Viejo Flamenco

On ne doit pas dire de Viejo qu’il est un chanteur Flamenco, mais plutôt que Viejo est flamenco ! Il est, en effet, à lui seul, à sa manière toute personnelle, le Flamenco, cette magnifique expression… Dans le regard de Viejo, ce regard creusé, noir, qui peut, au premier abord indisposer tant il est pénétrant, dans sa façon d’être, de penser, de respirer, d’agir, de réagir, d’être généreux, Viejo est le Flamenco ! Ce passionné, littéralement et totalement absorbé par cette musique, sa musique, incarne vraiment et authentiquement l’indépendance musicale, la rébellion, le ressenti à fleur de peau : Tout ce que le Flamenco peut nous apprendre et nous apporter ! Le vrai, le pur flamenco ! Soliste en chant, faisant corps avec sa guitare, en totale osmose avec sa musique, compositeur, imprégné de culture, il répond aux questions, entouré de ses chats, avec ses oiseaux, au milieu de ses fleurs et de ses plantes. A bâtons rompus…
 


Viejo, votre vie, c’est la musique ?

Oui ! Les notes me transportent, me guident et m’amènent là où elles veulent ! Quand je commence avec elles, je ne sais pas où elles vont me faire atterrir…En me conduisant, elles sont plus fortes que moi…

Elle vous libère ?
Tout ce que je sais, c’est que grâce à elle, pendant un moment, je ne me prends plus la tête… C’est pour cela que je fais de la musique depuis toujours !… Le monde est si dur, si laid à certains moments… La musique, c’est pour moi l’évasion totale, c’est elle qui m’a construit, elle me donne l’énergie, elle me donne “la pêche”

Culture française ou culture espagnole ?
Les deux, bien sûr, mais tout de même plus la seconde… Je suis né avec, je suis né           dedans, mon grand-père était peintre, mon père a été apprenti toréro… L’histoire du flamenco m’a habité dès mon enfance, avec sa force et toute sa vérité !

Le flamenco est souvent la musique de la rébellion, l’expression de la souffrance ?
Moi, je m’isole dans la souffrance et dans la tristesse… Mais je me retrouve grâce à cela…

C’est votre ressenti ?

Totalement… C’est ma passion la plus grande, c’est mon histoire présente, c’était mon passé, ce sera mon futur…

Donnez deux ou trois principes, des préceptes qui vous guident et que vous appliquez dans votre vie ?

Faites l’amour et pas la guerre (Peace and love) ; on ne traverse pas deux fois le même fleuve de suite, car c’est pour partir de là où l’on est et ne pas y revenir ; il faut saisir l’occasion quand elle se présente car c’est le destin qui décide ! Moi je laisse le destin présider, agir, car il saura toujours faire !

Ce qui vous révolte ?
Je suis contre la guerre, l’avarice, la jalousie, la méchanceté de l’homme pour l’homme…

Qu’aimez-vous ?
La nature, je suis à fond pour elle ; les animaux. J’aime les échanges et je donne tout ce que j’ai…

Et aussi ce que vous êtes ?
Oui ! Et faire de la musique, c’est donner…

L’amitié ?

C’est la sincérité !

L’amour, que vous chantez souvent ?
Il peut avoir différentes formes. L’amitié, c’est aussi l’amour, quand elle est sincère et confiante…

Vous êtes pour le jour ou pour la nuit ?
Je vis les deux, mais je préfère la nuit, la longue nuit, la pure nuit, où tous les masques tombent, je me sens alors plus libéré, plus libre, cela m’inspire plus…

 


Mer, campagne, montagne ?

J’aime la mer, j’aime l’eau, j’aime la douche pour son contact avec le corps…

Vous aimez les fleurs, si vous en étiez une, ce serait laquelle ?
La rose, sans hésitation ! Car la rose, c’est la fleur que l’on offre habituellement pour faire plaisir.

Les hommes politiques ?
Je ne suis pas politique, car au final, tous les hommes politiques se ressemblent. Il devrait exister un ministère du cœur.

Que représente pour vous le terme de beauté ?
Elle peut être extérieure, elle peut être intérieure. On peut rencontrer la beauté partout ! On doit rencontrer la beauté partout : dans un chant, dans un geste, dans un acte, dans un regard…

Votre principale qualité ?

Je suis ouvert… Aux gens, aux choses. Je ne suis pas figé, je suis curieux. La différence enrichit. La connaissance de l’autre, de choses inconnues, apporte toujours un plus. J’aime aider, apporter la solution aux problèmes de l’autre.

Votre défaut majeur ?
Têtu, obstiné, sauvage. Je passe souvent à côté de choses intéressantes et importantes pour moi à cause de cela !

Qu’appréciez-vous le plus chez les autres ?
L’honnêteté, la sincérité. Je hais l’hypocrisie et le mensonge. Et j’avoue aimer qu’on m’apprécie et qu’on m’aime.

Le bonheur, c’est quoi pour vous ?
C’est sentir tous ceux que j’approche heureux. Je partage (un peu) mes bonheurs. Mais je possède mon petit jardin secret. Pour moi tout seul !

Vous rentrez de Tunisie, où vous vous êtes produit à Nabeul, la capitale du Cap Bon, au Grand Centre International de Néapolis, avec la troupe de Cristo Moreno. Vous y avez remporté un grand succès ?

C’est un merveilleux souvenir et je suis encore ému. Je remercie Cristo Moreno de m’avoir associé à ce spectacle : la scène était immense, le public merveilleux. Cristo Moreno avait organisé le spectacle de main de maître. L’accueil fut excellent, les Tunisiens sont chaleureux. Et le soleil était au rendez-vous. Nous avons pu expliquer le Flamenco aux participants du voyage, car c’était le thème retenu. Je suis prêt à repartir en Tunisie si Cristo Moreno le décide à nouveau. Il y avait une très bonne ambiance dans le groupe.

Viejo Flamenco est désormais complètement détendu. Il se libère et se confie en me raccompagnant. Il aime la bonne chère, et de temps en temps le bon vin, entre amis et «pour fêter un événement». Son signe astral est le sagittaire (il croit à l’astrologie), sa couleur préférée est le noir. Les attentats du 11 septembre l’ont beaucoup marqué. Il participe dans sa région à de nombreux spectacles. Il aime beaucoup sa famille avec laquelle il fait des “bœufs” («on s’éclate tous ensemble dans une grande solidarité»). Son désir le plus fort est d’enregistrer son propre disque avec sa propre musique.

Prochainement, votre disque ?

Je suis prêt. Totalement, musique, arrangements etc… Et le studio Polygone, qui est le meilleur studio pour moi, me paraît tout indiqué pour cette belle aventure. J’en ai d’ailleurs parlé avec Bernard Keller, le maire de Blagnac, qui a assisté au spectacle en Tunisie et qui a voyagé avec nous…

A la dérobée, j’observe Viejo. Il chantonne : du Flamenco, sans doute les morceaux de son futur disque. Il donne encore sa musique, et il est heureux parce qu’il a pu en parler. Son regard est clair, limpide, sans ombre d’inquiétude. La poignée de main est chaleureuse, amicale. Viejo me paraît plus serein…

Tony Cassarino


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