Violences urbaines ; La police dans un guet-apens

Des policiers ont essuyé des coups de feu et des jets de pierre la semaine dernière à Bagatelle et Reynerie. Un incident grave qui démontre une nouvelle fois que l’insécurité gagne du terrain dans ces quartiers chauds, devenus des zones de non-droit pour les forces de l’ordre.

 
Les cités toulousaines seraient-elles à l’image des quartiers du Bronx à New York ? C’est en tous cas ce que laissent entendre les policiers pour lesquels Toulouse n’a plus rien d’une ville Rose. Le syndicat Alliance, par la voix de son secrétaire zonal adjoint Gilles Rouzies, parle d’un «phénomène d’américanisation de la délinquance» et d’«appels au meurtre de policiers». Cette déclaration intervient après l’agression d’agents dans le cadre d’une intervention à Bagatelle et Reynerie la semaine dernière. Alertée par des habitants du Mirail qui ont entendu des coups de feu, une patrouille de la Brigade Anti Criminalité se rend sur les lieux vers 23h30. Ils croisent alors sur la route des individus cagoulés qui n’hésitent pas à ouvrir le feu sur les forces de l’ordre. Après une course-poursuite, les policiers sont victimes d’un caillassage en règle de la part d’une cinquantaine de personnes. L’un d’entre eux a été blessé.
Cet événement fait écho aux incidents récents survenus à Grenoble et aux discours du gouvernement face à la montée de l’insécurité. A Toulouse, les réactions ne se sont pas fait attendre, du côté des policiers tout d’abord. Le syndicat Unité-police SGP-FO parle d’un «véritable guet-apens» et poursuit : «Ces faits ne sont malheureusement pas rares à Toulouse mais se produisent une fois par semaine en général, suite à une interpellation quelconque.» Le secrétaire général du syndicat, Nicolas Comte, explique : «Un scenario, toujours le même, se met en place. Des feux de poubelles dans une impasse pour amener les fonctionnaires dans un piège.»

 

Le maire doit prendre ses responsabilités

Du côté des élus, la levée de boucliers vise essentiellement les auteurs des faits mais également la majorité en place à la mairie de Toulouse. Pour le président du groupe UMP au conseil municipal Jean-Luc Moudenc, «l’insécurité est une réalité du terrain et de la vie quotidienne des gens.» Pour la députée et conseillère régionale Brigitte Barèges, «les maires ne doivent pas s’exonérer de leurs responsabilités.» Elle «regrette» qu’à Toulouse «le maire débatte encore du bien fondé de la vidéo-protection, qu’il n’ait pas augmenté les effectifs de la police municipale et supprimé les rondes de nuit.»
Le procureur de la République Michel Valet a quant à lui indiqué que tous les moyens étaient mis en œuvre pour retrouver les auteurs des faits. Une enquête pour tentative d’homicides sur des policiers a été ouverte et confiée au SRPJ de Toulouse, et trois suspects ont été interpellés. Parmi eux, un jeune de 20 ans, soupçonné d’être le conducteur de la voiture, a été mis en examen pour tentative d’homicide volontaire la semaine dernière mais d’autres interpellations restent possibles.
La préfecture de Haute-Garonne a de son côté renforcé la présence policière la nuit dans les quartiers du Mirail mais réfute l’idée d’une interdiction des courses-poursuite. Pourtant, Nicolas Comte du SGP-FO a déclaré qu’une «consigne de la direction de la police de Toulouse invite les agents à ne pas engager de course-poursuite.» En attendant, la vie a repris sons cours dans les cités toulousaines où ce genre de «spectacle» dramatique est devenu un lot quasi-quotidien pour les habitants.

Sophie Orus


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