Trois questions à… Olivier Fernandez, président des apiculteurs Midi-Pyrénées

Olivier Fernandez

On dit qu’aujourd’hui l’abeille vit mieux en ville qu’à la campagne ?

C’est vrai. A la campagne, les abeilles souffrent des cultures intensives, de la monoculture et de l’utilisation excessive de produits chimiques. Finalement elles trouvent refuge en ville. En outre, la diversité florale y est plus importante grâce à tous les jardins. On sait aujourd’hui que les pesticides sont la première cause de mortalité des abeilles : soit ils les tuent directement, soit les produits les désorientent et elles ne retrouvent plus leur ruche. D’ailleurs, chaque année, on récolte 20kg de miel en moyenne par ruche, contre 100kg en ville. C’est un record qui montre le bien-être qu’elles trouvent en zone urbaine. Et c’est pareil pour les bourdons et les papillons.

 Y-a-t-il des ruches à Toulouse intra-muros ?

Oui, on en compte une cinquantaine. Tout a commencé par le programme «Abeille sentinelle de l’environnement» lancé par l’Unaf (Union nationale des apiculteurs français) en 2004. L’idée ? Installer des ruches en ville pour sensibiliser aux difficultés rencontrées par les abeilles à la campagne. Les toits parisiens ont été les premiers servis. En 2006, une ruche a été installée à Blagnac, puis Toulouse. Aujourd’hui on voit aussi beaucoup de sociétés privées qui se montent pour installer des abeilles en ville, cela prend beaucoup d’ampleur, c’est un peu une mode. Mais on ne mettra pas tous les apiculteurs en ville, c’est inimaginable ! On manquerait d’espace, d’ailleurs si l’on choisit souvent les toits, c’est pour une question de place, mais des ruches peuvent aussi bien être installées dans les jardins, à partir du moment où des haies servent à délimiter la zone.

Les efforts de la municipalité sont-ils payants pour les abeilles ?

La non-utilisation de pesticides, d’herbicides et de fongicides est un premier point positif. Mais les jachères fleuries aident aussi énormément les abeilles. Il faudrait généraliser ce genre de pratiques, et permettre ainsi à tous les insectes polinisateurs de vivre en ville et de s’y développer. D’ailleurs, le miel urbain est très bon, très divers en flore. Il a beaucoup de goût, on sent qu’il est moins pollué. Il faut le goûter !

 

Aurélie Renne



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