Unité SGP Police/FO ; Inquiets pour l’avenir

Syndicat majoritaire à l’heure actuelle au sein de la police, Unité SGP Police/FO compte bien asseoir son statut à l’issue de ces élections professionnelles, et notamment grâce à la nouvelle loi de représentativité syndicale. La NBI ville figure parmi ses revendications pour Toulouse, comme l’explique Christophe Marin, Secrétaire Départemental Haute-Garonne.

 
Christophe Marin, que pensez-vous du bilan national présenté la semaine dernière par Brice Hortefeux et qui fait état d’une baisse globale de la délinquance en 2009 ?
On sait bien que ces chiffres qui sortent du Ministère de l’Intérieur ne reflètent pas bien la réalité. C’est une politique de chiffres, une culture du résultat, instaurées alors que notre Président de la République était ministre de l’Intérieur. Ce que l’on constate en revanche, c’est que le travail des policiers est de plus en plus difficile.

Quelles sont vos revendications en particulier pour Toulouse à l’occasion des élections professionnelles ?
Pour Toulouse, nous avons monté un dossier NBI ville, que nous avons remis au Préfet le 2 novembre dernier. Il faut savoir que cette prime qui est affectée à certains fonctionnaires travaillant dans les quartiers sensibles, les policiers toulousains ne la touchent pas.

Quel en serait le montant ?
Environ 120 euros. Nous attendons une réponse du gouvernement à ce sujet courant 2010, sachant que le Préfet a été à l’écoute et que nous savons qu’un courrier est parti au Ministère.
Sinon, nos autres revendications sont nationales, comme la revalorisation des salaires pour les gradés et les gardiens de la paix.

C’est finalement ce que réclame aussi votre “concurrent” Alliance Police Nationale…
Tout à fait. Mais en octobre 2008, Alliance a signé deux protocoles d’accord qui ont engagé une très minime revalorisation salariale et qui ont entraîné pour nous, la perte de plusieurs acquis, comme l’heure supplémentaire et une semaine de RTT. Nous savons que les négociations sur ce point vont reprendre en février avec le ministre. Nous espérons qu’à ces élections prochaines, le bloc Unité SGP qui a réalisé 56 % en 2006 au niveau national (suite à la fusion Unité Police et SGP/FO, ndlr), va franchir la barre des 50 %, car avec la nouvelle loi de représentativité syndicale, un accord signé par un syndicat représentant plus de 50 %, passe désormais en force. Nous pourrons donc faire blocage. Plus aucun accord ne pourra être signé par un syndicat minoritaire sans passer par le syndicat majoritaire comme on l’a vu en 2008.

Alliance et la FPIP voudrait que Toulouse soit classée en zone difficile ? C’est aussi votre cas ?
Non car il n’est pas possible de classer Toulouse en zone difficile. La zone difficile dans la police nationale est en fait une zone de fidélisation. Je m’explique : les fonctionnaires de police qui vont travailler par exemple à Paris et dans sa région, n’en étant pas pour la plupart originaires, demandent leur mutation pour redescendre dans leur région d’origine. La zone difficile a été créée là-haut pour ne pas qu’ils posent des mutations à tout va, et les fidéliser grâce à une prime. A Toulouse on sait pertinemment qu’on ne bénéficiera pas d’un tel classement. Actuellement il y a 1 200 fonctionnaires parisiens qui demandent Toulouse en mutation. Pour nous, le projet de NBI ville est plus capable d’aboutir.

La police rencontre aussi un problème d’effectifs… Comme vos collègues, vous le dénoncez…
Oui, en 2010, il va y avoir pratiquement 3 000 suppressions d’effectifs dans la police nationale. Suite à la Révision Générale des Politiques Publiques, signée l’an dernier, nous nous attendons à 8 000 fonctionnaires en moins d’ici 3 ans. Ce qui fait que nous n’aurons certainement pas d’énormes renforts sur la région. A cela, il faut ajouter les nombreux départs à la retraite qui ne seront pas remplacés. Nous dénonçons ce manque d’effectifs depuis pas mal de temps et sommes très inquiets pour l’avenir. La qualité de notre travail risque fort d’en pâtir.

Il y a beaucoup de violence à Toulouse ?
Oui. Moi-même, étant fonctionnaire au commissariat du Mirail, un des plus gros quartiers sensibles de France, je la côtoie tous les jours…

La police est-elle au bord de la crise de nerfs ?
Oui. Il y a un gros malaise au sein de la police nationale. Entre les salaires qui stagnent, les effectifs en baisse, la violence urbaine qui se développe, les individus interpellés maintes fois et relâchés… Les fonctionnaires ressentent un certain mépris de la part de l’administration. Ils sont vraiment découragés.



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