Un concours de boeufs charolais ?

Au-delà de la catastrophe nucléaire au Japon qui suscite une sourde inquiétude et l’intervention du philosophe Michel Serres déclarant que, «pour le moment on n’a pas de solution de rechange au nucléaire, on peut tout arrêter mais on revient à la bougie… comme en France on ne risque rien, on s’affole de tout…»

 
Nous sommes à la fin d’une ère ; au-delà d’une éventuelle nouvelle affaire Tapie suscitée par le PS qui saisit la Cour de Justice de la République en visant notamment la Ministre de l’économie Christine Lagarde accusée d’avoir «favorisé des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt public» ; au-delà de l’offensive pro-Ouatara bloquée dans Abidjan en proie aux pillages et à une probable bataille transformant le pays en guerre civile permanente ; au-delà de la crise des dettes publiques européennes avec l’Irlande et le Portugal (pour l’économiste Julien Gréau «l’euro doit représenter sur le marché international non la capacité allemande mais le potentiel du Portugal») ; c’est l’actualité politique nationale qui a sonné les trois coups de l’ouverture de la pièce, traditionnelle depuis 1965, des élections présidentielles : en défendant le concept de démondialisation, Arnaud Montebourg se présente comme une alternative à DSK tout en déclarant que «la primaire socialiste ne peut pas se réduire à un concours de bœufs charolais» ; François Hollande tenant selon certains observateurs «l’équilibre entre Chirac et Mitterrand» lance l’appel de Tulle en réincarnant une République que le peuple Français aime bien, celle de la Province (si chère à la IIIème, à la IVème et à la Vème jusqu’à Nicolas Sarkozy) ; Martine Aubry veut incarner le rassemblement de la gauche et le projet pour 2012 qu’elle s’est efforcée de produire avec l’ensemble des courants et des prétendants à la primaire, et après s’être adressée aux jeunes le 2 avril en leur annonçant 300 000 emplois d’avenir, dévoile le 5 avril son “projet pour 2012”, «texte sérieusement de gauche et d’une gauche sérieuse» selon son rédacteur principal Guillaume Bachelay ; programme dénonçant une crise de l’avenir qui a deux réalités : le déclassement des classes populaires et moyennes et le déclin de la France comme nation et comme puissance dans la mondialisation.
Mondialisation, «spectre qui hante l’élection présidentielle» selon Jean-Louis Bourlanges qui ajoute : «C’est l’incapacité de notre société politique à assumer un discours cohérent sur cet inquiétant défi qui plonge l’opinion dans le désarroi et transforme les candidats potentiels en pantins désarticulés».
Et l’ancien député européen de nous proposer sa vision du rapport de forces : «Martine Aubry a trouvé son slogan : dépenser plus pour gagner moins… DSK se demande en silence quand et comment il va pouvoir atterrir au cœur d’un PS qui se méfie de lui et d’un projet présidentiel conçu pour le ligoter ; François Hollande qui a du mal à faire percer le candidat mendésiste sous l’apparatchik mitterrandien ; au centre l’indigence est à son comble : trois candidats, pas un projet».
Ainsi selon cet observateur acerbe mais réaliste s’opposent «une gauche lénifiante et querelleuse, une droite incohérente et tacticienne», personne n’assumant avec clarté et franchise les choix que nous impose l’unification du monde… le «désarroi étant à son comble quand la disqualification du candidat par les sondages devient la justification finale de l’unité de candidature…»

Stéphane Baumont


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