Un ticket pour l’espace !

L’Agence Spatiale Européenne lance une campagne de recrutement de ses futurs astronautes avec une grande nouveauté cette année : la possibilité de déposer son CVen ligne. Mais les places sont chères et l’occasion à saisir
 
  

L’espace, un rêve inaccessible ? Cela faisait 15 ans que l’ESA (Agence Spatiale Européenne) n’avait pas engagé de nouveaux spationautes pour embarquer à bord des navettes et faire avancer la science. Mais, aujourd’hui, avec de nombreux projets mis en orbite, l’Agence commence à manquer de volontaires. C’est pourquoi l’ESA a décidé de lancer une grande campagne de recrutement auprès du public et, pour se faire, deux astronautes de renom, Jean-Jacques Favier et Jean-Pierre Haigneré, étaient présents à la Cité de l’Espace la semaine dernière pour témoigner de leur aventure “extra-terrestre” de-vant un parterre de jeunes aux yeux écarquillés. Ludivine, 28 ans, étudiante en astrophysique, voit dans cet appel à candidature l’occasion de toucher du doigt un rêve d’enfant : «L’image du premier pas sur la Lune reste pour moi la plus marquante de l’histoire. Participer à la conquête de nouveaux territoires, vivre des sensations fortes et faire avancer la recherche sont des possibilités uniques dans une vie, même si je sais que le parcours de sélection est rude et qu’il ne faudra pas se décourager.»
En effet, sur 20 000 candidatures attendues par l’ESA, seuls 4 élus auront la chance d’obtenir leur ticket pour des sphères supérieures, si toutefois une mission est organisée par l’Agence. Et, pour la première fois, il est possible de remplir en ligne son dossier de candidature. Evidemment, les critères de sélection restent très stricts : il faut être âgé de 27 à 37 ans, même si la fourchette peut être élargie, pratiquer une activité professionnelle en lien avec les milieux scientifique, médical ou aéronautique et surtout passer avec succès toute une batterie de tests physiques et psychologiques. L’anglais courant est impératif, le russe fortement conseillé… Bref, les futurs as-tronautes devront posséder une tête bien pleine dans un corps sain.

Persévérance et patience

Mais les spationautes professionnels ont tenu à rassurer les candidats : «Quand on est dans l’espace, on se pince pour savoir si on rêve ou si on est dans la réalité», explique Jean-Pierre Haigneré, membre de la mission spatiale franco-russe ALTAÏR. «On juxtapose une vie riche et extraordinaire à notre quotidien et on acquiert une nouvelle intimité avec soi-même. Quand on revient sur Terre, on ne voit plus la vie courante de la même façon et on l’apprécie d’autant plus.» Si le nombre d’astronautes recrutés semble faible, les anciens ont tenu à préciser que cette passion vaut le coup de patienter : «Entre ma sélection et mon premier vol, il s’est écoulé 11 ans», témoigne Jean-Jacques Favrier, ancien spationaute aujourd’hui membre du CNES. «Je crois donc que la plus grande qualité des futurs candidats doit être la patience et la motivation. Il faut toujours y croire et ne jamais baisser les bras.»
Une persévérance d’autant plus payante que ces sélections ne sont que ponctuelles et que l’homme doit désormais accepter la concurrence des ma-chines. En effet, la robotique est de plus en plus utilisée par les agences spatiales ; une réalité qui n’inquiète pourtant pas Jean-Jacques Favrier : «Il n’y a pas d’antinomie entre l’exploration robotique et les vols habités. Les deux sont complémentaires.» L’espoir est donc de mise pour les futurs aventuriers de l’espace qui marcheront sur les traces des pionniers Neil Armstrong ou Youri Gagarine. Et Jean-Pierre Haigneré de conclure : «L’astronaute travaille pour la paix dans le monde en côtoyant des collègues de toutes nationalités. Avant de postuler pour devenir spationaute, j’étais pilote d’essai durant la guerre froide et j’apprenais tous les jours à anticiper les attaques potentielles des Russes. Quel-ques années plus tard, j’embarquais pour l’espace avec un ancien pilote d’essai, comme moi, qui avait suivi le même parcours en Russie ! Voilà, on explore de nouveaux territoires, on trouve de nouvelles solutions et perspectives. Quel plus beau métier que celui-là ?»

Sophie Orus

Inscriptions en ligne
jusqu’au 15 juin
www.esa.int/astronautselection



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