Trophées de la robotique Toulouse Capitale des robots !

Toulouse, terre fertile en matière de technologie, a accueilli le temps d’un week-end la finale des trophées de robotique. Cette compétition 2013, délocalisée pour la première fois dans la ville rose, a rassemblé plus de 550 jeunes de 7 à 18 ans à la Cité de l’espace. Venus de toutes les régions de France, ils ont relevé le défi organisé par l’association Planète Sciences.

Il règne une ambiance digne des plus grandes finales sportives sous le chapiteau dédié à cette compétition qui fête ses 20 ans ! Les gradins sont remplis de supporters, de passionnés, de curieux et des familles des compétiteurs. Au centre du chapiteau, trois grandes tables sont aménagées pour les matchs. Il y a des taquets en forme de cadeau sur les bords, des verres répartis sur le centre, des balles de ping-pong sur le côté et une sorte de gâteau d’anniversaire, sur l’une des deux longueurs de chaque table, sur lequel trônent des rangées de balles de tennis et deux réceptacles transparents… Sur chaque table, les duels se mesurent, les compétiteurs doivent engranger un maximum de points avec leur robot filoguidé (les fils sont maintenus en hauteur avec un manche). C’est là que tout se passe, là que le sort des 63 équipes engagées se scelle. Les concurrents disposent de 90 secondes pour scorer. Philippe, un compétiteur albigeois nous explique : « Il faut abaisser les taquets cadeau de la couleur de l’équipe, ramasser un maximum de verres et les empiler, éteindre les bougies (balles de tennis, ndlr), envoyer les cerises (balles de ping-pong, ndlr) dans le réceptacle de sa couleur… et pour finir le robot doit gonfler son ballon ». Les robots ne doivent pas entrer en contact, et les fils ne pas s’emmêler. 90 secondes intenses où la moindre erreur ne pardonne pas. Un écran géant surplombe l’aire de compétition et de part et d’autres de la salle les organisateurs ont installé des télévisions et des baffles pour que le public puisse suivre les matchs de n’importe quel endroit.

 

L’aboutissement d’un travail collectif

La finale des trophées de la robotique est pour beaucoup, l’aboutissement d’un long travail collectif. Depuis 1994, cette manifestation suscite l’engouement et bien des vocations. Cette année, 239 équipes ont concouru aux finales régionales et 63 se retrouvent pour cette grande finale. Les participants, âgés de 7 à 18 ans ont six mois pour concevoir et construire un robot. Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’un projet scolaire, « on fait ça avec le prof de techno » précise Matthieu de Paris. Etre en équipe est un impératif réglementaire, certaines sont même mixtes car en matière de robotique les filles ne sont pas en reste, qu’on se le dise ! Construire un robot est un réel défi, une aventure technique et scientifique qui permet de découvrir la mécanique, l’électricité, l’informatique, l’électronique… Sous un second chapiteau, chaque équipe a son stand. Les jeunes échangent, discutent, s’entraînent et s’entraident. L’ambiance y est plus studieuse que dans l’autre chapiteau, quoique… Par moment, d’amicales querelles de clochers s’animent. Ainsi retenti du côté gauche de la salle, un son de cornemuse aussitôt chahuté par des cris guerriers du côté droit. Des moments festifs, un climat bon enfant. Il faut dire que les compétiteurs vivent ensemble tout le week-end, partagent les repas, les nuitées et pour certains c’est une première. Thomas, 12 ans, nous raconte « c’est la première fois que je pars sans mes parents. Avec le prof, on a loué un minibus et on dort à l’hôtel, c’est super ! »

 

Deux jours de compétition acharnée

Mais cette atmosphère détendue et festive ne fait pas oublier la compétition. Car l’enjeu est de taille, les dix premiers ainsi que les deux équipes lauréates des prix du supporter et du projet participeront à la finale d’Eurobot Junior en Belgique les 20 et 21 avril prochains. La consécration européenne est à portée de main. Mais pour l’heure, le week-end est chargé, avec deux jours de compétition acharnée. La finale du dimanche après-midi voit la victoire des « Fatal Picards IV » du lycée technique Jules Verne de Château-Thierry dans l’Aisne. Les picards se sont imposés de 8 points lors de chacune des deux manches de la finale les opposant à l’équipe mixte de « iBeaune Bot’s » du lycée Clos Maire de Beaune en Côte d’Or. Profitant d’un problème d’alimentation de leurs adversaires sur la première manche, les picards ont  accumulé les verres et soufflé un maximum de bougies. Florian des « Fatal Picards IV » avait annoncé sa stratégie : « on va ramasser un maximum de verres », c’est ce qui a fait la différence. L’équipe « Game Team » de la région parisienne prend la troisième place. Le week-end se termine par la remise des prix. Les lauréats sont fatigués mais très fiers et aucun n’oublie de remercier son professeur ou animateur. Puis les rassemblements s’organisent, il faut partir et certains vont loin, tout ce petit monde converge vers les bus en attente sur le parking de la Cité de l’espace. Pour les uns débute le voyage retour, pour les autres, le rangement. Quant aux 80 bénévoles de la manifestation, ils ne sont pas encore couchés…

