Vers un New Deal “ à la française ”

Alors que les disparitions marquent un peu plus fort l’actualité que d’habitude – Georges Charpak, physicien populaire et Prix Nobel qui affirmait «Vous ne savez pas le plaisir que représente le fait de rendre obsolètes ses propres découvertes» ; Tony Curtis, son fameux “Amicalement vôtre” et sa liaison avec Marylin Monroe, désormais comme le titrait “Libé” «Éternellement vôtre» ; que “la Dame de fer” brésilienne s’apprête à succéder à Lula sans avoir obtenu auparavant de mandat électoral, profitant de la mise à l’écart des dauphins présomptifs – Dilma Roussef “guerrillera” devenue gestionnaire et bientôt présidente – ; alors qu’à un mois et demi d’élections de mi-mandat délicates, les partisans de Barack Obama se rassemblent dans la capitale américaine, nombre de militants démocrates étant des déçus du Président mais beaucoup d’autres estimant «qu’il faut lui donner une chance» ; alors que les responsables militaires estiment que les États-Unis sont à la merci d’un “Pearl Harbor” numéri-que (attaque paralysant l’ensemble des réseaux du pays dans une “cyberwar”) (cyber-guerre) atteignant de plein fouet les “scadas” (réseaux d’ordinateurs chargés du contrôle des installations industrielles), opération déjà me-née contre l’Iran récemment et attribuée selon certains à Israël (la guerre changerait ainsi de nature) ; alors que la révolution des “villes lentes” gagne la France afin de s’opposer au «courant dominant de l’urgence» et tenter d’instituer avec le réseau international Cittadow «une contre-culture qui s’oppose au courant dominant du fast living de l’urgence», ce n’est pas cette «révolution douce» qui s’installe en France mais plutôt un climat politique et social fait de tensions et de paris, de déclarations et d’ouvrages, de débats parlementaires de la démocratie délibérative à la démocratie revendicative, d’une rue qui continue à battre le pavé sur l’air de la contestation gouvernementale des retraites (alors que le projet de loi est sous le feu des amendements sénatoriaux).

 
Quel est en ce début octobre l’État de la France ? L’été très sécuritaire, le désormais fameux discours de Grenoble liant insécurité et immigration, la stigmatisation, notamment papale, onusiennne et européenne de la politique menée à l’encontre des Roms ont continué à détériorer la cote de popularité du Président de la République (au plus bas depuis juin 2007, au lendemain de son élection) : Cote de confiance de 26 % ; cote de défiance de 72 % (même s’il regagne 4 points parmi les sympathisants du FN). Selon le politologue Roland Cayrol «Nicolas Sarkozy est en train de rejouer la stratégie de 2007 : l’idée est de rechercher l’électorat du FN qu’il avait su capter et dont une partie a fait le chemin inverse lors des élections régionales. En se disant que les gens de droite modérée n’auront de toute façon pas le choix au second tour qui est un vote relatif» ; pour le Directeur du CEVIPOF, Pascal Perrineau «l’équation n’est pas nouvelle, il y a toujours eu deux droites : l’une plus autoritaire, l’autre plus libérale. Tout leader de droite qui prétend à la majorité absolue doit faire avec ce pluralisme très ancien». Après avoir parlé à la droite de la droite (contentement des élus du Sud-Est) il faut au Président parler au centre-droit (et aux élus de l’Ouest). D’un socle électoral partial (comme celui de 2005 pour 2007) Sarkozy doit avoir un discours plus polyvalent, plus ouvert aux autres sensibilités. Mais les mêmes causes peuvent-elles avoir les mêmes effets ? La contestation des syndicats dans la rue – même de moindre ampleur le 3 octobre que le 23 septembre va-t-elle influer Sénat et pouvoirs publics ? Comment le Président “presque candidat en 2012” peut-il transformer le matelas de méfiance et de défiance de l’opinion publique en séquence de confiance et d’adhésion à un homme personnalisant un projet ? Comment lutter efficacement contre le bonapartisme flamboyant d’un Villepin dénonçant «l’absolutisme impuissant» de Nicolas Sarkozy ? Comment enfoncer le coin dans une gauche française «trop utopiste» selon le penseur britannique Will Hutton affirmant «qu’elle est incapable de transposer ses valeurs dans un programme de gouvernement» ? Autant de questions dont les réponses vont dessiner peu à peu le paysage politique de la pré-campagne qui pourrait peut-être déboucher – à gauche ou à droite – sur un “new-deal” à la Française. Quel en sera le Roosevelt au moment où le nouveau grand-maître du GODF déclare : «Ce ne sont pas le voile islamique ou la burqa qui mettent en péril la stabilité sociale, mais le pouvoir de l’argent».

Stéphane Baumont


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