Trente cinq heures « Deux fois »

Ce pourrait être la dernière histoire belge, mais il n’en est rien, c’est la dernière trouvaille sociale de l’Europe. Comme chacun sait, l’Europe est dirigée par des technocrates bien payés, jamais élus et ne rendant de comptes à personne. Comme chacun sait aussi, leurs objectifs obscurs sont en priorité la libéralisation de tout dans une mondialisation sans bornes.
La dernière trouvaille de la commission Européenne a été d’adopter un texte qui modifie considérablement la  durée du travail hebdomadaire. Les commissaires Européens viennent d’accepter un projet de modification de l’actuelle directive européenne sur le temps de travail. Cette commission propose, sans sourciller de passer de 48 heures hebdomadaires à 60 heures hebdomadaires. Oui vous avez bien lu : 60 heures. Ce projet a été examiné et accepté au  conseil des ministres européens de l’Emploi et des Affaires sociales du 9 juin à Luxembourg. Il prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite “d’opting out” ; procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille. Si cette nouvelle directive Européenne, qui vient d’être acceptée, est avalisée par le parlement Européen (encore une chance que des élus s’y opposent), les salariés n’auront plus aucune protection et pourront être exploités au gré des entreprises. Bien sûr la directive explique que les entreprises pourront faire travailler 60 heures si un accord est conclu avec le personnel, mais nous connaissons tous les pressions et le chantage au chômage existant.

 

Dictature technocratique

Les commissaires européens se retranchent derrière le fait qu’il s’agirait de négociations entre les entreprises et le personnel, mais l’on sait bien que ces “négociations” sont un leurre pour beaucoup de grandes entreprises. La directive précise que ce sont 60 heures en moyenne sur trois mois, mais compte bien passer ces trois mois à 12 mois de moyenne. Ce qui revient à dire que l’Europe veut banaliser la semaine de travail à 60 heures. Ce qui est encore plus grave, c’est que cette directive, qui était bloquée depuis longtemps car certains pays s’y opposaient dont la France, vient d’être débloquée car la France, entre autres, a accepté cette directive. Monsieur le ministre de l’emploi devrait s’expliquer sur ce point devant les Français, c’est un minimum. Cette directive propose aussi que les temps d’astreinte sur le lieu de travail ne soient plus de temps de travail effectifs ; ce qui va ravir tous ceux qui y sont contraints. Comme nous pouvons le constater, l’Europe que l’on nous propose est une Europe des lobbies, des technocrates, mais en aucun cas une Europe des citoyens, une Europe sociale et humaine. Ce qui est inquiétant c’est que la France par l’intermédiaire de son gouvernement mêle sa voix à celle des technocrates pour nous faire revenir au 19e siècle. Le traité de Lisbonne qui nous a été imposé, prévoit qu’il n’y aura plus besoin de la majorité de tous les pays pour faciliter ce genre de dispositifs scélérats. Alors priez Saint Patrick pour que les Irlandais, jeudi 12 juin nous sauvent de cette Europe de la dictature technocratique.

Patrick Crasnier

Radio Plus Toulouse (www.jazzpote.net)



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