Universités ou campus

Durant la période de fin août et début septembre, les partis politiques font ce que l’on a coutume d’appeler les universités d’été. On a même entendu Jean Michel Apathie faire un bon mot la semaine passée dans son interview de Jean Maris Le Pen : «Alors Monsieur Le Pen, votre université d’été se déroule à Vichy ?» alors que celle-ci a lieu à Vittel. Pour le PS à la Rochelle, nous en avons déjà parlé. Une université sans aucun projet, aucun discours vraiment politique, uniquement les petits jeux habituels des chaises musicales. «Je prends ta place, tu prends la mienne». Les adhérents ne sont pas dupes, ils sont frustrés d’une véritable construction d’opposition et sauront le rappeler aux leaders le moment venu.
Au MoDem le sérieux des réflexions est au rendez-vous, mais François Bayrou est plus obnubilé à occuper une place qu’à construire. L’unité est quand même présente, la recherche de solutions, embryonnaire, mais ce parti essaye de sortir de la traditionnelle opposition droite/gauche. A l’UMP par contre, les dirigeants sont dans une position singulière. Pas de président ni de secrétaire général, le président de la République veille à garder sa place au chaud et surtout à rester le «patron». Cela arrange bien les cadres du parti qui, pour éviter les dérives socialistes, ont recentré sur N. Sarkozy. Il est toujours le chef de l’UMP et chacun s’emploie à le rappeler. Pas de guerre pour la présidence du Sénat ! Pas de guerre pour les sénatoriales ! Rien. Pourtant les yeux de Xavier Bertrand brillent d’impatience, Raffarin est de retour dans les médias avec ses «raffarinades». N’a-t-il pas affirmé lors d’une interview à la télévision, N. Sarkozy «le président de l’UMP» ?

Dur réveil

Nous pouvons aussi compter sur la rentrée parlementaire pour parler des choses qui fâchent (Edwige et son fichier, le RSA et son financement, etc.) Là aussi un discours politique pauvre. L’UMP, champion de la communication, change son université en campus, mettant en scène les jeunes populaires, qui dansent devant les caméras, s’amusent, font du bruit. C’est très bien pour faire oublier la pauvreté des débats, c’est très bien pour faire oublier que personne ne peut faire de critiques. Dans une France où il n’y a pas d’opposition et où le parti au pouvoir n’a aucune réflexion autre que, tout va bien, je me demande où nous allons. N’oublions pas non plus que le campus n’est pas un lieu de travail mais de détente. Là est peut-être le vrai message de l’UMP. Campus ou universités, à part dépenser de l’argent ces rencontres ne servent à rien. La seule chose à ne pas oublier c’est qu’en dehors des cadres de partis, certains adhérents travaillent. Au sein de plusieurs partis, les réunions locales, nombreuses, agitent des idées, tout en refusant le combat des chefs. Ce n’est pas le cas à l’UMP (à Toulouse du moins), où les cadres du parti se bornent à demander aux adhérents leur vote et leurs cotisations. Or il ne faut pas croire que les choses se passeront toujours ainsi. Pour preuve, des adhésions non renouvelées. La raison en est simple : outre le fait que la politique menée actuellement n’est pas celle que les militants espéraient, personne ne s’occupe d’eux, ne les fait se rencontrer, et surtout personne n’accepte la moindre critique. Alors Messieurs des partis, attention ! Sans idées, on ne fait rien, mais sans cohésion des adhérents non plus. Le réveil risque d’être dur !

Patrick Crasnier
www.jazzpote.net


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