 

Planète Sciences

Planète Sciences est une association créée en 1962. Son but est de favoriser « l’intérêt, la découverte, la pratique des sciences et des techniques et d’aider les enseignants, les animateurs, les éducateurs, les chercheurs et les parents dans leurs activités vers les jeunes » auprès des 8 – 25 ans. Un des grands principes de Planète Sciences est de proposer aux jeunes de participer à un projet éducatif global de manière ludique. L’association propose ses activités, souvent dans le cadre de partenariats, sur quatre domaines : la robotique, l’espace, l’environnement et l’astronomie. Ces animations s’inscrivent « dans des actions de collectivités territoriales, de l’éducation nationale, de ministères, d’organismes de recherche, d’entreprises et de fondations, destinées aux jeunes et au grand public. » Chaque année, environ 100 000 jeunes participent aux activités de Planète Sciences.

Plus d’informations : planete-sciences.org

 

35 000 robots industriels en France

 

La robotique c’est quoi ?

En marge de la compétition sous les chapiteaux, le bâtiment de l’Astralia de la Cité de l’Espace a accueilli des conférences, un espace de démonstration des laboratoires de recherche et une exposition retraçant 40 ans de l’histoire de la robotique à Toulouse. Pour en savoir plus sur la robotique, Michel Taix enseignant chercheur de l’Université Paul Sabatier et chercheur au célèbre laboratoire de recherche toulousain le LAAS du CNRS a présenté les grandes lignes de la discipline.

 

« Un robot est un système mécanique articulé, plus ou moins autonome. Ce n’est pas simplement un ordinateur car il intervient dans notre environnement » explique Michel Taix. L’apparition et la multiplication des robots dans notre société sont dues, en partie, à un problème de production industrielle. « Les premiers robots ne savaient rien faire, c’étaient des machines « playback » qui n’avaient aucune autonomie» précise le chercheur « dans les années 80, on a commencé à mettre des capteurs pour qu’ils sentent l’effort, et des programmes ». La robotique se décline essentiellement en quatre grands domaines : l’industrie (automobile, chimie, soudure), le service (d’intervention nucléaire, spatiale par exemple), à destination du grand public (robots domestiques, jouets) et le médical (robots chirurgicaux). « Il existe 800 000 robots industriels dans le monde, et la moitié est au Japon » explique Michel Taix. La technologie évolue très rapidement et le prix des composants permet de sortir les robots des laboratoires. Une des difficultés de la robotique est d’établir des modèles décisionnels pour programmer les robots car « un robot pour un roboticien c’est des moteurs, des capteurs et des programmes » stipule l’enseignant-chercheur dont l’idéal serait de faire des capteurs qui capteraient la pensée, « ce serait une solution pour les personnes handicapées». Aujourd’hui, les roboticiens parviennent à planifier des trajectoires complexes, les robots parviennent à évoluer dans un environnement inconnu, à l’exemple de Curiosity, l’explorateur de Mars. « La problématique est de faire une boucle perception-décision-action » précise Michel Taix, cette boucle permet au robot de « s’adapter » et de poursuivre son exploration. « Si le calculateur calcule plus vite que l’être humain, il n’a pas encore de système décisionnel aussi intelligent que celui de l’homme » explique l’enseignant-chercheur. Nous croisons de plus en plus de robots dans notre quotidien, à l’exemple du robot Kompai qui fait de l’aide à la personne, du robot guide Rackham qui a été expérimenté à la Cité de l’Espace. Il existe aussi de plus en plus de sociétés qui vendent de la robotique, notamment de drones, « sans parler de la « google car » un véhicule sans pilote habilité par l’Etat de Californie ! Nous sommes bien loin du premier prototype de robot humanoïde du génial Léonard de Vinci, en 1495. Le tout premier robot de cette famille date de 1996, le robot Onda, puis il y a eu Nao…

Plus d’information sur la filière robotique : laas.fr

Marie-Agnes Espa



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