Un conseil municipal sous tension

La venue ce vendredi de trois ministres dans la ville rose (voir nos pages Economie) a quelque peu bousculé le premier conseil municipal toulousain de l’année. Ce qui n’a pas empêché des voix aussi bien dans la minorité que dans la majorité municipale, de s’élever pour s’inquiéter de l’engagement français au Mali. « Nous déplorons que l’envoi de 3000 soldats ait été décidé sans débat» a regretté Régis Godec, adjoint Europe Ecologie les Verts aux Ecoquartiers. Même réaction du côté du groupe communiste, avec le conseiller municipal délégué Pierre Lacaze qui prévient : « nous devons refuser tout enlisement du conflit ». Pour sa part, Yvette Benayoun Nakache (groupe des élus non-inscrits) « salue les soldats engagés au Mali » et dénonce « un climat très préoccupant » avant d’en appeler pour 2013 à « éviter les querelles superflues de politique politicienne ». L’opposition emmenée par Jean-Luc Moudenc, montre elle, du doigt « des divergences croissantes au sein de la majorité» fait remarquer l’ancien maire de Toulouse, « cela aura des conséquences sur le plan local » Et le leader de Toulouse pour tous de revenir sur l’annulation de la nomination de Philippe Joachim au poste de directeur général de TLT : « la commission d’éthique a donné un avis défavorable. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie locale.» De l’huile sur le feu que tente d’éteindre l’adjoint aux Sports François Briançon qualifiant Jean-Luc Moudenc de « référence en matière de division» : « prenez de la hauteur » lance-t-il alors à l’opposition.

 

Pierre Cohen met la majorité en garde

 

Autre intervention remarquée, celle de Jean-Christophe Sellin. L’ex-délégué à la musique, récemment débarqué par Pierre Cohen pour ne pas avoir voté le budget primitif 2013, s’est « abstenu sur la partie recettes pour marquer le coup sur la question du désengagement de l’Etat» expliquait-il mi-janvier dans nos colonnes. Bruyante d’ordinaire, l’assemblée se mue dans un profond silence lorsque ce responsable local du parti de gauche prend la parole : « l’unité n’est pas forcément synonyme d’uniformité. Ce qui m’est demandé va au-delà de la solidarité municipale, il s’agirait de solidarité gouvernementale. Alors c’est bien cette politique nationale « austéritaire », c’est-à-dire austère et autoritaire de baisse des dépenses publiques qui nous fragilise et nous divise.» Réponse du tac-au-tac du maire de Toulouse, Pierre Cohen qui met la majorité en garde : «Le budget est le fondement de la majorité et du pacte de solidarité de la majorité. (…) Attention à des discours tellement divergents qu’à un moment, il n’y aura plus de possibilité de s’entendre localement.»

 

Claire Manaud



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