Vidéosurveillance ; Plus ou moins de caméras ?

Toulouse a été le théâtre d’une violence urbaine accrue en ce début 2010. Des faits en constante augmentation (+16 %) depuis 2008. En effet, selon les statistiques de la police, rien qu’au premier trimestre 2010, près de 4 000 méfaits ont été observés chaque mois, avec pour exemple, 109 vols avec violence sur l’hypercentre comptabilisés sur le seul mois de février 2010, contre 60 à la même période en 2009.

 
Face à cette explosion et au ras-le-bol des Toulousains, l’équipe municipale a entamé un débat autour de la “vidéosurveillance”. Le 24 juin dernier, une mission composée de seize élus de toutes tendances, a auditionné sur ce sujet sensible divers experts européens : sociologues, universitaires, représentants de la sécurité urbaine, associations des droits de l’homme, ont exposé leurs expériences par rapport à ce dispositif en abordant leurs différents aspects (juridiques, éthiques, fonctionnels, financiers, technologiques…). De cette journée, doit d’abord sortir un rapport de synthèse qui sera vraisemblablement présenté au Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance présidé par le Maire Pierre Cohen en septembre.
S’ensuivra «une phase de dialogue avec les citoyens» précise la mairie, qui «s’achèvera par un débat au cours d’une séance du Conseil municipal en octobre.»

 

Gauche et droite divisées

Gauche et droite sont divisées sur la question de la vidéosurveillance, ne serait-ce qu’au niveau terminologique, l’opposition préférant elle, parler dans ce cas de “vidéoprotection”. Pierre Cohen s’est déclaré sceptique quant à l’efficacité de ce dispositif de lutte contre les violences urbaines. En 2008, Jean-Pierre Havrin, depuis adjoint au maire à la prévention et à la sécurité estimait qu’il fallait «considérer les caméras comme des instruments plus utilisés pour combattre un sentiment d’insécurité que l’insécurité réelle».
L’ancien maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, à l’origine de l’installation des caméras à titre expérimental en 2007, est au contraire favorable à leur extension «à l’ensemble de la ville, en sélectionnant les endroits où leur implantation est la plus nécessaire» ajoutant «l’audit de la police municipale, commandité par la municipalité en 2009, a recensé pas moins de 1 200 interventions de la police municipale, effectuées en 2008 à partir de la vidéosurveillance (…) Si la vidéoprotection n’est pas une baguette magique apte à solutionner toutes les questions de sécurité, et que son développement ne saurait s’opérer pour remplacer la présence humaine, indispensable, des policiers, elle constitue un outil efficace de nature à contribuer à la lutte contre la délinquance.»
A Blagnac, (plus de 21 000 habitants) la ville doit se doter d’une vingtaine de caméras qui seront placées aux entrées de la ville et sur le trajet du tram afin de prévenir les incivilités.
A Toulouse (un peu plus de 440 000 habitants), 24 caméras sont actuellement disposées dans l’hypercentre.



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