Trébons sur la Grasse: Cérémonie à la mémoire de déportés

Une cérémonie particulièrement émouvante s’est tenue dimanche 16 juin 2013 à Trébons sur la Grasse, en présence de la population de la commune, du président du Conseil Général 31 Pierre Izard, du maire John Steimer, de l’adjoint du procureur de la République, Jean-Michel Peltier, du président des Anciens Combattants d’Auriac sur Vendinelle Gaston Millet et de son porte-drapeaux André Banquet, du président de la LICRA – Toulouse, Gérard Folus, des enfants de l’école, des descendants de la famille déportée, et des membres de l’association « Toulouse-MEJD, Mémoire des Enfants Juifs Déportés ». Une foule nombreuse a assisté au dévoilement d’une plaque à la mémoire de six femmes et deux enfants, arrêtés et déportés à Auschwitz en septembre 1942 parce qu’ils étaient juifs. Leur arrestation avait eu lieu au cours d’une rafle perpétrée le 26 août 1942, organisée à la demande des autorités nazies dans le but de compléter le nombre « insuffisant » de victimes arrêtées lors de la rafle du Vel d’Hiv du 16 juillet 1942 à Paris. Préparée par le gouvernement de Vichy qui a pris la décision d’y ajouter les enfants, elle a contribué à la déportation de dix mille juifs, du bébé au vieillard, réfugiés en zone libre, assignés à résidence ou internés dans les camps.

Les membres de la famille Zlotogorski, réfugiés de Belgique en mai 1940, assignés à résidence à Trébons sur la Grasse depuis la promulgation du statut des Juifs d’octobre 1940, s’étaient bien intégrés à la vie de la commune.

Sur la plaque, figurent les noms des six femmes de la famille et deux enfants, Sarah, 11 ans et Jacob, 12 ans. Des rumeurs laissaient entendre que des arrestations se préparaient, et que seuls les hommes étaient menacés, que les femmes et les enfants ne risquaient rien. Aussi, des habitants de la commune avaient prévenu les trois frères de la famille et les avaient emmenés se cacher dans la forêt, leur sauvant ainsi la vie, laissant sur place la grand-mère, les sœurs, la belle-sœur et les deux enfants. Cette tragédie est désormais gravée sur une plaque fixée sur la façade du foyer de la commune.

La femme de l’un des trois frères était absente de Trébons sur la Grasse le jour de la rafle et a échappé à cette arrestation. Après la guerre, le jeune et unique couple rescapé devait s’installer en Angleterre où il avait réussi à s’enfuir après ce drame.

L’association Toulouse-MEJD, en effectuant des recherches pour reconstituer cette histoire a retrouvé les descendants anglais  de ce  couple. Et c’est une famille entière  qui est venue de Londres assister à cet hommage rendu à leur grand-mère, tantes et petits cousins.

Faisant face à la plaque commémorative, de l’autre côté de la place, se trouve maintenant un banc avec sur le dossier les mots gravés « le banc de Sarah et Jacob ». C’est un don de leurs cousins anglais, nés après la guerre, enfants du couple rescapé. Il rappelle aux promeneurs que si le pire a eu lieu dans cette jolie et paisible commune du Lauragais, la vie et l’espoir ont triomphé du crime et de la haine. Sarah et Jacob sont toujours là.

 

Rachel Roizes, présidente de

L’association Toulouse-MEJD

Mémoire des Enfants Juifs Déportés



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