Université de Toulouse – IDEX 2 Devenir ; un pôle d’excellence unifié

Après avoir présenté un premier plan IDEX et s’être faite débouter, l’Université de Toulouse ne baisse pas les bras
et renchérit avec IDEX 2. Le projet, plus abouti, devrait permettre de décrocher les dotations nécessaires à la création d’une université unifiée et reconnue internationalement.

 
A l’image des grands campus américain, l’Université de Toulouse ne peut devenir une référence internationale qu’en unifiant ses forces et en fusionnant ses différents pôles de compétences. C’est précisément l’objectif du projet défendu par Gilbert Casamatta, Président de l’UT. Par les dotations allouées au dépositaire du projet retenu (une enveloppe globale de 7 milliards d’euros que se partagent les lauréats) le projet toulousain Initiative d’Excellence (IDEX) devrait permettre d’intégrer les quelques pôles pluridisciplinaires de rangs mondiaux capables de rivaliser avec les plus grandes facultés internationales.

L’union fait la force

Aujourd’hui, la Région Midi-Pyrénées présente 2,4 % de croissance, chiffre dû à un investissement important dans le domaine de l’innovation notamment dans les secteurs de l’aéronautique, de l’espace, de l’agronomie et de la biosanté. Ainsi, elle peut s’enorgueillir d’être la première région française pour l’intensité globale de Recherche et Développement par rapport à son PIB, soit 4,2 %. Pour pérenniser cet effort, il semble indispensable pour le monde académique ainsi que pour les collectivités locales de renforcer les pôles de compétences déjà existants. «L’IDEX permettra de faire rayonner tout le territoire qui recèle de pépites d’enseignements d’excellence qu’il conviendra de faire briller», constate Nicole Belloubet, Vice-Présidente de la Région Midi-Pyrénées. L’agglomération toulousaine s’illustre effectivement par sa diversité académique. Elle ne compte pas moins de 4 universités, 11 écoles d’ingénieurs, 6 instituts, 4 pôles de compétitivité, 6 organismes de recherche, etc. Tous ces établissements travaillent pour l’instant individuellement mais l’IDEX vise à les rassembler pour en faire un grand établissement dans lequel chacun garderait ses compétences propres tout en restant coordonné aux autres. Une université unifiée devrait ainsi voir le jour. «Notre soutien à ce projet est sans faille car je crois fortement au tripode “université, recherche, entreprises” qui est créateur de valeur», explique Alain di Crescenzo, Président de la CCIT. En effet, comme le souligne Gilbert Casamatta, les retombées financières n’en seraient que supérieures : «Une gérance en commun signifie un cofinancement. Si notre projet est sélectionné, les investissements des entreprises et la dotation de l’IDEX profiteraient à toutes les écoles et universités».

Une organisation rationnelle

Afin de rationaliser l’organisation future d’une université fusionnée, il est apparu nécessaire de repenser le système de gouvernance car c’est bien ce point précis qui avait fait défaut lors de la première participation à l’IDEX. Le jury avait précisé à Gilbert Casamatta qu’il fallait revoir l’organigramme et la gérance du “Grand Etablissement”. C’est désormais chose faite puisque, depuis le mois d’août dernier, les acteurs du projet d’université unique ont corrigé leur copie et mis en place une gouvernance unique dotée d’un statut fort. Ainsi, sur le modèle d’une communauté d’agglomération, la nouvelle Université de Toulouse sera dirigée par un Directoire, lui-même présidé par un Directeur Général Exécutif qui aura en charge la politique de l’UT ainsi que sa mise en application. Les Universités telles que les étudiants les connaissent aujourd’hui n’existeront plus, ou du moins elles ne se nommeront plus “universités”, le terme étant réservé au grand établissement unifié. Elles porteront le nom de “Collèges” qui regrouperont les disciplines ayant attrait au même secteur d’activité. Quatre collèges seront ainsi constitués : “droit, économie et gestion” sur le site du Capitole, “sciences humaines et sociales” sur le site du Mirail, “sciences, technologies et santé” à Paul Sabatier et en-fin la création de “Toulouse Tech®” qui regroupera les écoles d’ingénieurs. Chaque collège étant lui-même divisé en “département”, comme c’est le cas aujourd’hui.
Pour superviser toute cette nouvelle organisation, le projet toulousain prévoit la mise en place de trois instances supplémentaires que sont le Sénat Académique (SA) chargé, par représentation de la communauté scientifique du site, d’interpeller le Directoire sur toutes questions académiques ; Le Conseil d’Orientation Stratégique (COS), constitué de l’ensemble des parties prenantes de l’UT (entreprises, collectivités territoriales…), devra assurer les ré- flexions pour un développement de la recherche et de l’enseignement ; Quant au Conseil d’Université (CU), dans lequel figureront des enseignants, des chercheurs, des étudiants et des personnels administratifs, il constituera un large forum démocratique de réflexion sur la vie de l’Université de Toulouse. Enfin, une dernière entité est apparue comme indispensable, à savoir un Conseil de Surveillance (CS) car la future UT se gèrera telle une grande entreprise. A ce titre, le CS, indépendant, sera en charge de la validation de la stratégie et du budget.

Après le grand oral

Pour installer et lancer cette grande “machine” que sera la future Université de Toulouse, plusieurs étapes seront nécessaires : la première, bien sûr, étant l’attribution des fonds IDEX. Si tel est le cas, dès 2012, l’ensemble des organes du “Grand Etablissement” seront mis en place afin que l’organisation centrale puisse commencer à s’établir et se pérenniser. Puis, deux ans plus tard, en 2014, aura lieu la fusion des Universités pour donner naissance aux “Collèges” homogénéisés par secteurs d’activité.
En 2016, une évaluation du projet IDEX de Toulouse sera effectuée et devra être validée pour pouvoir continuer l’aventure, sinon un terme se-ra mis à tout le projet. Les acteurs du plan restent confiants quant à cette continuation du plan de création de l’UT : «Le jury nous a fait comprendre, lors de notre première participation, que si le système économique et la gouvernance étaient revus, le projet serait viable. De plus nous avons des retours positifs du terrain», lance Gilles Fourtanier, Président de l’Université Paul Sabatier. Si cette période transitoire est passée avec succès, les “Collèges” seront intégrés, dans la foulée, au plan budgétaire de l’UT. Enfin, la dernière étape aura lieu en 2018, pour la fusion définitive et la création du “Grand Etablissement”. Chaque avancée fera l’objet d’évaluations et de discussions sous forme de concertations avec les personnels BIATOSS (Bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, ouvriers, de service et de santé), les enseignants, les chercheurs et les étudiants.
Si le projet voit le jour, l’Université de Toulouse deviendrait deux fois plus importante que la plus grande des “facs” d’Etat américaine… Encore faut-il que le grand oral du 31 janvier auquel se rend Gilbert Casamatta pour défendre la candidature toulousaine se passe bien ! Les résultats seront communiqués le 6 février prochain.



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