Utilisation des rayons X ; Vigilance au bloc opératoire

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a rendu son bilan 2009 pour la région Midi-Pyrénées : s’il est globalement satisfaisant, des progrès restent à faire dans le milieu médical sur l’utilisation des rayons X.

 
Les incidents dramatiques liés à des surdoses de radiation sur des patients atteints de cancer au CHU de Rangueil entre 2006 et 2007 sont encore dans toutes les têtes. C’est pourquoi l’Autorité de Sûreté Nucléaire, chargée de contrôler l’utilisation des rayons ionisants, veille au grain dans la région en inspectant les services de radiothérapie et la pratique de la radiologie interventionnelle. Pour 2009, l’ASN tire un bilan plutôt positif mais des lacunes demeurent : «En radiothérapie, il existe des risques secondaires pour les patients et le personnel», explique Anne-Cécile Rigail, chef de la division ASN de Bordeaux. «Au niveau de Midi-Pyrénées, nous avons effectué 11 inspections en 2009 sur les 8 services que compte la région. Des progrès restent à faire dans l’identification des risques, la procédure de travail et la formation du personnel.»
En effet, Jean-François Valladeau, adjoint en charge du pôle “nucléaire de proximité”, met en avant les dysfonctionnements observés en milieu hospitalier : «La plupart des incidents est liée à des erreurs de patients, souvent dues à une homonymie, à la présence de tatouages ou à une mauvaise programmation de la machine». La formation du personnel soignant est donc mise en question alors que l’ASN pointe également du doigt le manque de rigueur en termes d’équipements de protection individuelle.
Autre point noir de ce bilan 2009 : la radiologie interventionnelle. Celle-ci consiste à guider le chirurgien par l’intermédiaire d’un appareil de radiologie émettant des rayons X. «Il faut trouver le bon équilibre entre la volonté d’utiliser l’imagerie au bloc opératoire et les risques liés au rayons ionisants», constate Anne-Cécile Rigail. «Car pour obtenir une belle image, il faut augmenter les doses de rayons.» Or, l’ASN met en évidence de nombreux axes d’amélioration dans ce secteur d’activité : la formation et la qualification du personnel insuffisante pour optimiser la dose délivrée aux patients, les contrôles des appareils à faire plus régulièrement et toujours le manque de protection pour le personnel.
Outre ces lacunes à rectifier, l’ASN sera très vigilante sur l’identification des incidents en 2010. En effet, seulement 50 % d’entre eux sont aujourd’hui déclarés à l’Autorité de Sûreté Nucléaire : un chiffre insuffisant pour mesurer objectivement la qualité des établissements contrôlés.

Sophie Orus




UN COMMENTAIRE SUR Utilisation des rayons X ; Vigilance au bloc opératoire

  1. virginie dit :

    les risques sont démultipliés pour les professionnels de santé, particulièrement les femmes : voir : La prévention des risques professionnels des rayons X : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/rayonnements/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=126&dossid=347

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