UMP 31; «On ne fait pas du neuf avec du vieux»

Elue d’opposition à la mairie de Toulouse et bientôt de retour au Conseil Régional, Chantal Dounot-Sobraques ne mâche pas ses mots et a choisi de soutenir la députée Christine de Veyrac lors des élections internes de l’UMP 31. Philippe Douste-Blazy parti, Dominique Baudis absent et Jean-Luc Moudenc désavoué, la droite a sérieusement besoin d’un nouveau souffle. Chantal Dounot-Sobraques voit en Christine de Veyrac ce futur leader et décrypte pour nous les erreurs du passé.
Chantal Dounot, au-delà des résultats, cette première étape dans l’élection du nouveau secrétaire départemental a-t-elle mobilisé les adhérents ?
Deux fois plus d’adhérents ont voté cette fois-ci, par rapport aux dernières élections internes. Par exemple, nous sommes passés sur la 1ère circonscription de 250 à 550 électeurs.

Pourquoi avoir choisi de soutenir Christine de Veyrac ?
J’ai été la seule élue à prendre position pour elle. Je la connais depuis six ans, c’est quelqu’un d’honnête, de droit. Ce qui m’embête en politique, ce sont les gens qui n’annoncent jamais la couleur, qui sont flous. Avec Christine de Veyrac, on sait où on va et elle a une bonne image auprès des adhérents. Elle incarne le renouveau alors que les gens ont été traumatisés par les résultats aux dernières élections législatives et municipales. Ils veulent renouveler l’appareil pour que l’UMP puisse rebondir.

Justement, les adhérents ont-ils voté pour Christine de Veyrac ou contre les anciens comme Chollet, Moudenc et Damin ?
Il est toujours difficile d’analyser les votes. Mais il est certain qu’on a assisté à un impact négatif d’un côté et positif de l’autre. On ne fait pas du neuf avec du vieux. Pour que 4 circonscriptions basculent totalement, c’est bien la preuve que les anciens sont désavoués. Au mois de septembre, Jean-Luc Moudenc et Danielle Damin avaient fait l’objet d’une bronca lors d’assises départementales. Cela aurait dû les alerter. Christine de Veyrac était la seule à incarner ce renouveau attendu.

 

Trop d’erreurs à Toulouse

Mais est-elle vraiment populaire auprès du public ?
Effectivement, le mode de scrutin pour les Européennes est très éloigné des gens. Mais Christine de Veyrac s’est beaucoup impliquée depuis la défaite des Municipales toulousaines. Cet été, elle a fait le tour des circonscriptions et ce travail a payé.

Jean-Luc Moudenc a lui aussi, un temps, incarné un renouveau. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
Ce n’est pas une question de charisme mais d’erreurs commises lors des Municipales. Honnêtement, je l’ai alerté à plusieurs reprises sur des problèmes à venir mais on peut dire qu’il était devenu un peu autiste. La composition de la liste a été très mal perçue ainsi que la suppression des bus en centre-ville. J’ai toujours dit en interne mes pensées. Des monstruosités ont été faites et nous l’avons payé.

Comment se passe vos relations au sein du groupe d’opposition Toulouse pour Tous au Capitole ?
Jean-Luc Moudenc est le leader du groupe d’opposition et il fait très bien son travail car c’est un homme de dossiers qui possède une vision transversale des choses. Mais ce n’est pas satisfaisant pour tout le monde. J’avais préconisé au lendemain de notre défaite que nous fonctionnions en groupes politiques au sein de l’opposition et que Moudenc soit le leader de cet intergroupe. Jamais cette proposition n’a abouti. Pour le moment, nous parvenons à travailler ensemble mais si Christine de Veyrac est élue, cela pourrait déboucher sur la création d’un groupe UMP au Capitole.

Eviter les parachutages

Qu’en est-il de Dominique Baudis, resté muet ces dernières semaines ?
Il ne s’est ni positionné ni investi. Il avait assuré l’intérim de la présidence de l’UMP 31 en avril dernier mais la première réunion à Castelginest ne s’était pas très bien passée. Il a laissé tomber son idée de refonder complètement le parti local car il a compris que beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et qu’il n’avait plus l’aval des militants. Dominique Baudis s’est retiré du jeu, même s’il pensait au départ que le poste de président de l’UMP 31 serait un tremplin pour les prochaines élections européennes. Ceci dit, il n’y aura pas de place pour deux élus en Midi-Pyrénées et il sera alors confronté à Christine de Veyrac. C’est difficile d’extrapoler pour l’instant.

Si Christine de Veyrac est élue à la tête de l’UMP 31, quelles seront les priorités ?
Le problème jusqu’à maintenant, est qu’il n’y avait pas de travail en profondeur au sein du parti. On se mobilisait seulement lors des élections. Christine de Veyrac est bien décidée à faire bouger les lignes en créant des commissions thématiques et en essayant d’associer les gens aux décisions pour éviter les parachutages. Il faut faire remonter de la base des orientations et des idées. Il faut également travailler sur le terrain pour décrypter notre défaite aux Municipales de Toulouse et penser à un projet qui mobilisera la population.

Propos recueillis par Sophie Orus


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