VélôToulouse ; Ça déraille !

Si le succès des vélos en libre service est incontestable à Toulouse, les actes de vandalisme se multiplient et il est parfois difficile de dénicher une bicyclette en bon état de marche.
 


Avec pratiquement 1,3 millions d’utilisateurs en huit mois, les VélôToulouse ont investi la Ville rose et font désormais partie du quotidien des Toulousains. Pratique et plus rentable que les transports en commun, la bicyclette fait partie intégrante de la politique de promotion des modes de déplacement doux prônée par la municipalité. Oui mais voilà, lorsque le vaillant usager arrive à la borne de location, rares sont les engins en parfait état de marche. Pneus dégonflés voire crevés, paniers arrachés, cadres endommagés, vitesses grippées… Les actes de vandalisme se multiplient, malgré la présence de techniciens de maintenance tous les jours de 7h à 20h : «Aujourd’hui, six à sept mécaniciens se mobilisent sur le principe d’intervention. Nous constatons depuis le début de la mise en service 600 vélos dont les cadres ont été cassés. Par contre, les vols ne sont pas si courants», explique Patrick Tregou, directeur régional de JC Decaux, exploitant des VélôToulouse.

Pas si courants pour les bicyclettes mais beaucoup plus pour les accessoires. Les actes de vandalisme ne se limitent pas toujours à la simple crevaison de pneus et il n’est pas rare de croiser sur le bord de la route un cycliste en grande difficulté pour tenter de réparer l’engin défectueux. Il faut donc prévoir un temps d’observation supplémentaire pour bien choisir sa bicyclette : «J’ai emprunté pour la première fois un VélôToulouse un matin et je n’ai pas vraiment fait attention à l’état de la bicyclette. Du coup, je suis parti avec un vélo sans caddie puis j’en ai loué un nouveau qui s’est avéré crevé à l’avant. La roue du troisième était voilée avec une chambre à air qui sortait du pneu ! Si on ne prend pas ses précautions, on n’est pas à l’abri de surprises !», témoigne un usager.

 

Un entretien à perte ?

Un autre envisage même de ne plus avoir recours à ce système : «J’emprunte un vélo tous les jours pour aller travailler mais je me rends compte que c’est une perte de temps pour moi. Souvent, je suis obligé de revenir au point de départ pour changer de bicyclette et donc recommencer les démarches à la borne. Je pense que je vais utiliser mon propre vélo, même s’il est moins esthétique, et tenter de trouver un emplacement sécurisé pour stationner toute la journée.»
Du côté de JC Decaux, on se veut rassurant : «Le principal est de noter que les VélôToulouse sont un véritable succès d’utilisation. Au fil du temps, les Toulousains vont comprendre que ce système fait partie de leur quotidien et qu’il est nécessaire. Les incivilités disparaîtront», confie Patrick Tregou. En attendant, le budget maintenance risque de déborder et la gestion des VélôToulouse pourrait se faire à perte, d’autant plus que la prise en charge des dégradations incombe entièrement à Decaux. «Il est encore trop tôt pour faire un bilan. Nous pourrons faire le point en fin d’année lorsque l’exploitation des 2 400 vélos sera pleinement réalisée et les dernières vélostations mises en service», prévoit le directeur régional. D’ici là, il ne reste plus qu’à compter sur la bonne volonté des Toulousains pour ne pas emprunter chaque jour un vélo hors d’usage.

Sophie Orus


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