Une entente Aubry-DSK ?

Un certain nombre d’événements scandent la philosophie des chroniques et des commentaires dans une forme d’équilibre entre national et international, entre débats internes et politiciens – le plus souvent – et constats externes sur fond d’enlèvements. Ainsi onze jours après la prise d’otages dans la “ville d’Areva”, quatre réunions du Conseil national restreint de sécurité et de défense ont eu lieu à l’Élysée, des mesures d’ordre militaire ont été prises mais le silence médiatique est le gage du succès des opérations en cours. D’autant plus, comme l’indique Jean-Christophe Rufin que le «paiement des rançons sont préjudiciables parce qu’ils ne font que renforcer les groupes très radicaux ; on renforce des groupes comme “Aqmi” – branche d’Al Quaïda – dès que la France paie les rançons».

 
La tâche du politique est donc la plus efficace. Quant à la médiatisation des victimes de l’enlèvement, elle montre qu’on veut mettre l’émotion publique au rendez-vous de cette guerre larvée.
Sur le plan intérieur au-delà du concert géant de Yannick Noah au Stade de France le 25 septembre (un Noah qui n’hésite pas à déclarer que «la politique de Nicolas Sarkozy est une fuite en avant, on va droit dans le mur. Dans les cités, ça va péter surtout si on les méprise» – la parole du chanteur-tennisman est souvent plus entendue que celle du politique ou du chroniqueur professionnel) c’est Édouard Balladur, frappé par le caractère malsain du climat politique et «par la violence verbale» déclare notamment «L’Europe à 27 est vouée à l’échec. Nous portons le poids d’un élargissement qui a été décidé trop hâtivement» en ajoutant que «l’antisarkozysme systématique rapproche la gauche de l’extrême-droite» rappelant, au passage – peut-être à Copé, à Xavier Bertrand autant qu’aux futurs “Premier-ministrables” les impératifs que le Président Sarkozy doit remplir d’ici 2012 : «réduire le déficit public, améliorer notre capacité industrielle, commencer à débattre de la réforme de la fiscalité, de l’assurance-maladie ; ne pas arrêter le mouvement des réformes.» Tout un programme en quelque sorte qui devrait accompagner le “réaménagement à venir” avec ou… sans Fillon.
Sérénité d’un Premier ministre sortant ou… rentrant, ébullition au sein du PS après les propos sur France-Inter de Claude Bartolone sur l’organisation des primaires. Ce dernier a en effet indiqué que, avec une entente Aubry-Strauss-Kahn pour la Présidentielle de 2012 le choix du candidat du PS à l’automne 2011 serait une «primaire de confirmation». Déclaration déclenchant les foudres des candidats déclarés comme François Hollande, Manuel Valls et des amis de Ségolène Royal. Réponse de Martine Aubry qui promet d’organiser des primaires «de manière exemplaire»… Et pourtant Claude Bartolone a dit tout haut ce que la direction du parti chuchote depuis des mois. L’excès de franchise est embarrassant pour Martine Aubry car c’est toute la dynamique de rénovation du parti qui est ainsi remise en cause ; est-ce la maladresse d’un vieux briscard ou une stratégie calculée ? À Martine Aubry de ne pas braquer Royal, de faire oublier l’accord manifestement passé avec DSK, à faire de ces primaires un moment républicain fort de désignation du candidat socialiste à la Présidentielle de 2012, à éviter que l’unité, si fragile, des socialistes ne se brise, à tenter de faire oublier à l’opinion publique et à l’électorat le formidable paradoxe du PS : le principal parti d’opposition se trouve à dix-huit mois des Présidentielles sans candidat naturel. Et le champion des sondages, DSK, est «interdit de politique française» jusqu’à la fin de son mandat à la direction du FMI… fin 2012 (!). Comme le dit tristement un militant : «Le problème du parti, c’est qu’il n’a pas de forcené à la présidentielle». À moins que DSK ne ressemble à Delors «qui voulait être Président sans être candidat», DSK voulant être candidat sans passer par les primaires ! À droite le président est déjà candidat-président comme de Gaulle, VGE, Chirac, Mitterrand le furent en leur temps. À gauche la course de lenteur a commencé. Il est vrai que ce sont les six derniers mois qui sont déterminants dans une Présidentielle. Il n’empêche : le PS se doit d’organiser des primaires, une “première” à cette échelle en France, une véritable opération électorale dont le coût pourrait être imputé aux comptes de campagne du futur candidat à la présidentielle. La pré-campagne est décidément un véritable combat. À gauche, comme à droite !

Stéphane Baumont


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.