Une vache aux Abattoirs

Près d’un an après l’opération La Cow Parade, la vache réalisée pour la mairie de Toulouse par l’artiste Hélène Angeletti, broute désormais l’herbe du Jardin Raymond VI, à deux pas du musée des Abattoirs.

 

Au départ, le troupeau était composée de 52 bêtes à cornes, toutes plus peinturlurées les unes que les autres. Entre septembre et octobre 2012, la Cow Parade s’est installée aux quatre coins de la ville. Une idée ruminée jusqu’à Toulouse par l’ancien international de rugby et joueur du Stade Toulousain Cédric Soulette : «J’ai découvert l’opération lorsque j’étais à New York en 2000. Elle m’a beaucoup touchée. J’ai toujours eu une sensibilité artistique.» Mais malgré son côté vachement populaire, la manifestation fera aussi meugler dans un certain milieu artistique toulousain.

Aujourd’hui, l’une de ces stars en fibre de verre, se met au vert. Réalisée pour la mairie, elle paît paisiblement dans le Jardin Raymond VI. Le choix de son lieu d’exposition n’est pas anodin, la Cow Parade ayant subi à l’époque des dégradations et même un rapt : «On a décidé de mettre cette vache dans un endroit où elle puisse vivre sa vie tout à fait tranquillement. Ce jardin est sympa, calme, apprécié des Toulousains, fermé la nuit ; ce qui permet d’assurer la pérennité de la bête pendant un certain nombre d’années. On la déplacera si elle a besoin d’herbe plus fraîche» plaisante l’adjoint au maire François Briançon pour qui la «symbolique à côté des anciens abattoirs» est «un sympathique clin d’œil» : «C’est une vache qui va rester en vie très longtemps» assure-t-il.

 

«L’aspect populaire du projet»

 

Responsable Grands Evénements à la mairie, Didier Kimmoun a fait appel à la Toulousaine Hélène Angeletti : «son travail est d’une précision, d’une poésie formidables» estime-t-il. Connue d’abord pour ses réalisations de volumes par la technique du crochet, cette artiste plasticienne, qui peint aussi depuis quatre ans, a su apprivoiser l’animal en le couvrant de fleurs : «j’ai pensé aux vaches sacrées et à l’envahir de fleurs. Je voulais travailler sur le thème de la délicatesse, de la finesse, avec l’évocation de la dentelle. Cela m’a permis de découvrir le volume de cette bête dont on ne s’approche pas trop quand on est citadin.» Il aura fallu un mois et demi et moult contorsions à Hélène Angeletti qui s’est «régalée» à personnaliser le ruminant en rouge et blanc : «ce qui m’a plu, est l’aspect populaire du projet. Tout le monde peut y avoir accès. Il n’est pas réservé à une élite.»

En octobre 2012, la Cow Parade toulousaine s’est achevée par une vente aux enchères. Elle a permis de récolter 200 000 euros au profit des associations InPacts, Dessine-moi une maison, Entendre le monde et Le Projet Imagine.

Claire Manaud

 



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