Un Vert peut en cacher un autre…

La députée européenne et candidate à la primaire écologiste Eva Joly était elle aussi à Toulouse ce lundi. Au-delà de la question très locale de la LGV, cette visite a fait écho à l’annonce faite par l’Allemagne de sortir du nucléaire d’ici 2022.

 
A près Nicolas Hulot, c’était au tour d’Eva Joly d’être ce lundi à Toulouse pour notamment une rencontre avec des associations anti-LGV. «Oui au TGV, non à la LGV» dit en substance la candidate aux primaires écologistes. «Il s’agit d’infrastructures importantes et très coûteuses. Nous, les écologistes, sommes pour les trains, et pour que Toulouse soit plus facile d’accès. Il faut adapter les lignes existantes» poursuit Eva Joly qui prône en revanche le développement des TER. «Cette région (Midi-Pyrénées, ndlr) est sous développée en matière de transports en commun. La vie de tous les jours en souffre. Et dans une période d’énergie chère, où nous devons aussi penser l’après pétrole, le TER doit être une priorité.»
Mais l’actualité brûlante de ce début de semaine, c’est avant tout l’annonce faite par l’Allemagne de sortir du nucléaire d’ici 2022. L’eurodéputée en déplacement outre-Rhin le jour de la signature de cet accord, y voit là «un petit signe du destin» et considère le moment «historique». Et de là à voir la France adopter la même mesure, il n’y a qu’un pas qu’elle franchit allègrement : «Ici la situation est absurde. Nous avons un “mix” énergétique unique au monde. Aucun pays n’a autant d’électricité produite par les centrales nucléaires.» Et de dénoncer l’absence de dialogue il y a quarante ans sur cette question désormais centrale : «La décision prise juste après le choc pétrolier de construire en France quatorze centrales nucléaires, l’a été sans aucune concertation démocratique.» analyse Eva Joly pour qui «la fascination pour la technique, le pouvoir des ingénieurs des Mines», ainsi que «le rapport entre l’énergie nucléaire civil et la bombe atomique» ont alors été des facteurs déterminants.
En la matière, Eva Joly se prononce pour, dans un premier temps, la fermeture des centrales «les plus dangereuses : Fessenheim, Le Tricastin, Bugey» puis «chaque année, fermer deux ou trois réacteurs», avant de remplacer «la moitié des kilowatts heure par les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique», selon elle, créatrices d’emplois : «Nous avons vécu une période de très grande facilité. La France a poussé à la consommation du tout électrique. Dans les années quatre-vingt, des conventions obligeaient les offices HLM à construire avec le chauffage électrique. Or employer l’électricité pour se chauffer, c’est absurde».

« Aider les socialistes »

Ses différences ou au contraire, ses points communs avec Nicolas Hulot, Eva Joly ne tient pas tellement à les évoquer : «Il est difficile de faire une publicité comparative. Avoir plusieurs candidatures est une richesse. J’ai envie de parler de moi, de mes projets et dire que peut-être le temps d’avoir une femme au pouvoir est arrivé.» Elle y con-sent toutefois : «Ce qui nous sépare, ce sont nos parcours et le fait que je suis très consciente qu’Areva, Total, Schneider, ou Alsthom ne me tendront pas de couronnes de fleurs.» Quant à la conversion des socialistes au tout écologique, Eva Joly n’exclut pas d’y parvenir, tout en se félicitant des «300 nouveaux adhérents par jour» qu’enregistre Europe Ecologie Les Verts : «Nous sommes les éclaireurs de l’idéal de la réconciliation de l’Homme dans son milieu naturel. Aujourd’hui notre situation est angoissante mais il existe une autre façon de vivre. Nous portons cette vision et allons aider les socialistes à y venir. C’est ce que les Grünen (Verts, ndlr) ont fait en Allemagne avec la CDU (Union Chrétienne Démocrate d’Angela Merkel, ndlr).»
Ce vendredi, la candidate doit rejoindre des militants EELV et des anti-nucléaires à Civaux (Vienne). Ensemble, ils manifesteront à proximité de la centrale.

Claire Manaud


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