Troublant Tour

Il y a d’abord le départ du Tour de France. Une édition 2009 marquée par le retour de Lance Armstrong après trois ans et demi de retraite. Malgré un début en demi-teinte – mais il faut laisser monter le suspens et faire palpiter les cœurs des suiveurs – comme pendant la finale de Wimbledon – certains listent déjà les sept raisons qui peuvent conduire le Texan à remporter sa huitième Grande Boucle : Il l’a décidé. Il a l’expérience. Il a la meilleure équipe.

 
Il a fini 13e du Giro. Le Tour a intérêt à sa victoire. Il n’est pas trop vieux. Il est propre, n’ayant jamais été pris lors d’un contrôle anti-dopage réglementaire.» Il n’en reste pas moins qu’on attend le renouveau du Tour depuis dix ans, qu’il chemine entre contrôles positifs (Floyd Landis) poursuites pénales (Pantani et Ullrich) et aveux tardifs (d’Anquetil à Fignon), que 85 % des vainqueurs de cette mythique «Grande Boucle» ont été impliqués dans des affaires de dopage. Faut-il donc avec Patrice Clerc (ex-directeur de la société ASO, organisatrice du Tour, ndlr) considérer que «le retour d’Armstrong rouvre une page trouble de l’histoire du cyclisme à un moment où le vélo a précisément besoin de retrouver sérénité et crédibilité.» À chaque étape, à chaque jour sa réponse avec Bernard Hinault en pathétique «Monsieur Loyal» du maillot jaune sur chaque podium de chaque arrivée d’étape.
Il y a ensuite l’émotion publique autour de l’avion qui s’est écrasé aux Comores sur une compagnie (Yemenia) paraît-il interdite de survol du territoire français et qui a suscité à Paris comme à Marseille des réactions très fortes et des manifestations imposantes des Comoriens français (à quand un droit commun mondial de l’interdiction ; à quand une sécurité égale pour tous nonobstant le prix du billet ?) ; autour du décès de RLD (Robert-Louis Dreyfus) le Président-Mécène du Club de l’OM ayant abondé à hauteur de 200 millions d’euros sans atteindre le Graal du titre tant désiré ; autour de la Grippe A qui tend à être désormais surmédiatisée, les spécialistes soulignant les incertitudes liées à l’évolution du virus, son comportement, son potentiel de mutation et de combinaison avec d’autres virus.
Il y a aussi sur fond de bataille déjà lancée pour Matignon (Borloo s’y préparant en espérant secrètement la nomination de Premier ministre Fillon à la place de… Barroso comme Commissaire européen) la fameuse Taxe Carbone (on attend la remise du Rapport Rocard) ; la défaite de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont l’empêchant de donner un nouveau souffle au FN ; l’annonce par Nicolas Sarkozy d’un autre remaniement avec peut-être des secrétaires d’État en mission ; enfin la définition du nouveau modèle de société souhaitée par Martine Aubry : «Nous devons inventer le post matérialisme. Une société qui s’intéresse au bien-être et au bien-vivre ensemble, et pas simplement au bien-avoir». Une nouvelle définition des valeurs républicaines ?

Stéphane Baumont


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