Par ailleurs, une analyse portant sur dix-huit études conclut qu’au-delà de dix ans d’utilisation d’un cellulaire, le ris-que de développer une tumeur cérébrale maligne – le gliome – du côté où l’appareil est porté à l’oreille serait multiplié par deux. Cette affection touche chaque année environ 6 personnes sur 100 000. Pour les atteintes du nerf acoustique – le neurome –, le risque serait deux fois et demi plus élevé, dans ces mêmes conditions. Enfin une dernière étude fait apparaître une baisse des NK (Natural Killers), lignée de défense naturelle anti-cancéreuse, à méditer…

 

Les antennes-relais

Les niveaux d’exposition maximum autorisés en France (comme d’habitude…) sont nettement supérieurs à ceux des autres pays. D’autre part, les niveaux moyens varient considérablement d’un endroit ou d’une ville à une autre. A Paris, par exemple, les accords entre municipalité et opérateurs prévoient des seuils d’exposition beaucoup plus faibles que la réglementation nationale, posant de fait un problème d’égalité des citoyens devant les risques et devant la loi. L’association des maires des Grandes Villes de France (AMGVF) a souhaité que des expérimentations de diminution des champs d’exposition soient lancées. La ville de Grenoble s’est portée candidate.

Le choix du téléphone

Tout téléphone portable possède un DAS ou indice de Débit d’Absorption Spécifique. Il mesure le niveau de radiofréquences émis par le portable vers l’usager lorsqu’il fonctionne à pleine puissance, dans les pires conditions d’utilisation. Depuis la parution du décret du 8 octobre 2003, les mobiles destinés à être utilisés en France doivent présenter un indice DAS inférieur à 2 W/Kg au niveau du tronc et de la tête. Selon les experts indépendants, le seuil de risque devrait être ramené à 1, voire 0,5 W/Kg.  

Minimiser le risque

L’AFSSET préconise les bonnes pratiques : Eviter les conversations longues et inutiles, surtout quand la réception est mauvaise. Changer d’oreille régulièrement. Eloigner l’appareil le plus possible de l’oreille, surtout en début d’appel où la puissance est la plus forte. Eviter de téléphoner en se déplaçant (train, voiture ou bus qui en plus font cage de Faraday), car à chaque fois que l’on change d’émetteur, la puissance d’émission du téléphone est à son maximum. Entre son niveau mini et maxi, celle-ci peut être multipliée par 1 000. Attention également aux zones de mauvaise réception qui, comme dans le cas des déplacements, font augmenter la puissance de l’appareil. Privilégier l’utilisation du kit piéton (oreillette). Acheter de préférence un téléphone dont le DAS est le plus bas possible et dont la mention est désormais obligatoire sur les fiches de vente. Ne jamais téléphoner au volant, d’abord parce que c’est interdit, et surtout parce que c’est encore le risque le plus prouvé et le plus direct : augmentation de 1,5 à 4 fois (selon les études) du risque d’accident. Ne pas acheter de téléphone aux enfants de moins de 12 ans a priori les plus fragiles.
Ce dossier pourrait fort ressembler dans quelques années à celui de l’amiante. Si le “Grenelle des ondes” en mai 2009, n’a pas tenu toutes ses promesses, il n’en demeure pas moins que les ministres Roselyne Bachelot (Santé), Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie) ont reconnu que s’il y avait “des incertitudes” concernant les antennes-relais, il n’en était pas de même sur les portables suspectés d’être dangereux notamment pour les plus jeunes. Malgré le black-out des autorités, il est deux signes qui ne trompent pas : les tribunaux en février puis mai 2009 ont condamné Bouygues puis Orange à démonter des antennes et surtout les assureurs comme la LLoyds, la Swiss de Ré, Allianz et maintenant Axa qui refusent de couvrir les opérateurs mobiles contre les ris-ques sanitaires…

Elodie Gallego


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