Trop de casse chez les commerçants

Depuis plusieurs mois, les associations de commerçants fleurissent afin de lutter ensemble contre les braquages dont ils sont de plus en plus victimes. A Toulouse, le climat de violence s’aggrave pour ces garants du service de proximité.

 
Le phénomène n’épargne pas la Haute-Garonne : les attaques de petits commerces sont en nette augmentation. Elles ont même doublé depuis octobre dernier selon Jean-Paul Breque, directeur départemental de la sécurité publique. En 2008, les autorités recensent 128 attaques à main armée, soit une hausse de 46 % par rapport à l’année précédente. Principales victimes, les petits commerces de proximité, braqués souvent pour des sommes dérisoires : «Les auteurs de ces crimes font preuve d’un amateurisme total», constate Jean-Paul Breque. «Deux ou trois équipes tournent sur le secteur toulousa in ainsi qu’un solitaire, très difficile à appréhender.» Pour le colonel Ségura, commandant du groupement de gendarmerie de la Haute-Garonne, ces délits s’assimilent à de «la délinquance de facilité».
Une délinquance qui traumatise les victimes de ces casses sauvages souvent accompagnés de violence. Au Petit Casino boulevard de Strasbourg, les nouveaux propriétaires espèrent ne pas connaître le même sort que leurs prédécesseurs : «Les anciens gérants ont été victimes de 4 attaques à main armée en 2008 et à chaque braquage, ils ont été physiquement agressés. Lors de l’enquête, la police a découvert que le même individu serait probablement responsable de 20 attaques sur Toulouse, mais il n’a jamais été arrêté.» Ce qui corrobore les déclarations de Jean-Paul Breque sur le braqueur solitaire et insaisissable.
Cette violence à l’encontre des commerçants est partout. Récemment, le quartier Matabiau en a fait les frais il y a quelques semaines et les attaques se propagent rue Bayard, route d’Albi ou à Empalot. Dans le quartier Amouroux, l’exaspération gagne : «Nous avons été victimes de deux attaques en 2008», confie la gérante du Petit Casino rue Robichou. «Lors du second braquage, mon collègue s’est bagarré avec le malfaiteur et la police a pu relever des traces d’ADN. Pour l’instant, aucun suspect n’a été arrêté et la chaîne Casino nous a proposé d’installer un système de vidéosurveillance. Nous sommes frustrés et ressentons une forte augmentation de la violence dans le quartier. Nous envisageons même de quitter Toulouse.»

Sophie Orus
avec Eva Larand
et Laure Basterreix


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