Universités ; Toulouse 1 Capitole propriétaire de ses locaux

Vendredi dernier, Valérie Pécresse, ministre de la recherche et des universités, était dans la ville rose pour signer avec le président de l’université de Toulouse 1 Capitole, la convention qui fait de l’université la propriétaire de son patrimoine immobilier.

 
Dans le cadre d’une visite marathon, Valérie Pécresse après avoir été la veille l’invitée de Brigitte Barèges à Montauban, est arrivée à Toulouse jeudi soir pour participer aux travaux de la conférence des présidents d’université. Profitant de ce déplacement important, la ministre a signé la “convention de dévolution du patrimoine immobilier” de l’université de Toulouse 1 capitole. En janvier 2009, cette université avait déjà été une des premières à obtenir l’autonomie financière, elle est maintenant la deuxième université française à signer cette convention de dévolution lui permettant de devenir propriétaire de son patrimoine immobilier bâti et non bâti. Avec cette convention, l’université de Toulouse 1 confirme son ambition d’être à la pointe en France dans l’acquisition de l’autonomie de fonctionnement. Son président Bruno Sire affirme par là sa volonté de mener pleinement ses missions et ses développements stratégiques, devenus possibles avec cette autonomie nouvelle.

 

7 hectares de non bâti et 97 000 mètres carrés de locaux

La dévolution du patrimoine est le dernier volet de la Loi sur les Responsabilités élargies des Universités (LRU). C’est une «opportunité offerte aux établissements de construire une véritable stratégie immobilière, en appui du projet pédagogique et scientifique» affirme son président Bruno Sire. Après le transfert de la masse salariale et du budget global, le transfert du patrimoine constitue une nouvelle étape de l’autonomie. «C’est un outil essentiel pour optimiser la gestion du patrimoine des universités. Il leur permettra d’entretenir, de réhabiliter, de construire et de mieux valoriser leur parc immobilier» dit-il encore. Ce ne sont pas moins de 97 000 m², répartis sur trois bâtiments à Toulouse (Arsenal, Anciennes Facultés et Manufacture des Tabacs) et un site délocalisé à Rodez, qu’UT1 Capitole aura en charge de gérer. Ce sont aussi 7 hectares de non bâti qui deviennent la propriété de l’université. Grâce à un programme d’entretien et de rénovation prévu sur les 25 prochaines années, l’Université Toulouse 1 Capitole est en mesure d’afficher une stratégie immobilière ambitieuse qui lui permettra de faire face à l’accroissement du nombre des étudiants qu’elle constate depuis quelques années et qu’elle anticipe sur le futur.
La dotation de l’Etat de 5 millions d’euros par an permettra à l’université toulousaine d’assurer son entretien, ses futures constructions, d’accroître sa surface de 6 000 m² sur dix ans, celle de la bibliothèque de 3 000 m² et de construire un bâtiment de recherche de 10 000 m². Construction qui débutera dès la fin 2011. Enfin dans son intervention Valérie Pécresse  a beaucoup insisté sur l’importance de la mobilisation de toutes les énergies au sein de cette université qui a permis de mener à terme ce projet d’avenir, mettant Toulouse en pointe de la modernité quant à son université. A la question posée sur la nouvelle école d’avocats, Bruno Sire a répondu sans ambiguïté que grâce à cette convention, l’université pourrait mettre le terrain nécessaire à sa réalisation sur le campus de Toulouse 1 Capitole. La tranche de travaux préalables à cette construction devrait commencer fin 2011. Enfin Valérie Pécresse n’a pas manqué d’égratigner la première secrétaire du PS : «Martine Aubry doit venir bientôt dans cette université. Elle pourra constater combien les projets socialistes pour l’université sont en retard et même obsolètes par rapport à ce qui s’est déjà fait.»
Poitiers est la prochaine université sur la liste des signatures de cette convention de dévolution de patrimoine.

 

Une profonde réforme de la licence

Après la signature de cette convention immobilière, la ministre est intervenue à la fin des travaux de la conférence des présidents d’université. La réforme du cycle de licence était au cœur des débats. Valérie Pécresse explique qu’aujourd’hui la licence n’est pas reconnue comme un diplôme qualifiant. Si cette licence évoluait vers une reconnaissance sur le marché du travail, elle attirerait beaucoup plus d’étudiants. C’est pourquoi, à la suite des travaux des présidents d‘université sur ce sujet, la ministre annonce qu’elle a inscrit à son programme La réforme du cycle de licence. Les présidents d’université heureux que Valérie Pécresse soit en phase avec leurs travaux et leurs souhaits ont proposé d’élargir le groupe de réflexion de cette réforme aux chefs d’établissements, aux représentants du patronat, aux collectivités territoriales (la région étant bien sûr en première ligne sur ce sujet.) Il paraît évident que cet élargissement est indispensable car c’est dès la seconde qu’il faudra construire un parcours a minima. Les étudiants ne pourront plus se poser la question : «Vers quel bac dois-je me diriger ?» mais bien «Vers quelle licence je veux aller ?». Cette réflexion de la part du directeur de l’université du Mirail sonne comme une alarme. On pourrait la traduire comme «une réforme universitaire oui, mais pas sans les enseignants des lycées». On peut dire que connaissant le refus systématique de toutes avancées de la part des syndicats d’enseignants, cette réforme ne se fera pas sans douleur. En effet c’est une tâche très importante avec des changements profonds à mettre en place. Modification des équipes pédagogiques, des passerelles très solides entre secondaire et université, une refonte totale des systèmes d’orientation qui, aujourd’hui, ont fait la preuve de leur manque d’efficacité. Il faut bien sûr ajouter à cela l’adhésion des enseignants du secondaire et des universités, une valorisation des contenus des licences en accord avec le monde du travail et bien sûr dans notre culture de moyens… plus d’argent. La ministre voit la mise en place de cette réforme pour la rentrée 2012. Le projet est ambitieux, il est tourné vers l’avenir. «C‘est un projet de réussite» dit-elle, et elle a certainement raison.

Patrick Crasnier


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